L UNION DE L OUEST
catholique, fort encombrant pour un évêque, comme il y en avait ailleurs, déjà, d'éclatants exemples.
Malgré le froid accueil fait à sa proposition, M. de Quatrebarbes, la soumit à M. de Falloux. On peut deviner l'empressement avec lequel Taccepta le débutant politique qui devait trouver promptement le moyen d'être le seul maître du journal. Un rédacteur fut improvisé, M. Éloi Jourdain, connu dans le monde de la littérature mystique sous le pseudonyme de Charles Sainte-Foi. Les abbés René Lambert et Jules Morel promirent leur collaboration.
VUnion de VOuest parut au mois de février. Le premier numéro portait en manifeste et comme « brevet de capacité y> de ses rédacteurs, la belle lettre de Monseigneur Parisis S évêque de Langres, au comte de Montalembert, sur la part que doivent prendre aujourd'hui les laïques dans les questions relatives aux libertés de l'Église. D'un pareil début, M. Bernier ne pouvait rien attendre de bon. Ses craintes ne tardèrent pas à se justifier.
La question des jésuites s'était agrandie au point de devenir la lutte entre le rationalisme et l'orthodoxie : « C'est un grand procès, disait Montalembert, que celui qui se débat sous le pseudonyme des jésuites ». Comme l'histoire ne suffisait point à le plaider, on eut recours à l'imagination. Eugène Sue publia son célèbre roman, le Juif-errant,
I Cette lettre est reproduite dans les Cas de conscience de Monseigneur Parisis, p. 279.