LE DERNIER JOUR
Au soir il reçut la bénédiction apostolique et, sur la demande de Mlle Leguay, il bénit les personnes présentes : les deux religieuses gardes-malades et un prêtre son condisciple. Quand il entendit sonner VAngelus de la cathédrale annonçant la solennité de la Pentecôte, il témoigna une jubilation dont son entourage ne put deviner la cause. Il expliqua son ravissement dans ces quelques lignes : « Vous n'entendez donc pas la belle harmonie des cloches de Saint-Maurice qui annoncent la fête que TEglise célébrera demain ? »
Le dimanche matin lorsque les cloches appelèrent les chanoines au chœur, M. Bernicr voulut réciter Toffice avec ses confrères. Il demanda par signe son bréviaire. Après d'inutiles efforts, il lui fallut bientôt fermer le livre de la louange divine et se contenter d'unir sa prière mentale à celle de TEglise.
Comme il attendait la visite du médecin, dont il était le confesseur, il écrivit ce petit billet : « Jusqu'ici j'avais toujours espéré, non pas une guérison, mais une prolongation d'existence : je sens maintenant que je touche à mes derniers moments. Je ne veux pas quitter cette terre sans vous remercier des soins assidus que vous m'avez prodigués avec autant de zèle que de dévouement. Je demanderai pour vous en échange les bénédictions célestes. »
M. Farges vint en effet et se montra fort touché de cette dernière marque d'affection. Quelques visites d'amis fidèles occupèrent encore cette matinée. M. Dernier fit aussi connaître à Mlle Leguay les messes dont