‹ Un dernier GallicanChapitre 17 sur 162 · LA RÉACTION A SAUMUR · texte numérisé non relu

LA RÉACTION A SAUMUR

esprits, le curé aurait été obligé de donner sa démission. L'effervescence, entretenue par les événements politiques, dura toute Tannée 1832. Cette année, le département de Maine-et-Loire fut mis en état de siège durant les mois de mai et de juin. On n'entendait parler que de curés dénoncés pour embauchage de chouans, puis de prêtres emprisonnés, arrestations qui se terminèrent pour la plupart par des ordonnances de non-lieu. Parfois, l'arrivée et le passage de prisonniers politiques donnèrent lieu à des scènes hideuses, et la surexcitation de la petite ville empêcha, parait-il, le gouvernement de confiner dans le château la duchesse de Berry -- Caroline Berry, comme disaient les philippistes du pays. La nouvelle monarchie devenait cependant de plus en plus forte et tâchait de remettre à l'ordre les alliés trop avancés, dont elle avait honte et à qui, pourtant, elle était si redevable.

1832 fut encore la date d'une grande victoire des libéraux saumurois. Depuis une dizaine d'années, ils s'efforçaient d'établir dans*leur ville une école mutuelle. Ils réussirent enfin à cette époque, grâce à une souscription publique à la tête de laquelle se placèrent les députés Benjamin Delessert et Félix Bodin, et même, pour deux cents francs, le duc d'Orléans. Toutefois, le Conseil municipal, réglant le budget de 1833, avait alloué une somme de 1.200 francs à l'école catholique établie par M. Forest.

En vain, dans une délibération subséquente, le vote en faveur des Frères fut-il maintenu ; l'autorité supérieure rejeta l'allocation. A partir du 1" janvier 1833, les

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