LUTTE POUR LES ÉCOLES
Frères ne reçurent plus aucun secours de la commune. Bien plus, leur local fut livré peu de temps après à récole mutuelle. L'établissement ne pouvait donc se maintenir qu*au moyen d'une souscription dont le montant devait entretenir quatre instituteurs et leur procurer une maison à loyer. M. Bernier lança en leur Taveur une circulaire dont le succès permit de louer un immeuble pour y installer les classes et un autre pour loger les Frères. Bientôt après, une veuve * donna sa maison pour Técole. Cette générosité n'empêcha pas le curé de lutter encore pour assurer la subsistance des instituteurs, bien plus pour défendre leur méthode.
Les libéraux étaient alors dans l'engouement pour l'enseignement mutuel. Il n'y avait point de naïveté et de paralogisme qu'ils ne débitassent en sa faveur, c En France, dit à ce propos M. Gréard, les esprits généreux ne doutent jamais de l'efQcacité des réformes doilt ils souhaitent le succès. Nous jetons d'un seul coup tout notre cœur et toute notre raison du côté où nous entraînent nos désirs et nos espérances, b En réalité, sous des questions pédagogiques se cachait l'antagonisme du parti de la sécularisation de l'école avec l'enseignement catholique. N'ayant point assez d'instituteurs laïques à opposer aux Frères, les libéraux se trouvèrent conduits à l'essai d'un autre système d'instruction. Au mode simultané, ils opposèrent le mode mutuel. Cette guerre scolaire, une des formes de la grande lutte politique, s'étendit partout où était vive la
1 Mme Oudry.