‹ Un dernier GallicanChapitre 55 sur 162 · JULES MOREL · texte numérisé non relu

JULES MOREL

sion le revit longtemps tenir près de l'évéqae une mitre bleoe sommée d'on saint Maarice d'or. Au chœar, il avait toujours télé penchée, yeux baissés, mains jointes sur la poitrioe.

Dans les rues, il était moins mystique. D'amplissimes vêtemeols, un chapeau ni haut de forme comme celui des séculiers, ni tricorne ni plat comme celui des ecclésiastiqaes, un foulard, chose alors aussi laïqne que l'est encore le monocle, et l'habitude de marcher les mains derrière le dos lui donnaient un air étrange. Parfois, quand soufBait plus violemment le vent de ses caprices, il portait des gants blancs, un collet prétendu romain qui tournait à ta fraise, un superbe jonc à pomme d'or. En 1848, un sulpicien nouvellement arrivé à Angers le rencontra pour la première fois : ■ Que voîsje, s'écria-t-il, est-ce une dame ? un homme déguisé en femme 7 un turc ? Ce ne saurait-étre an prêtre • ! >.

Tant d'excentricilé n'étonnait plus ses concitoyens. Ils le voyaient si souvent par les rues. S'il travaillait le malin, il passait la soirée en visites. Pour lui, l'axiome était nie prêtre hors de la sacristie >, ce qui signifiait: le prêtre sur les boulevards ou dans les salons. Il réjouissait la société par l'inextinguible feu d'artifice de son esprit, et même les bourgeois libéraux goûtaient ce causeur paradoxal et très conciliant. Pas un ne soupçonnait dans un homme aussi tolérant le futnr panégyriste de l'Inquisition.

A l'occasion, les relations peuvent servir. En 1840, le

t « Le Ion Uoni il le ilit, (c ne peux pu l'écrire ■.

Page 1