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t«r un pofit-scriptum à sa réplique au comte de Quatrebarbes. C'était déclaration d'authenticité des bruits qui couraient sur cette invraisemblable journée. M. de Falloux alla faire visite à son adversaire et l'embrassa € cordialement > en le priant d'oublier le passé ^
Si M. Bernier fut dupe de ce baiser Lamourette, il ne tarda pas du moins à posséder la preuve écrite de la perfidie du politique. Depuis plusieurs jours Tabbé Morel se vantait par toute la ville, mai« très confidentiellement, d'avoir vu une lettre du nonce au vicomte, datée du 19 Juin et dans laquelle la ^ctrine de M. Bernier était si fortement incriminée que, du train dont allaient les choses, sa circalaire sur le Journalisme pourrait fort bien être mise à Vlndex. Par ailleurs un personnage influent de la cour pontificale ' écrivait au vicaire général qu*on cherchait à lui nuire à Rome. Monseigneur Angebault, très perplexe, consulta pour savoir si vraiment la doctrine de M. Bernier était répréhensible, puis il se décida à demander au nonce des éclaircissements.
La réponse diplomatique de Monseigneur Fornari ne
1 Voici ce post-scriptutn : « P. S. De retour à Angers, et au moment où je corrige l'épreuve de cette lettre, j'apprends qu'on s'entretenait depuis plusieurs jours, ici et ailleurs, d'une rencontre qui devait avoir lieu pendant la tournée, entre quelqu'un et moi. Cette rencontre a eu lieu e^ectivcment sans que je l'aie provoquée ni déclinée, en présence de très bons témoins, et je m'empresse. Monsieur le Comte, de vous en donner des nouvelles. J'ai donc été atteint et convaincu d'offense envers répis~ copat tout entier ; on m'a prouvé que fat des idées fixes et des tendances déplorables dans un g^rand vicaire, un esprit schismatique et janséniste, etc. Tout cela a été démontré sans réplique... »
2 Le père Vaures.
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fit qu'augmenter Tanxiété de Tévcque qui insista pour obtenir des explications plus précises i.
Trois jours après, le nonce répondait à Tévèque : « Je pourrais me dispenser de revenir sur les incidents dont il est encore question dans la lettre que Votre Grandeur m'a fait Thonneur de m'adresser en date du 17 de ce mois ; 'mais, comme je vois, Monseigneur, que vous attachez tant de prix à de pareilles discussions^ à votre pleine satisfaction, je puis en toute vérité vous affirmer queje n'ai jamais reçu de lettres d'aucun des deux ecclésiastiques < et que je n'ai eu aucune correspondance avec M. de Falloux.
« D'après cette déclaration, il est aisé d'apprécier dans leur valeur les faits qui ont suscité votre attention ».
La conclusion ressortait clairement en effet. La lettre du 19 juin montrée à l'abbé Morel devait être rangée parmi les ruses de guerre, tout comme aussi le racontar triomphalement enregistré dans la lettre du 2 mai du même abbé, et d'après lequel le nonce aurait qualifié d'impertinente une lettre de M. Bernier, lettre que le vicaire général avait toujours affirmé à son évéque n'avoir pas écrite et que Monseigneur Fornari déclarait en effet n'avoir jamais reçue. L'évêclié d'Angers était dès lors suffisamment renseigné sur l'habileté de M. de Falloux». De ces preuves, M. Bernier n'en avait pas
1 Lettre du 17 juilict, publiée clans la Revue de rAnJou, n" de janvierfévrier 1900.
2 Morel et Bernier.
3 On pourra comparer avec intérêt ce procédé avec trois aulrc^ manœuvres rapportées par Eugène Veuillot dans Le Lomie Je h\illi>ux et ses Mcnioircs^ Paris, i^^S : un billet lu à Mnnsciiz:ncur de Ségur, p. S :
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besoin pour connaître son homme et Monseigneur Angebault parait les avoir promptement oubliées ^
Cependant l'abbé Morel, ayant donné sa démission de membre du comité pour la défense de la liberté religieuse, reçut une réponse de Montalembert et se fit un malin plaisir de la communiquer à Tévéque.
(c J'ai rintention ck faire imprimer cette lettre, lui écrivit-il, moins pour réfuter les interprétations odieuses dont j'ai été l'objet, qu'afin d'écarter le ridicule dont M. Dernier a couvert le titre et la personne de M. de Quatrebarbes aux yeux des révolutionnaires, au moment où cet excellent homme entre au Conseil général de Maine-et-Loire et va défendre, seul, avec le zèle de la foi, les intérêts religieux de votre diocèse. J'aurais pu prendre cette détermination sans un autre conseil que celui de mes amis, qui m'y portent avec empressement ; mais la bonne grâce avec laquelle vous daignez m'acfcueillir. Monseigneur, m'empêche de rien commencer avant de savoir si ce projet ne blesse pas vos intentions. »
La réponse naturellement ne fut pas une défense, mais une supplication de ne point publier la lettre de Montalembert. D'ailleurs, dans une entrevue, l'évêque désavoua toute participation aux brochures du vicaire général. Apprenant que l'abbé Morel répétait cet entretien par toute la ville, Monseigneur Angebault réclama de la discrétion. Il en reçut la promesse dans les termes suivants :
une ruse contre le cardinal Pie, pp 213 et 324-'j29, et une autre contre le comte de Chambord, pp. 331-353 Cf. aussi Univers du 29 janvier au 11 février 1888.
I Aux élections de 1848, qui sont très incomplètement racontées dans la Vie de Monseigneur Angebault.
(( 18 juillet 1^4$.
Monseigneur,
a En vous accordant de ne rien imprimer, j'ai vaincu ma
volonté, et maintenant je n*ai plus besoin d'effort pour vous
promettre de ne pas parler. Je ne trouve dans cette promesse
que la satisfaction de vous offrir un gage de plus des sentiments
de soumission et dé respectueux attachement avec lesquels j'ai
Thonneur d'être,
« de Votre Grandeur
« le très humble et très obéissant serviteur,