‹ Un dernier GallicanChapitre 24 sur 162 · L*ŒUVRE DES ENFANTS TROUVÉS · texte numérisé non relu

L*ŒUVRE DES ENFANTS TROUVÉS

l'œuvre des enfants abandonnés. « Celte entreprise, pensa d*abord la pieuse fille^ va me rattacher au monde et créer peut-être des liens difficiles à briser, d II lui semblait s'engager pour la vie. Son inquiétude, devenue extrême, eut besoin d'être calmée par son directeur.

Justine Leguay se vit bientôt amener par M. Bernier une compagne; c'était Mlle Epagneul, âgée de vingtdeux ans, orpheline dès son enfance et restée pensionnaire libre dans une maison d'éducation. A ces deux pieuses filles, ' de charitables dames assurèrent leur protection, et quelques amis promirent même une aide personnelle.

La petite œuvre commença au mois de décembre 1833. Elle fut entravée par des dénigrements de prêtres, l'hostilité de religieuses, les tracasseries de l'administration, la sottise populaire. Après une année de pénibles vicissitudes, M. Bernier acquit la conviction qu'il serait impossible de continuer longtemps l'entreprise et que des religieuses seules pourraient s'en charger. Aussi reçut-il avec une grande faveur la proposition de l'établissement d'une communauté.

Au mois de mai 1835, la supérieure générale du Bon- Pasteur d'Angers, la mère Marie de Sainte-Euphrasie Pelletier, priait le curé de bien vouloir se transporter à son monastère pour y prendre connaissance d'un projet de fondation à Saumur. L'entrevue eut lieu le 29. Pour la première fois se trouvaient en présence ces deux remarquables personnages. Enfants de la Vendée, leurs âmes paraissaient encore sœurs par la ressemblance des facultés. Clarté d'intelligence, invincible ténacité,

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