L INSTRUCTION RELIGIEUSE
souvent stérile. En chaire, comme dans sa polémique ordinaire, M. Bernicr savait surtout exposer et défendre. Des ofBciers de l'Ecole de cavalerie, avant entendu dire qu'il devait prêcher sur le mystère de la Trinité, résolurent d*aller l'écouter, toutefois en évitant d'être aperçus du prédicateur. Le curé fut averti de leur projet, c J'assistais à ce sermon, racontait un témoin compétent ; je n'ai rien entendu ni lu sur la matière qui fût aussi net et aussi fort. Comme il y avait dans sa physionomie, déjà si expressive, et, dans son accent, quelque chose d'extraordinaire, je ne pus m'empècher de lui en faire la remarque. Alors il me dit : « Ils étaient derrière des piliers, et me narra l'affaire ».
N'ayant point fait la part au feu de l'impiété, il saisis- ' sait toutes les occasions de parler religion avec les hommes. La netteté de son argumentation, la facilite avec laquelle il acceptait toutes les objections tirées de Voltaire, lecture habituelle des bourgeois de la ville, l'à-propos de ses ripostes, comme aussi la pureté et la vivacité de son zèle, lui concilièrent une grande considération.
Il gagna de nombreuses affections qui durèrent toute sa vie. Néanmoins, pour la majorité de ses paroissiens, son départ fut ce qu'est pour des écoliers indisciplinés celui d'un régent respectable, mais ferme et dur. Dans un temps de réaction où tout prêtre était impopulaire à Saumur, où tout curé de la paroisse principale devait l'être encore davantage, il ne le fut probablement pas plus qu'un autre n'eût été à sa place, et il sut bien défendre sa foi constamment attaquée.
lia tondation d'une Maison pour les Enfants trouvés et d'un Monastère du Bon-Pasteur >
L'une des œuvres les plus utiles organisées par M. lîcrnier, sur sa paroisse, fut celle des Dames de Charité, Toutes de ramilles riches ou aisées, elles avaient pour charge d'assister les pauvres de leur quartier, ou, du moins, de les signaler au curé. Leurs visiles, pleines de solticiitide, découvrirent de grandes misères. L'une des plus affligeantes était la situation des enfants de l'hospice. On les confiait à des femmes pauvres qui ne s'en chargeaient que dans un but d'intérêt. Une nourrice recevait six ou huit francs par mois. Une fois la rétribution payco chaque trimestre, l'administration ne s'occupait plus de rien. Pourtant, elle exigeait bien peu de garanties de ces mercenaires, quand elles se présenlaienl pour recevoir les enfants. Un certificat de bonnes vie et mœurs, pièce qu'un maire refuse seulement aux personnes de mauvaise conduite notoire, était le seul témoignage demandé. Les pupilles, s'ils demeuraient en ville, s'employaient le plus souvent à mendier. Vers la fin de 1833, sur la seule paroisse de Saint-Pierre, des
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