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LES ÉLECTIONS DE

Le commissaire du gouvernement dans le département de Maine-et-Loire, Grégoire Bordillon, croyait la République née trop tôt pour vivre. Désireux de lui éviter toute entrave, il cherchait à lui ménager les faveurs du clergé, et ses bonnes dispositions se doublaient dans ses relations des obséquiosités de la nécessité. Un autre homme politique angevin, le très loyal Freslon, procureur général près la Cour d'appel, moins bruyant mais plus profond, souhaitait pareillement non seulement une entente, mais encore une alliance perpétuelle, fondée sur les principes du plus honnête libéralisme.

Quand arriva le moment des élections, Tévèque, sur la suggestion de M. Bernier, voulut patronner les hommes capables, à quelque parti qu'ils appartinssent. Il fit une liste en tête de laquelle il inscrivit le nom de Tévèque d'Angouléme suivi de ceux de Bordillon et de Freslon. Si M. Bernier avait été le seul maître des négociations, cette combinaison eût probablement abouti : mais révéque s'était réservé de traiter. Il tomba dans les lacets de M. de Falloux, qui fut assez habile pour supprimer la liste épiscopale, sans porter sur la sienne le nom trop voyant d'un évéque ou ceux des chefs de la démocratie angevine.

Les élections s'accomplirent au hasard et comme par surprise dans toute la France. Freslon se trouva parmi les élus de Maine-et-Loire ^ Il avait noué, durant les derniers événements, des relations cordiales avec le vicaire général. Lui-même a raconté quelle fut leur suite.

I Bordillon ne se présenta pas.

l'état et les cultes 231

« Ayant été nommé représentant à l'Assemblée constituante, je pensai que la question des rapports de FEglise et de FEtat serait probablement examinée. D'autre part, je désirais, dans la carrière qui s ouvrait devant moi, concourir A fonder la liberté régulière en France, mais être éclairé sur les conséquences de ce principe appliqué aux cultes et surtout au culte catholique, celui où je suis né et qui est la religion de l'immense majorité des habitants de nos contrées.

a Depuis longtemps déjà, j'avais en ma possession un ouvrage de M. Nachet, couronné par la Société de Morale chrétienne, sur la liberté des cultes. Je priai M. l'abbé Bernicr de le lire, de noter ce qui lui paraissait vrai et d'indiquer les points qui pouvaient troubler la conscience des catholiques. M. l'abbé Bernier eut l'obligeance de faire ce travail et de me le confier. J'emportai ces observations avec moi et elles contribuèrent à fixer mes idées sur la conduite à tenir dans les circonstances nouvelles et difficiles que nous avions à traverser*. »

L'écrit de M. Bernier se divise en deux parties. Dans la première, l'auteur s'efforce de démontrer qu'une alliance entre l'Etat et les cultes n'est nullement inconciliable avec les vrais principes de la liberté religieuse ; dans la seconde, il expose les inconvénients qui résulteraient pour l'Etat comme pour l'Eglise catholique de leur séparation ^

1 Leure du 30 mai 1866.

2 Cette brochure fut inscrite au catalogue de V Index en 1^50 : La Vie Je Ms' An^ebjult explique cette condamnation en disant que M. Bernier n'avait pas distingué la thèse de l'hypothc^^e. Kst-cc que cette distinction n'est pas formulée dans ces lignes : « les droits delà foi qui est essentiellement une et de la vérité qui n'admet pas de contradiction une fois réservés, nous voulons une entière tolérance pour les autres comme pour nous »? De plus, est-ce que cette distinction se rencontre davantage sous la plume des « gardiens de la doctrine catho-

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