LA PROCESSION DE L ASSOMPTION
avec des seotiments tout autres que ceux du recueillement et de la foi. >
n Dans la foule, disait-il, chacun racontait l'origine de ces mille palmes et girandoles, croix et bannières de plume encadrant des cœurs dor<ïs, et de dtSvois anagrammes que portaient, en interminables files, des enfants et jeunes femmes viiwes de blanc.
« De nos jours, parait-il, comme au temps de Marthe et de Marie, il est des âmes au zèle affairé, pétulant, qui préfèrent aux calmes méditations de la vie religieuse, les besogneuses et tracassiéres pratiques de la vie dévote. Reste ' à regretter qu'une voix amie ne refrène et ne dirige plus cette intempérance d'activité et ne lui dise: Martba, sollicita es et tiirharis erga plurima.
« Donc on racontait que, depuis six mois et plus, cinq à six sœurs Marthes avaient fait une pieuse razzia sur toutes les plumes d'oie de trois à quatre départements circonvoisins et qu'à grands frais elles s'étaient ingéniées à fabriquer ainsi ces dévotionnettes dont l'exhibition prouve du moins tous les progrès inconnus que l'art du piumassier a su faire.
0 Que dans l'enceinte d'un couvent, des nonnes se passent cette fantaisie, elle prouverait chez leur directeur spirituel plus de complaisances que de lumières, mais n'est-ce pas chose affligeante, déplorable qu'envahissant nos temples, ces futilités italiennes s'imposent aux solennités d'un culte chrétien.
« L'évèque qui, sur le siège épiscopal d'Angers, tient aujourd'hui la place que, durant quarante-quatre années, Henri Arnauld a si dignement remplie, croit-il que cet évêque de savante et austère mémoire eût toléré pareil spectacle dans notre
« Un homme paraissait merveilleusement a sa place en pareil cortège, c'était le magnifique suisse que M. le curé de la Trinité (bien qu'il n'ait pas le moyen de payer un troisième vicaire) a cru devoir affubler d'épaulettes de colonel et de chapeau de