‹ Un dernier GallicanChapitre 47 sur 162 · LA CCRE DE LA TRINITE · texte numérisé non relu

LA CCRE DE LA TRINITE

cernent de preuves par écrit permettant d'arriver à des preuves testimoniales suffisantes.

Pour se garer du procès, le légataire ordonna au curé d'abandonner le presbytère à la ville. La cession s*opéra le 4 octobre 1846, par devant le notaire Aveline. On eut soin de mettre dans l'acte» on prit la peine de crier partout que M. Maupoint faisait ce don^ vu que le conseil municipal avait reconnu le troisième vicaire utile, et promis, tant que durerait cette utilité, de lui assurer un traitement. M. de la Villebiot se déclara complète-^ ment satisfait. Voulant sauver l'honneur de ses amis, Tadminislration Giraud tiendrait sans doute à fournir le traitement du vicaire ; mais, après ce maire, l'avenir n'était nullement garanti <

• La question soulevée par Bordillon, débattue tout au long dans son journal le Précurseur de V Ouest ^ avait passionné le grand public. Les partis politiques se prononçaientw Si les orléanistes tenaient bon pour le légataire,' en faveur de son beàu-frère Vînay, les légitimistes, en baine d*un philippiste, se déclaraient pour le curé Vincent.

Malgré leur crainte de l'innuence cléricale, les rares démocrates de la ville n'hésitaient pas à trouver préférable de partager l'héritage entre les écoles elles pauvres de plusieurs paroisses plutôt que de le voir redorer le blason d'un noble gueux. Pour défendre M. de la Villebiot ses amis répétaient sans cesse qu'il allait

I En cfTet, quand ladminisrration municipale eut changé, en 1848, le tTT>Mièfne vicaire fut supprimé.

LA Sl/CCBSSION LA TERRANDIÈRE llj

intenter an procès au caré Vincent. M. Maupoint rédigea un nouvel exposé pour la Sacrée Pénitencerie dont il obtint naturellement un jugement favorable à sa cause. Il le publia avec les décisions des évéques de Rennes et du Mans, dans une réponse au- chanoine Mercier. Pendant ce temps, l'avocat Prou préparait un mémoire à consulier. Deux mille exemplaires de ces brochures jetées dans le public ne suffirent pas à ramener Topiniôn au légataire. Dans la ville d'Outre-Maine, dans les paroisses de Saint-Jacques et de la Trinité, celte publication obtint si peu de succès que le curé fut pris de vertige. Il crut quavec de Taudace il pourrait ressaisir l'héritage, et, se prétendant diffamé, traduisit Prou en police correctionnelle. Alors pour réfuter l'avocat, éclairer l'opinion et les juges, il fit paraître une brochure maladroite (2 janvier) que M. Bernier s'empressa de retirer de la circulation et d'améliorer. Elle reparut le 11 janvier sous le titre de Réfutalion da mémoire à consulter. Cinq jours après, le curé voyait renvoyer l'avocat de l'action dirigée contre lui et était condamné en tous les dépens K Malgré de prudents conseils, M. Vincent en appela, c Ce n'est, disait-il, ni un motif d'intérêt, ni un sentiment d'orgueil qui m'a déterminé; ce n'est pas non plus que j'aie pensé que le jugement rendu fût de nature à porter atteinte à ma considération personnelle. Mais placé à la tête d'une paroisse importante, j'ai compris combien était impérieux, pour moi et pour mon ministère, le besoin de

t Le texte de la condamnation se trouve dans le Mémoire iiu èotttietif pages 8-IO.

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conserver intacte l'estime et la confiance des paroissiehs confiés à mes soins ; et je sais que dans un jugement. Ton considère bien plus le résultat de la sentence que les motifs qui l'ont dictée. C'est par ces raisons que je me suis déterminé à déférer ma cause à l'appréciation de la Cour royale. »

L'affaire fut jugée le 15 mars. Le curé de Saint-Jacques était représenté par M. Chaix-d'Est-Angey avocat au barreau de Paris et M« Belon avoué. Au début dé l'audience l'avocat pria la cour de bien vouloir rayer l'affaire du rôle. Il appuyait sa demande sur ce que M. Prou avait déclaré n'avoir point eu l'intention d'accuser le curé de faux, d^abus de blanc-seing, de violation de dépôt ^ Les expressions de M. Vincent

I Le point obscur dans cette histoire est la teneur du codicille, M. Vincent n'a pu la rapporter puisqu'elle était si compromettante que rév6que fit brûler la pièce. M. de la Villebiot l'a expliquée hypothétiquement selon le bruit qui courait.

« D'après ce bruit, dit-il, que je répète après cent autres échos, un codicille au testament olographe aurait réellement existé. Le codicille n'infirmait pas, il confirmait le testament. Seulement, il ajoutait aux dispositions générales quelques dispositions particulières. Ces dispositions étaient écrites de la main même de Mlle de la Terrandière, et suivies, en forme d'apostille, d'une recommandation qui m'était personnelle. C'était enfin la simple indication de deux legs secondaires de plus (jue j'étais chargé d'acquitter, en ma qualité de légataire universel. Ces dispositions additionnelles étaient écrites sur le recto du premier feuillet d'une feuille de papier de quatre pages.

(( Mais voici ce qui serait arrivé. Après la mort de Mlle de la Terrandière cette feuille de papier aurait été retournée, de telle sorte que le premier feuillet serait devenu le second, et la première page la troisième. Puis une main étrangère aurait écrit une longue nomenclature de legs sur tout le recto et tout le verso du premier feuillet de cette feuille ainsi retournée. De plus, comme un grand espace blanc existait au commencement de la page devenue la troisième, après avoir été la première, la même main étrangère aurait continué cette nomenclature de dispositions apocryphes, en tête de cette page, de façon à rejoindre l'écriture de Mlle de la Terrandière, afin que l'apostille, écrite de sa main, parût s'appliquer également aux legs ajoutés après coup. » Ma Réplique, p. 6ï-6j.

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perdaient alors leuT caraclère offensant envers M. Prou, puisque 1? curé avait combattu des assertions qui n'existaient pas. Le président fit observer qu'en matière corr^tionnelie, la radiation demandée ne pouvait être proQOQcée. La cour donnerait acte du désistement, ou défaut contre M. Vincent s'il ne se présentait pas pour soutenir son procès. M. Belon déclara n'avoir pas le pouvoir de se désister, mais en ajoutant que rien ne s'opposait à la radiation demandée puisqu'il ne s'agissait que d'intérêts civils au procès.

La cour délibéra. Et attendu que M. Belon n'avait pris aucune conclusion au fond et s'était borné à demander la radiation de la cause, elle donna défaut contre Vincent, confirma le premier jugement et condamna rappelant aux dépens.

Huit jours plus tard, M. Vioay écrivait à Tévêque. M. de la Villebiot ne croyant pas de sa dignité et de son honneur de laisser le public sous l'impression du mémoire publié par les abbés Bernier et Vincent, allait lancer le lendemain cinq cents exemplaires d'une Réplique. Monseigifeur, pour empêcher ce nouveau scandale, était invité à trouver une combinaison qui pût satisfaire les exigences du légataire et les susceptibilités des deux ecclésiastiques.

Le lendemain, 25 mars, M. de la Villebiot répandait sa brochure. L'évêque, qui y était longuement mis en cause, fut vivement irrité et permit à M. Vincent de composer un nouveau rapport. Comme le curé en était bien incapable, il en chargea M. Bernier. Le 30 mars, Monseigneur Angcbault rcclamait la réponse pour la

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