‹ Un dernier GallicanChapitre 59 sur 162 · ALLOCLTIOK DU NOUVEL AN I · texte numérisé non relu

ALLOCLTIOK DU NOUVEL AN I

« OÙ ils causèrent une légère émotion ». Monseigneur Ângebault en parla à la retraite ecclésiastique de 1844. Ses avis, transmis à l'un des chefs du mouvement, Tabbé Clavel, directeur-gérant du Bien social, furent l'objet de commentaires désagréables. De son côté, le nouvel évèque de Viviers, Monseigneur Guibert, cherchait à obtenir de Rome un bref, une bulle, une encyclique qui condamnerait les nouvelles tendances. Il reçut une lettre privée, que les adversaires des frères Allignol eurent la satisfaction de lire dans VAmi de la religion du 21 décembre. Pour M. Bernier, c'était un encouragement à faire sa manifestation. Le 31 décembre, il prononça donc l'allocution suivante, qui devait rester un des actes les plus importants de sa vie.

Monseigneur,

Les membres de votre chapitre viennent avec joie, à l'occasion du nouvel an, présenter à votre Grandeur l'hommage de leurs sentiments et de leurs vœux.

Ces sentiments et ces vœux, Monseigneur, ont la foi pour principe, en môme temps qu'ils sont inspirés et dictés par le cœur. Depuis ce jour si mémorable et pour nous si abondant en grâces et en bénédictions, où nous vîmes l'onction épiscopale consacrer votre front, la foi nous découvre dans votre personne^ Monseigneur, une dignité éminente, auguste, surnaturelle, et une autorité divine et paternelle, qui commandent une vénération profonde, un sincère amour, une soumission filiale ; elle nous montre dans TKvéque diocésain, dans le successeur des Apôtres, un premier centre d'unité, en dehors duquel le prêtre, pas plus que le simple fidèle, ne saurait être uni au centre commun de l'Église universelle, au successeur de Pierre. Point d'union avec J.-C, l'auteur et le consomma-

leur de la sanctification ; partant, point de sève vivifiante, point de salut pour qui n'est pas uni d'esprit et de cœur au Pontife souverain qui représente J.-C. sur la terre; mais aussi point d'union véritable et sanctifiante, avec la chaire impérissable et indéfectible de Pierre, avec ie Pasteur universel, pour qui n'est pas uni d'esprit et de cœur avec le Pasteur diocéfain : telle est l'antique et imprescriptible constitution de la société chrétienne ; tel est le double principe de l'unité catholique, telle est. Monseigneur, !a foi de tous vos prêtres. Vainement donc des hommes impies ou égarés par une téméraire présomption cherchent-ils à souffler la discorde et à jeter la division dans nos rangs : dans ce diocèse, Monseigneur, plus que partout ailleurs, le clergé rattaché à l'Église romaine par son union intime à son Évoque, fort de sa pieuse modestie et de sa paisible surbordination, sera toujours digne de combattre i la première ligne dans cette noble armée dont l'Esprit- Saint a loué la discipline et le bel ordre, Terribilis ut castrorum actes orditiata.

Vos prêtres savent, Monseigneur, que les ennemis les plus dangereux de la sainte hiérarchie ne sont pas ks impies qui osent l'attaquer. Te blasphème à la bouche et l'indifTérence dans le coeur ; mais bien ceux qui, en reconnaissant sa divine origine, ne craignent pas de séparer les deux principes dont elle se constitue et s'efforcent d'en ébranler un, sous prétexte d'exalter l'autre et de le consohder ; ces faux zélateurs de l'Eglise et de son chef visible, qui s'imaginent avoir satisfait aux obligations qui résultent de l'unité catholique, quand ils ont proclamé en termes sonores et pompeux leur admiration, leur respect profond, leur soumission sans bornes à l'égard du Saint-Siège ; protestations souvent inutiles et sans but, et dictées par une inquiète vanité ; respect que ne refusent pas au Saint-Siège ceux même qui sont ses ennemis, qui n'engage à rien un simple prêtre et qui, dans aucun cas, ne peut compromettre ou gêner l'amour- propre ; soumission de' parade qui

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