‹ Un dernier GallicanChapitre 52 sur 162 · M. DE^FALLOUX · texte numérisé non relu

M. DE^FALLOUX

L'évèque assistait à l'audience de la Cour. En sortant, il complimenta Torateur. Etait-ce une louange de pure convenance ? Monseigneur Angebault croyait-il que leu quelques reproches adressés à la Compagnie de Jésus manquaient d'importance ? On ne Ta point su. Deux Angevins, voyant un défi dans le discours, trouvèrent que le temps du silence était passé et qu'il fallait profiter de la circonstance pour entraîner l'évéque dans une lutte nécessaire au salut de TégUse. C'étaient le vicomte Alfred de Falloux et Tabbé Jules Morel.

L'histoire, incomplète encore, du mouvement catho* lique au XIX'' siècle n'a point montré jusqu'ici ces deux personnages unis dans une même pensée, dans une même action. On se les représente, au contraire, comme symbolisant d^s opinions opposées ou comme des ennemis acharnés. Si telle fut leur attitude pendant la plus grande partie de leur carrière, ils y marchèrent néanmoins ensemble la main dans la main pendant plusieurs années. Tous deux appartenaient à cette jeune génération qui combattit pour la conquête de la liberté de l'enseignement et le triomphe de Tultramontanisme. De la même province, presque de même âge, aimables et spirituels, se considérant comme de castes naturellement alliées^ étouffant dans leur vieux monde dont ils désiraient la transformation et se sentant capables d'y aider, Tamitié devait les unir. Tous deux étaient ce qu'on appelait des Jeune-France. N'ayant encore rien fait, ils n'avaient rien à se reprocher. La différence de leur caractère et de leurs tendances paraissait à peine. Peutêtre même, à cause du soin qu'ils avaient pris de ne pas

Page 1