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recevear-général ^ et le général commandant de Maineet-Loire > sollicitèrent — sur quelle inspiration ? — uq canonicat titulaire pour ce prêtre « si intéressant par sa pauvreté, si riche de mérites et par son esprit ». L'administration épiscopale lui préféra un autre ecclésiasiiqueet M. Morel conserva sa liberté. Il s'en vantait sans cesse et, pour lamieux faire ressortir, racontait des anecdotes à son avantage, sans s'inquiéter de ceux avec qui il se mettait en comparaison. «Je n'oublierai jamais, disait-il, une conversation avec l'abbé Darboy, second aumônier du lycée Napoléon. Il ftnit par m'adresser ces paroles : Ce n'était pas la peine de venir à Paris, pour vous barrer le chemin le lendemain. — Ck)mment ? le chemin du ciel. — Oh ! je ne dis pas cela, mais il y a tant d'autres voies en attendant a ». Morel racontait encore, même à Angers, qu'après l'apparition du Syllabus il alla montrer à l'abbé Freppel un travail sur cet acte ponti&cal. c Vous-même, demanda-t-il, n'allez-vous rien faire ?» Et M. Freppel de répondre : # Je garde une élude dans le tiroir ; l'archevêque m'a dit que quiconque publierait une ligne là-dessus ne recevrait aucune charge où le gouvernement peut quelque chose i». Le narrateur ajoutait : « Monseigneur Freppel fait un si bon évêque, qu'il pouvait désirer l'être ! «».
1 M. Voisin.
2 Le comte Michel OrdeNier.
3 Somme contre le catholicisme libéral, préface, p. XXXIII.
4 Peut-^tre Tabbé Morel n'aurait- il pas été content de l'étude que préparait l'abbé Freppel. Celui-ci écrivait à Monseigneur Bécel : a L'on ne doit pas s'imag[iner, avec quelques journaux de France, que le Sy/labus n'a pas besoin de commentaire ni d'explication. Au contraire le Syllabus demande à être interprété... Si Dieu me prête vie, je compte
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Peut-être, en racontant ces souvenirs, se rappelait-il les temps lointains où M. de Falloux, qui par la suite l'accusa d*ambition, lui prédisait un épiscopat grandiose et prochain et le félicitait de ses conférences de Notre- Dame d^ Angers, comparables à celles de Notre-Dame de Paris. L'abbé Morel s'est toujours glorifié d'avoir préféré à toutes les distinctions, à toute recherche du succès, rindépendance de sa pensée ; il aurait dit plus justement le vaniteux plaisir d'en exagérer l'expression. Il semble que, désespérant d'atteindre la gloire à laquelle étaient arrivés plusieurs de ses condisciples à l'école Menaisienne, il ait cherché la notoriété dans le fracas.
Son excentricité intellectuelle lui valut des horions célèbres. « Je fus appelé, raconte-t-il lui-même dans une préface blâmée par Louis Veuillot, je fus appelé à comparaître devant M. Bautain, à qui je fis bien la figure du plus grand ostrogoth qu'il eût jamais accueilli dans son cabinet de promoteur. Il me traita comme un fou, comme un monomane au moins, qui mettrait le feu au Temple pour faire parler de lui K »
C'est toujours un mauvais signe d'être pris par un Bautain pour un Erostrate, et le jugement paraissait si fondé qu'il fut près d'être partagé par les meilleurs
bien en faire Tobjet d'un travail spécial. Il faut absolument faire cesser les malentendus qui existent entre nous et les esprits sincères qui veulent rester chrétiens sans cesser d'être de leur temps et de leur pays. iSlous avons beaucoup à faire, car il ne faut pas se le dissimuler, il y a un parti d'esprits exaltés qui, avec de bonnes intentions, je le crois, compromettent l'Eglise par des opinions qu'ils donnent pour la doctrine catholique et qui ne sont qu'un fruit de leur imagination ». Lettre datée du 12 avril 1809 et publiée dans Nicoi , Monseigneur Décela évéque de Vannes, p. 146. ^
I Somme, p. xxxi.