‹ Un dernier GallicanChapitre 27 sur 162 · LE BOX-PASTEUR · texte numérisé non relu

LE BOX-PASTEUR

sionnaire, bénirait la chapelle et le monastère le 23 avril 1836. Le curé prépara la fête et déclara, d'une manière délicate et spirituelle, qu'il en voulait faire les frais.

« Ce n'est point ici affaire de politesse et de générosité, écrivait-il à la supérieure générale. Il y a des considérations d'une nature plus grave. Nos originaux de Saumur s'accrochent à tous les moyens pour se dispenser de faire le bien, surtout quand il s'agit d'une maison religieuse : s'ils la^voient souffrante et manquant de quelques parties essentielles à son établissement, ils disent que cela na pas d'avenir, que c'est un projet téméraire, que cela tombera ; s'ils voient des dépenses, ils en concluent que la maison est riche, qu'elle ne manque de rien. Je me tue à dire qu'elle a d'autant plus besoin d'être secourue et que sa pénurie est d'autaut plus grande, que Saumur ne fait rien pour les frais énormes d'acquêt et de premier établissement... Je serai bien moins écouté encore, lorsque la malveillance aura transformé un dîner modeste que donnerait la communauté en un festin splendide et dispendieux. Vous verrez, si le dîner se fiiit à la communauté, que les dames du Bon-Pasteur auront, un jour de Saint-Marc, été les émules du sénateur Lemercier ou de dom Macé ', joyeux et dodu bénédictin. C'est comme cela que nous avons l'esprit tourné à Saumur. J'espère donc, Madame la Supérieure, que vous joindrez à toutes vos obligeances celle de me laisser faire pour ce qui concerne le dîner du 25 ».

On ne peut pas ne point se rendre à de telles considérations. Mais que servir un jour maigre à des hôtes distingués? Le poisson était très rare et fort cher à

^ I Dom Macé ou Massey (René-Julien), prieur claustral de Saini- Kloreni, ei l'un des 22 membres de l'Assemblée provinciale d'Anjou en 17^7. Il fui massacre aux Carmes le 2 septembre 1792 (Cf. Sorel, Le Couvent dt:s Camus, p. i ^2l.

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