PROJET D*UN CONCILE NATIONAL
Le mémoire fut distribué à tous les évéquesde France. Le 15 avril 1849, soixante-deux avaient fait connaître leur adhésion. Avec ce concert établi d'avance sur les plus graves questions, il semblait facile d'obtenir non seulement la permission du gouvernement, de celle-là on ne pouvait douter, mais encore celle du pape, pour réunir un concile national. Les archevêques de Tours et de Paris et onze évêques écrivirent alors à Pie IX pour lui exprimer leur désir et l'inviter à faire lui-même la convocation du concile et à nommer un président.
M. Bernier parla au ministre Freslon de cette assemblée qu'il désirait vivement. Il croyait que l'autorité épiscopale y déciderait les questions débattues dans les journaux catholiques au préjudice de l'Eglise et de l'Etat. Ses espérances paraissaient fondées. Elles furent trompées et précisément du côté dont il semblait le moins l'attendre. Peu de temps après, le vicaire général écrivait :
« Le bref en réponse, je l'ai lu, est un refus, fondé uniquement sur ce que :
I" Nous n'avons pas maintenant assez de paix et de calme ;
2*^ Les évoques seraient retenus trop longtemps hors de leurs diocCïses ;
^^ Les correspondances de la France avec Rome et Gaete n'ont pas jusqu'à présent exprimé ce désir I!I
« Quelles tristes réflexions cela suggère... Voilà tout notre épiscopat en état de suspicion. C'est bien immérité assurément. »
Il n'y avait plus de doute possible, Rome prenait parti pour l'infime minorité des évêques, ceux qui n'avaient pas adhéré au mémoire. Champ libre était laissé aux