LA PROCESSION DE L ASSOMPTION
maréchal de France. On se demandait, en le voyant, si M. l'abbé trouverait convenable qu'un jour de revue M. le général donnât à ses sapeurs Faumusse des chanoines ou la chausse des docteurs en théologie.
« Mais une figure sagace et grave contrastait au contraire avec les dévotes fioritures de cette par trop mondaine cérémonie; c'était celle d'un grand vicaire qu'on dit un des trop rares représentants des traditions de l'église gallicane. Sa robuste et saine intelligence devait assurément porter un jugement bien sévère contre les tristes innovations où se laisse induire, en France, le culte de Dieu*. »
I Le Précurseur de y Ouest ^ lundi 16 août 1847.
li'Humble Remontrance à Dom Guéranger ^
En 1840, dom Guéranger édita le premier volume d'un ouvrage intitulé Les Institutions liturgiques. Celte histoire des rites catholiques attaquait indirectement les liturgies en usage dans TEglise de France. Le second volume précisa et accentua si fortement les accusations que deux prélats crurent devoir y répondre. C'étaient Tarchevêque de Toulouse, plus tard cardinal d'Astros, et *M^' Fayet, évéque d'Orléans. Ainsi commençait une polémique qui devait durer une quinzaine d'années, sans compter la période des disputes sur son histoire. Les évêques adoptèrent le rit romain quand le pape se fut prononcé. Mais révolution fut longue; d'abord les directions pontificales n'étaient pas claires^, puis des causes toutes matérielles retardaient le changement.
La proximité de Solesmes fit commencer de bonne heure en Anjou la querelle liturgique. Dès 1845, Jules
1 Revue de l'Anjou^ t. XL (1900).
2 « J'ai conquis à Rome la France eniière pour la liturgie en 1843 ; on a fait tout à Rome pour m'arrôier. On m'a désavoué, on a écrit des lettres bienveillantes à mes adversaires, jusqu'à ce qu'enfin mon triomphe étant devenu évident par les faits, on m'a complimenté, on m'a loué, on m'a félicité, on m'a remercié. » (Lettre de dom Guéranger au commandeur J.-B. de Rossi, datée du 14 juillet 1857. j