‹ Un dernier GallicanChapitre 50 sur 162 · LA SUCCESSION LA TERRANDIÈRE I · texte numérisé non relu

LA SUCCESSION LA TERRANDIÈRE I

rend forts et puissants au milieu de nous, et revêtus d'un caractère devant lequel, tout le premier, je m'incline. Elle tremble, mais elle n'hésite pas, car ma cause est la cause de tous. En protestant contre une intrigue cléricale, dont la captation d'un héritage était le but, ma plume défend l'intérêt des familles. En repoussant les calomnies d'un prêtre qui a cru, dans un coupable excès de zèle, que le but justifie toujours les moyens, ma voix venge la sainteté des lois. Qpe deviendrait donc la société, que deviendrions-nous si, au mépris de la morale et de la religion, une doctrine allait, se propageant de paroisse en paroisse, qui enseignerait au clergé l'art de spolier les familles, de violer les lois, de fausser les serments ! Faudraitil donc que désormais la défiance des parents entrât toujours avec le confesseur dans la chambre des pénitentes ? Les consolations de la parole de Dieu ne pourraient-elles plus approcher de la couche des malades sans y appeler les préoccupations de l'intérêt et les calculs de la cupidité ? Arrière, ces prêtres qui parlent des ambitions de la terre aux fidèles qui leur demandent les espérances du ciel. Arrière, arrière, ces prêtres qui ramènent vers les biens de ce monde l'esprit des chrétiens dont l*âme s'élance vers les joies d'une autre vie. Ce ne sont pas des ministres de la religion. Quand ils sont assis au chevet des mourants, les ministres de la religion leur parlent de mort et non de richesse, d'éternité et non d'héritage, et ce qu'ils mettent sous leurs yeux, ce n'est pas un testament, c'est un crucifix *,

I Ma réplique^ p. 68.

Les commencements du journalisnte religieux à Angers i

En 1842, pour faire diversion à une demande qui les importunait beaucoup, les adversaires de la liberté d'enseignement se mirent à crier an jésuite. Le Journal des Débats, le Constitutionnel, la Revue des Deux-Mondes prirent au sérieux le danger. La polémique devint si générale que le célèbre avocat Dupin attaqua les Pères dans son discours de rentrée en 1843. Plusieurs villes de province ne le cédèrent point pour la défense de la patrie et de la civilisation à Tesprit et à la vigilance de la capitale. Dans le nombre de celles qui se distinguèrent ainsi, on peut compter Angers.

Depuis trois années déjà, le Journal de Maine-et-Loire y signalait le péril et il était immense. A la fin d'août 1839, quelques jésuites avaient établi une résidence au chef-lieu du département. Dès le V' septembre, ledit Journal enregistrait une protestation de l'avocat Grégoire Bordillon, adressée au Conseil général alors en session. La pièce n'eut guère d'effet. Le Journal de Maine-et-Loire et une nouvelle feuille, créée par Bordillon en 1840, Le Précurseur de VOuest, continuèrent néan-

1 Revue de /'/in/ou, t. xxxix (1899).

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