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dans cette coulrée y vivaient bourgeoisement, quelquefois avec les revenus des anciens bien ecclésiastiques achetés à la vente nationale. Les curieux Mémoires dTves Besnard, un prêtre devenu percepteur à FontevrauU, alors qu*il eut pu obtenir un évécbé concordataire, donnent quelques détails sur cette situation. • J*avais, raconte-t-il, des relations avec des curés du voisinage» surtout de RoifTai, des Trois-Moutiers, de Saix et d'E^ieds, tous anciens prêtres qui ne partageaient pas les idées intolérantes, ni les haines cléricales des nouveaux et qui dans la suite me témoignèrent assez d'amitié pour accepter ma soupe ou m'offrir la leur, et quelquefois assez de confiance pour me consulter sur des cas de conscience et d'administration dans l'exercice de leurs fonctions 1 1^.
Sur la paroisse de Fonlevrault, il y eut en même temps jusqu'à quatre prêtres sécularisés. L'un avait épousé une religieuse de l'illustre abbaye dont il était chapelain. Assurément leurs conversations suffisaient pouranéantir la prédication du curé. Le courage des . prêtres qui avaient préféré l'exil au serment^ pouvait difficilement compenser le scandale. A défaut du fanatisme, les sceptiques l'expliquaient par le point d'honneur; sans sortir du pays pour trouver un exemple, ils nommaient tel chanoine qui n'avait pas juré, mais dont la vie n'était pas ecclésiastique. Ce spectacle n'était pas de nature à rendre la foi aux Saumurois et cependant on plaça chez eux tous les jureurs. Il fallait bien les mettre
1 Op, cit., t. II, p. 25b.
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(juelque part cl il étail impossible de leur donner des Ibiiclions dans la partie vendéenne du diocèse.
l'oui les surveiller dans leur quarlier, l'évèque nomma curii de Saumur un prêlre aussi digue que capable, l'abbé Fores t. Sa qualité d'ancien émigré le fil mal accueillir. On ne parla rien moins que de le jeler à la Loire. CepenJanl, la ville comprit bîenlôl que le curé par la volonlii de l'empereur, étail un personnage considérable, le sous-préfet de la morale et du dogme Iradttionnel. M. Forest acquit une grande autorité. Il devînt révcque régional. Quand les paysans des environs avaient quelques griefs contre leurs propres pasteurs, ils leur faisnieul une menace qui a été longtemps proverbiale dans la conirée : On ira le dire au curé de Saumur !
La Restauration ne fit qu'affermir le prestige de larchiprètre. Toutefois, malgré la protection officielle du gouvernement, l'opposition irréligieuse du pays pouvait être seulement contenue et non pas vaincue. Un ami des jésuites avait acbeté, en 1825,1a magnifique abbaye de Saint-Florent pour les y installer: il fut forcé d'abandonner son projet. Le clergé séculier restait aussi impopulaire-
Au sortir d'une oppression monstrueuse, l'Fglise se trouvait non seulement libre, mais encore maîtresse. La faveur royale réservée au clergé émigré ou nouveau, les lois du diniancbe et du sacrilège, l'instruction primaire confiéeaux évoques, les encouragements donnés aux congrégations ramenaient le spectre de l'ancien régime. Toujours malléable, le peuple pouvait se prêter à la réaction, acclamer ses triomphes, dont le
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principal à Saumur fut la mission des jésuites Gloriot et Gayou (1828) ; la classe aisée et la bourgeoisie crevaient de rage. Pour elles, la foi de la populace élait sottise et lâcheté. Quand les employés et dépendants du gouvernement paradaient aux exercices religieux, on taxait leur présence d'ambition et d'hypocrisie. Les cantiques qui célébraient le Roi autant que le Christ semblaient un double défl. Des paroles imprudentes avaient blessé vivement, comme aussi les longues humiliations inlentionnelies infligées aux acquéreurs des biens nationaux. Ceux qui les avaient perdus et ceux qui n'en avaient pas acquis aimaient à se montrer durs pour leurs voisins audacieusement enrichis et hors du danger de restitution.
Aussi la chute définitive des Bourbons fut-elle le signal d'une réaction, comme Tavaient été les Cent- Jours, mais cette fois plus violente, puisqu'elle suivait une compression plus longue. Tandis que dans les autres parties de l'Anjou les libéraux en minorité durent modérer leur revanche, les Saumurois purent s'en donner à cœur-joie ; l'école presbytérale de M. Forest, respectée par l'empire, fat supprimée en décembre 1830. On dut rentrer dans l'église la croix élevée sur la place durant la mission. Le vieux curé, hanté par les souvenirs de son exil, mourut douloureusement au milieu de la révolte et fut enterré sans honneurs. Pour le remplacer, l'évéque désigna un prêtre voisin s très honorablement connu dans la ville. Le gouvernement refusa d'agréer
I M Jacques Lasne, desservant de Saint-Lambert-dcs-Levccs. Il fut cure de Saint-Joseph d'Angers de 1^55 à 1H77.