LE RÉPÉTITEUR DE PHILOSOPHIE H
le bien par de fortes convictions ; en un mot, de former, comme on dit, des hommes à principes, par opposition à ceux dont les jugements sont vacillants ou hasardés et les volontés sans consistance, sur les points les plus graves, parce qu'ils ne savent la raison fondamentale de rien, et qu'ils n'ont des idées fermes et arrêtées sur rien ; chez qui la possession de la vérité, comme lerreufjla pratique du bien comme celle du mal, sont uniquement un effet de l'instinct, de l'habitude ou de l'entraînement. Placés à ce point de vue, nous considérions l'enseignement de la philosophie, tout d'abord comme une direction donnée à la raison du jeune homme, dans l'usage qu'elle va faire d'elle-même, c'est-à-dire une indication, au moyen de ces notions claires par elles-mêmes et universelles, qui constituent ce qu'on appelle le bon sens^ des voies à suivre pour éviter Terreur, discerner le vrai du faux, savoir douter des choses incertaines et reconnaître, dans quelques autres, les caractères d'une entière certitude. Après avoir ainsi préparé, prémuni et fortifié nos jeunes intelligences, nous leur faisions aborder, étudier et discuter à fond les grandes vérités, sur Dieu et ses attributs, sur l'homme et sa double nature, sa destinée et ses devoirs ; vérités qui sont les seules bases de la religion, de la morale et de tout ordre social. Plus tard, nous aurions, sans nulle hésitation, donné un peu plus d'extension aux études psychologiques qui ont fait, depuis une trentaine d'années, de remarquables progrès ; mais nous nous serions bien gardé de leur donner, comme d'autres ont fait, une importance outrée et presque exclusive ; nous n'aurions pas sacrifié une autre partie très notable de l'année à ce qu'on a fastueusement appelé V histoire de la philosophie, invention aussi prétentieuse et presque aussi abusive que la philosophie de î'hisioire, et qui consiste surtout dans une analyse subtile et parfaitement stérile, des sublimes folies que les philosophes, tant anciens que modernes, ont érigées en systèmes. L'Université a profondément altéré, elle a presque annulé l'enseignement classique de la philosophie, en n'y laissant qu'une place très