LES JÉSUITES A ANGERS
moins à s'occuper de temps en temps des jésuites, mais sans éclat, jusqu'à la grande lutte de 1844 qui passionna toute la France. Les livres historiques et philosophiques du comte de Saint-Prïest, de Crétineau- Joly, de Libri, Quinet, Génin et Michelet, le roman d'Eugène Sue, le procès Affenaêr, eurent du retentissement à Angers. Déjà la ville et le Conseil municipal étaient plongés dans une division qui paralysa presque tous les services publics et dont le spectacle intéressa plus loin que la région. Les querelles religieuses s'ajoutèrent aux politiques avec une propagande protestante et les débats de la succession La Terrandière. La question des jésuites augmenta Teffervescence des esprits, qui atteint son plus haut degré grâce à l'avocat général Belloc.
Jaloux sans doute de M. Dupin, son collègue d'Angers choisit pour sujet de son discours de rentrée : Vie et travaux de Pierre Ayrault, lieutenant criminel du roi au présidial d'Angers, un des hommes qui ont le plus honoré l'ancienne magistrature. « L'incident privé le plus caractéristique de cette existence fut la .lutte d' Ayrault contre la Société de Jésus, à laquelle il ne put arracher son fils René, quoique soutenu dans ses prétentions par Tautorité du roi et la protection bienveillante du pape^ »
I Eloge de Pierre Ayrault, lieutenant criminel au présidial d'Angers^ prononcé devant la Cour royale d'Angers, à l'audience solennelle de rentrée, le 6 novembre 184^, par M. Félix Belloc. — In-8 de 64 p. Angers, imprimerie Victor Pavie, 1844.
Au sujet de l'entrée de René Ayrault au noviciat, on a publié divers ouvrages dont on trouvera l'indication dans la Bibliothèque historique de la Compagnie de Jésus ^ De Backer, I, p. 350.