‹ Un dernier GallicanChapitre 20 sur 162 · ŒUVRES DE CHARITÉ 4I · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE CHARITÉ 4I

Taider, puis à la remplacer. Chacune eut son quartier. Comme Tarrangement était nouveau, il rencontra beaucoup d'obstacles et suscita de vives récriminations. La cure n'en resta pas moins le centre de l'assistance charitable. Quoique sans fortune et accablé de charges de Tamille i, M. Bernier donnait beaucoup, autant que possible proportionnellement aux besoins réels des solliciteurs et de ceux dont il savait adroitement deviner les misères secrètes. Des paroles d'un intérêt véritable et des conseils judicieux accompagnaient toujours ses aumônes. Il montrait aussi beaucoup de foi et d'habileté dans sa manière de toucher le cœur de ses riches paroissiens pour s en fairç aider à soulager l'infortune. Ce fut surtout pendant l'épidémie du choléra (aoûtseptembre 1832) que se manifestèrent rintelligence et l'activité de cette charité pastorale. Les vicaires rivalisèrent de zèle avec le curé, et les dames de charité secondèrent si bien le clergé qu'un tel dévouement fit du moins tomber quelques préventions. Le curé se montra toujours le plus empressé et le plus assidu de tous. Il faisait plusieurs visites par jour au quartier de Fenet, particulièrement ravagé par le fléau, en raison de l'agglomération et de la misère des habitants.

I La sœur de M. Bernier^ séparée de son mari pour cause d'incompatibilité d^humeur, alla virre avec quatre de ses huit enfants à la cure de Saumur. Après que M Bernier eut donné sa démission de principal du collée de Doué, son frère Eugène qui y était employé en fut con-

fédié : il resta quelque temps avec ses cinq enfants dans une position ifficile L'abbé Guillaume ( 1801-1888/ vint à son secours d'une manière très délicate. Enfin M. Bernier eut encore à s'occuper de son frère, l'abbé Benjamin, qu'une maladie nerveuse rendait impropre au ministère paroissial.

La charité envers le procbain doit être la manifestalion de l'amour de Dieu. Aussi M. Beroier se préoccupal-il d'avoir des foyers de piété dans sa paroisse. Il établit la confrérie du Rosaire et apporta fous ses soins à celle du Saint-Sacrement établie en 1602. Il s'occupa surtout de la congrégation de demoiselles établie h la suite de la mission de 1828. Les jésuites n'avaient pu qu'ébaucher cette cCuvre d'une nature toute nouvelle pour Saumur et les événements politiques l'ébranlèrent fortement. M. Bernier la reprit et la consolida. Avec tact et prudence, il commença par mettre en exercice un règlement, puis il sollicita une allilîatîon à Rome pour gagner de riches indulgences. Cette société lui était si chère, il y plaçait de si grandes espérances pour la reconstitution de foyers chrétiens, que chaque jour il se rendait à la chapelle de la congrégation donner une allocution familière.

L'instruction religieuse lui paraissait une véritable nécessité, le premier de ses devoirs, un de ceux dont il ne pouvait se décharger que sur une personne parEaitement compétente. Il aurait désiré trouver une pieuse laïque capable de faire les classes de religion dans les pensionnats féminins. Mais, ne croyant même aucune congréganiste capable de cette tâche, il la garda pour lui cl l'accomplit régulièrement une fois par semaine.

Pour les instructions paroissiales, il alternait avec ses vicaires. Ses auditeurs goûtaient sa clarté, sa simplicité et ses conseils pratiques. Parfois même, ils étaient profondément remués, quoique le curé ne fit point nppel k la sensibilité doDt l'éraolion reste

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