POLÉMIQUE SUR LES JÉSUITES
hypocrites et foarbe»! Aye2 au moins 4e rbablleté daas vos ruses, si vous ne voulez rester dans rignominie, et ne venez plusjeter à la face des hdnnêies gens rintème ordure de vos propres doctrines. »
Tout le fond des arguments de M. Talbot n^était pas de meilleure guerre que la forme, comme le montre très clairement la 80 de sa Letlre, où il promettait de rentrer bientôt en lutte : t Puisque vous nous annoncez votre fougueux prédicateur, le jésuite Combalot, Thomme des cours d'assises, le prêtre qui sort de sa prison pour monter en chaire (où sommes-nous, grand Dieu !),je ne doute pas qu'il ne me tournisse ample matière à causer avec vous. »
L'abbé Combalot n'appartenait pas, notoirement, à la Compagnie de Jésus. Plusieurs autres erreurs et distractions furent relevées, tout de suite, par l'abbé Louis Picberit. Mais Jules Morel ne pouvait laisser le dernier mot à un collègue. Avec son auxiliaire, il composa une Seconde Réplique. Elles se terminait ainsi : « Après avoir combattu nettement nos adversaires nous devons un avertissement loyal à nos amis. Quand le discours de M. l'avocat général Belloc a paru, le mécontentement, ou tout au moins le malaise, s'est emparé du cœur des catholiques. Cependant il s'en est trouvé quelques-uns qui cherchaient à apaiser le grand nombre et qui répétaient en courbant la tête : « Que voulez-vous, ce sont des faits malheureux acquis à l'histoire ! Ils savent maintenant à quoi s'en tenir et si ces faits malheureux ne sont pas plutôt acquis à la fable et à la calomnie! Ah ! oui, sans doute, il y a un fait malheureux acquis à
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rhistoire, un fait d'un malheur immense, c'est que rhistoire même est effroyablement méconnue de nos jours, méconnue par Taudace de ceux qui conspirent contre elle, méconnue plus encore par la peur de ceux qui doivent la défendre, i»
Personne ne se méprit sur le but de Tallusion et M. Talbol répondit < aux Catholiques qu'il appelait des a Jésuites de robe courte » : « Courage ! mes Pères, continuez d*insulter ! L'évêque d'Angers est digne de tous vos outrages ! Agitez-vous avec forie ; faites vos efforts pour le faire sortir de la voie de modération et de calme où sa dignité rengage. Vous aurez beau faire, vous aurez l)eau multiplier les injures et redoubler d'audace, vous aurez la bonté d'échouer encore, et il vous restera la ressource d'écrire à son sujet plus tard, comme vous le faisiez tout à l'heure au sujet de l'un de ses prédéces* seurs : « Cet éuéque avec lequel la momie du Gallicanisme s*est trop longtemps assise sur le siège épiscopal d'Angers,., >>
Fier de toute cette querelle qui était son œuvre, Jules Morel s'en allait partout poser celle question : «Avez- vous lu la Réplique des Catholiques? )) Et à qui lui demandait le nom de l'auteur, il répondait « Je ne le connais pas, mais il a infiniment d'esprit. » Un beau matin, il s'enhardit jusqu'à venir en parler à M. Bernier, dans la sacristie de la cathédrale, au moment de la messe, a Savez-vous quia fait la brochure? lui dit-il. On parle de MM. de Brossard et de Villebois; mais c'est démenti.
t Deuxième lettre aux Jésuites d'Angers à propos de la seconde Réplique des Catholiques et de la brochure intitulée : ICrreurs et di^ifijclions, etc., in-8, p. ^K(2o janvier 18.^5).
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Les uns pensent à dom Guéranger ; d'autres, à cause de l'éclat du style, nomment le P. Lacordairc. » Sans bouger, le grand vicaire, qui soupçonnait fortement le véritable auteur, répondit simplement : « Il y a autant de différence entre le P. Lacordaire et lui qu'entre un aigle et une pie. t
On arrivait à la fin de Tannée 1844. Très blessé de la controverse. Monseigneur Angebault pria M. Bernier de profiter de la prochaine réception du nouvel an pour faire devant le clergé la manifestation des saines idées. L'évêque, dans sa réponse, donnerait une ferme ligne de conduite. Pusieurs prélats d'ailleurs se proposaient d'agir de même dans leur diocèse ; il en était d'autant plus besoin que Rome même venait de condamner les « tendances presbytériennes ».
' En 1839, deux prêtres du diocèse de Viviers, les frères Allignol, avaient réclamé dans un écrit célèbre le retour au droit commun de l'Eglise : les chapitres, les officiantes, les synodes diocésains, surtout l'inamovibilité canonique. Que ces revendications se soient produites à Viviers, rien de surprenant. L'évêque, Monseigneur Bonnel, déplaçait trop souvent ses prêtres sans motif suffisant. En 1835, il avait expédié trente-cinq changements par le même courrier. Son voisin de* Valence, Monseigneur Chatrousse, dans un des premiers mois de son administration, changea pareillement de poste cent cinquante prêtres. Une polémique sur Tinamovibilité des desservants devint bientôt à l'ordre du jour. Des journaux en furent les organes. Deux d'entre eux pénétrèrent chez les curés de quelques cantons angevins