LE GRAND SÉMINAIRE
Le cours des études, précédemment de deux ans, avait été porté h trois années. Elles étaient occupées par -un enseignement sommaire de philosophie, de dogme, de morale et quelques leçons d'Écriture Sainte. Le peu de temps, pour une telle matière, ne permettait pas de recourir aux grands auteurs et on ne consultait guère que des théologiens français. Après le renversement de l'ancienne discipline, le nouvel état de choses rendait d'une application difficile et souvent impossible certaines dispositions du droit canonique commun. On était aisément induit à créer ou à accepter des nouveautés qui paraissaient les seules possibles ou les meilleures. Bien plus, il fallait se conformer à un droit civil nouveau. Les livres de texte manquaient. Ce ne fut qu'en 1818 qu'un ancien étudiant du séminaire d'Angers, Jean-Baptiste Bouvier, depuis évêquedu Mans, fit imprimer les traités que le droit nouveau rendait les plus utiles, et qui tirèrent d'embarras tant de professeurs et tant d'élèves».
La restauration du séminaire était moins avancée que la date ne pourrait le donner à croire. Si les sulpiciens avaient pris possession de l'ancienne abbaye de Saint- Serge en 1806, ils s'étaient dispersés en 1812, Napoléon ayant supprimé la Compagnie. Des prêtres diocésains les remplacèrent jusqu'à la chute de l'Empire et ce changement, peu favorable à la formation cléricale, ne le fut probablement pas davantage aux études. « L'époque des Cent-Jours fut, pour les sulpiciens comme pour
I Cf. Vie de M'<i^ liuiivicr. par M'J' Scbaux, évêquc d'Angoulème.