LETTRE DE M. DE FAI.LOUX
Lameiiaisiens en général, contre M. Jourdain et l'abbé Morel en particulier, dont il relève deux articles. Je crois que vous jugerez le tout fort indigne d'une réponse publique, mais que vous jugerez aussi à quel point est dangereux^ dans le poste éminent qu'occupe M. Bernier, un homme aussi malheureusement inspiré de principes, de sentiments et de langage. Pour nous, catholiques Angevins, nous le rencontrons partout, quelque sphère d'action que nous prétendions aborder, et les débris du jansénisme, dans ce qu'il a de plus pernicieux aujourd'hui et de plus atrabilaire, se substituent dans notre évêché à ce qu'on appelle les débris de l'abbé de Lamennais. L'Union n'a pas une existence encore assez enracinée et l'abbé Morel a une carrière trop à ménager vis-à-vis d'un pareil homme, pour que tous leurs amis n'aient pas donné (au journal et à l'abbé) le conseil de ne pas relever le gant. C'est aux hommes indépendants à agir pour eux. M. de Quatrebarbes et moi, actionnaires de VUnion, allons prendre fait et cause vis-à-vis de l'Evéque, et lui présenter à huis clos des doléances fort énergiques et très motivées. Nous devons espérer que les raisons graves que nous avons à faire valoir ne seront pas entièrement incomprises par Monseigneur d'Angers. Il est néanmoins certain que l'empire de M. Bernier sur son esprit est difficile à ébranler et que notre qualité de laïque sera exploitée contre nous, pour nous faire envisager comme des frr(7wj7fow5, c'est-à-dire des Montalembert au petit pied, . ce qui est l'abomination de la désolation en ce lieu-là.
« Peut-on vous refuser, mon révérend Père, la parole et la compétence dans votre propre cause ? Puisque M. Bernier a eu l'heureuse pensée de vous comprendre dans des termes véritablement indécents y dans une aussi mesquine querelle, ne pouvczvous riposter vous-même en demandant à l'Hvéque de quel droit son grand vicaire vous signale en de telles couleurs à son clergé ? Quant à l'abbé Bernier lui -môme, vous le connaissez assez pour savoir qu'il est inutile de lui dire quoi que ce soit, et que ce n'est pas là que votre intervention peut avoir une utilité quel-