ALLOCUTION DU NOUVEL AN I
se réduit à une pure théorie et qui n'exige jamais un acte proprement dit d'obéissance, un sacrifice de la volonté '.
Pour nous, Monseigneur, profondément pénétrés de vénération, d'obéissance et d'amour pour la chaire Pontificale et pour le grand Pape qui l'occupe avec tant de gloire, nous ne reconnaissons d'autres moyens à notre portée, pour mettre en pratique ces beaux sentiments et pour accomplir un devoir que nous impose l'unité, que de vénérer, d'entourer des marques de notre affection et de notre déférence le Pasteur que le successeur de Pierre nous a donné et qu'il honore de tant d'estime et de tant d'affection...
€ Dans notre pensée, racontait un peu plus tard M. Bernier, il n'y avait là qu'une manifestation des sentiments dont tous nos confrères sont animés, et nous avions cru que ce serait faire plaisir au clergé que d'opposer cette manifestation aux opinions dangereuses qui cherchaient à faire invasion dans nos rangs, et de protester au premier pasteur qu'une tactique déloyale et téméraire serait sans succès dans notre pays, puisqu'elle y est bien jugée et que nous connaissons ce qu'elle a d'insidieux. Mais quelques-uns des assistants, à qui nous n'avions pas même pensé en écrivant les lignes qu'on vient de lire, se sentirent touchés à la prunelle de l'œil : ils se plaignirent immédiatement, mais si haut et si fort qu'on les crut véritablement atteints et blessés, et notre allocution passa pour une leçon offensante.
I n II est facile d'écrire de belles protestations de soumission à une autorité placée à quatre cents lieues, de proclamer chaque jour que l'on soumet à l'Eglise romaine tous ses écrits, toutes ses paroles et SCS pensées les plus intimes, si à la faveur de ces formules on se dispense de la soumission et des égards envers Tautorité immédiate que Ton a près de soi ». Lettre circulaire de Monseigneur Guibert à son clergé, datée du 2 février 1853.