LE GRAS'P SÉMINAIRE
tous les catholiques de France, une époque douloureuse et périlleuse ; mais, au milieu même de cet orage, le séminaire poursuivit le cours de ses exercices ^ » Il parait même que les étudiants pouvaient y jouir d'une paix incroyable, s'il faut accepter une anecdole.de ce temps. Après la rentrée du Roi, cinq ou six séminaristes parlaient des événements, a Que veut-on dire, que Louis XVllI est rentré ? dit quelqu'un du groupe à son voisin. Je ne comprends pas cela, k II ignorait ce qui s'était passé depuis plus de trois mois < !
Ce fut dans ce milieu et avec les espérances de la religion et de la royauté rétablies, que Henri Bernier conduisit à son terme sa vocation sacerdotale et commença les éludes ecclésiastiques qu'il continuera toute sa vie. Quand ses trois années de séminaire furent terminées, il n'avait point encore l'âge d'être ordonné prêtre. Il le fat seulement Tannée suivante, le 5 juin 1819. Quelques mois auparavant, sa chère mère était morte, avec le regret de ne pouvoir assister à sa première messe, mais, du moins, heureuse de le voir au port tant désiré.
Après les vacances de 1818, M^^ Montault transféra l'enseignement de la philosophie du grand séminaire au collège de Beaupréau, devenu petit séminaire. « Le diocèse tout entier applaudit au choix du prélat, qui chargea M. l'abbé Régnier de ce cours important, dans lequel furent réunis tous les étudiants ecclésiastiques sortant de la classe de rhétorique ^ » Bernier fut compris dans la
1 Histoire du Séminaire dWngers^ p. 30^.
2 Histoire du Séminaire d'Angers, p. 512. 5 Notice, p. 243.
nouvelle organisation. Sa dernière année de séminaire était terminée ; M. Nfongazon le rappela pour donner des leçons de philosophie, à titre de répcLileur. Le jeune abbé a raconté quelle était sa charge * :
« Suivant l*usage du séminaire, nous consacrions une heure chaque jour à revoir avec les élèves et à leur expliquer de nouveau les matières déjà traitées par le professeur, quelques semaineé auparavant. Nous leur donnâmes deux leçons d'Ecriture Sainte par semaine et nous fûmes, en outre, chargé de la surveillance générale et de la tenue des écritures et des comptes. Il va sans dire que notre enseignement philosophique était toujours concerté avec M. Régnier et qu'il n'était, autant que cela nous était possible, qu'une répétition du sien. Parmi les choses agréables et avantageuses dont nous avons eu, dans le cours de notre vie, à bénir la Providence, nous mettrons toujours, en première ligne, les rapports de confiance et d'intimité que voulut bien avoir avec nous un collègue dont le mérite est maintenant trop haut placé et trop en évidence pour que lios éloges puissent y ajouter le moindre relief.
c( Or, si l'on, désire savoir quelles étaient nos pensées communes, sur l'importance, sur la fin et sur les conditions essentielles de cet enseignement, les voici : Nous regardions le cours de philosophie, non seulement comme le digne et noble couronnement des études classiques, mais comme un complément indispensable de ces mêmes études, pour tous ceux qui sont destinés à en faire d'ultérieures, à suivre une des professions libérales, ou seulement à prendre place, à quelque rang que ce soit, dans la société pensante -cl influente. Il s'agissait, croyionsnous, de préparer pour cette même société des hommes judicieux dans la recherche du vrai et dans toutes leurs appréciations, éclairés sur leurs devoirs de toute nature, et afl^ermis dans
I Notice^ p. 244-246.