POLÉMIQUE SUR LES JÉSUITES I
UUnion de rOuesty dans son numéro du 8, protesta contre cet écrit, qui obtenait du succès à Angers comme ailleurs. L'apologie des jésuites, faite par M. Charles Sainte-Foi, renfermait le passage suivant :
c Nous Avons connu beaucoup de jésuites, non seulement en France, mais encore en Italie, en Pologne, en Allemagne, et nous déclarons devant Dieu que nous n'avons jamais aperçu chez aucun rien qui annonçât les affreuses dispositions que M. Sue leur attribue. Nous les avons trouvés partout à la tête du clergé et pour la piété et pour la science, et nous n'avons remarqué dans le clergé de préventions contre eux que dans les pays où leurs exemples sont pour beaucoup de prêtres une censure et un reproche toujours vivant de leur paresse et de leur tiédeur. C'est encore chez eux, nous l'avouons avec toute la loyauté de notre âme, que nous avons trouvé une vue plus claire et une intelligence plus parfaite de la situation de V Église, de ses besoins, des tendances et des instincts de notre époque et de la position des devoirs du clergé ».
La forme de cet éloge indisposa M. Bernier :
« Est-ce qu'on ne pouvait pas flétrir, disait-il, d'ignobles calomnies et une lâche persécution, sans se poser en appréciateur infaillible de la situation de l'Eglise, de ses besoins et des devoirs du clergé, sans se constituer juge entre le clergé séculier et le clergé régulier ? Dans la lettre de Monseigneur de Langres, placée en tête du premier numéro du journal, comme introduction et comme brevet de capacité délivré à MM. les Rédacteurs, il n'y a pas un mot qui autorise M. Charles Sainte-Foi à parler sur ce ton. Le Pape lui-même pourrait-il lui délivrer un brevet de capacité à l'effet de remplir un pareil rôle ? »