‹ Un devoir social et les logements d'ouvriersChapitre 14 sur 34 · U.N DEVOIR SOCIAL · texte numérisé non relu

U.N DEVOIR SOCIAL

Ainsi de l'enfance à la mort, sur toutes les étapes de la yie, l'ouvrier rencontrerait les forces de l'État qui, comme une sorte de providence laïque, lui apporterait un salaire que nul accident ne pourrait réduire, des secours qui seraient indépendants de son travail, un appui qu'il n'aurait pas besoin de mériter. Régime idéal qui est destiné à anéantir la misère et dont le premier effet serait de supprimer l'effort !

Voilà pourtant le résumé des chimères qui ont cours parmi les ouvriers, que dis-je? qui enveloppent et pénètrent la classe ouvrière tout entière ! Ce serait une vaine folie que de se faire illusion, il faut voir le mal en face. La masse de ceux qui travaillent dans les villes est inféodée à ces utopies. Le peuple croit à l'action toute-puissante de l'État. Ses mandataires, imbus des mêmes sophismes, commencent à pénétrer dans les Chambres. Si le mouvement ascendant de ces doctrines n'est bientôt arrêté, sénateurs et députés ne tarderont pas à faire entrer le socialisme dans nos lois.

Contre ce péril, le plus grave qui ait atteint de nos jours la civilisation, quelles mesures pense-t-on prendre?

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Oïl parle de remèdes politiques. Vaines illusions ! c'est précisément de l'ingérence de la politique dans les questions sociales que vient le mal. D'ailleurs les faits prouvent assez la vanité des efforts des gouvernements. Il s'agit d'un courant d'erreurs qu'aucune de nos révolutions n'a ralenti, que la possession et l'exercice du suffrage universel ont rendu plus puissant et qui prend aujourd'hui des proportions tout à fait menaçantes. Une révolution en dissimulerait peut-être un instant les progrès, puis le mal reparaîtrait plus terrible.

Que faut-il donc faire? — «Rien, répondent les docteurs du fatalisme. Vous abordez, nous disent-ils, une tâche impossible. Il n'y a pas de question sociale. La race des philanthropes est presque aussi dangereuse que celle des socialistes. La société est ainsi faite, prenez-en votre parti ! L'homme n'est plus aujourd'hui, en industrie, qu'une force : suivant son âge et sa santé, suivant que le moteur est plus ou moins puissant, il représente un profit ou une perte. Si la machine humaine donne un gain, l'épargne lui est ouverte. Si l'ouvrier représente une perte, ne sacrifiez ni votre temps ni votre argent, il n'y a pas d'effort qui puisse

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le sauver ; tôt ou tard il sera éliminé, et dans rintérêt de la société qui économisera les frais d'assistance, d'hôpital ou d'hospice, il est à souhaiter que l'élimination soit prompte. »

Ainsi, les premiers demandent tout, les derniers n'accordent rien. De part et d'autre, la folie est égale. Quand la plus grande partie du corps social souffre, c'est une suprême imprudence de déclarer que tous soins sont superflus. C'est rejeter l'armée des misérables dans les bras des charlatans politiques. Il faut être à la fois impitoyable pour les utopies et plein de compassion pour les maux guérissables. Ainsi, il ne faut pas se lasser de dire que l'État est incompétent en ces matières, qu'à le vouloir charger de toutes ces responsabihtés, on ruinerait le Trésor, on ferait éclater les budgets et, ce qui serait plus irrémédiable encore, on paralyserait l'effort individuel. Mais, en même temps, il est nécessaire d'agir, de montrer à ceux qui souffrent, dans le présent, une sympathie féconde, dans l'avenir, une espérance. Il faut sans cesse avoir cette pensée présente à l'esprit: si une crise éclatait demain, qu'aurions- nous fait pour l'éviter ?

Laissons donc de côté le langage des opti-

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mistes partisans de l'abstention, fermons l'oreille aux revendications violentes et mettonsnous en présence du problème qu'il s'agit de résoudre. Ne demandons pas aux exaltés ce qu'ils pensent. Cherchons quel est l'état d'esprit, non des vieux ouvriers^ mais des hommes jeunes, qui ne sont pas enrégimentés, auxquels les meneurs prêchent leurs funestes doctrines. Ils ne sont pas encore corrompus. Ils veulent s'élever par le travail. Les meilleurs ont l'espérance, s'ils réussissent, de devenir patrons. Rien de plus légitime. Ils sont dans un état d'esprit relativement sain. C'est eux qu'il faut interroger. Que veulent-ils? Quels sont leurs désirs?

Ils poursuivent, comme une idée fixe, l'amélioration de leur sort, cherchent à se prémunir contre les maux de la vie, le froid, la misère, les maladies, la mort prématurée. En cela, ils continuent simpleaient l'œuvre de l'humanité. Ils regardent au-dessus d'eux parmi les gens plus instruits et plus riches et ne voient qu'une foule oisive ou affairée, mais toujours indifférente, d'où ne sortent, pour leur répondre, que des sceptiques ou des charlatans, les uns faisant entendre un langage désolé, les autres cherchant à exploiter leur infortune.

Entre ceux qui le flattent et ceux qui le découragent, que peut faire l'ouvrier? Lui est-il possible d'hésiter? Peut-il deviner les flatteries, réfuter les sopliismes, discerner les illusions? Tout cela lui est impossible. Il aurait reçu « l'instruction intégrale », qu'il ne saurait pas plus que les grands de ce monde échapper aux flatteurs. La séduction est d'autant plus certaine que ses besoins sont plus impérieux. 11 souffre, et sa misère explique toutes les contradictions dont nos yeux sont blessés. Il ne faut pas se lasser de le redire : dans les bas-fonds des villes, il y a beaucoup de préjugés, beaucoup d'erreurs venant de beaucoup de souffrances. Allez demander aux sœurs qui vivent dans les faubourgs et qui connaissent un peu mieux que la plupart d'entre nous, j'imagine, ces douleurs qu'elles savent consoler, ce qu'elles pensent des populations qui les entourent. Questionnez-les. Écoutez leurs réponses. On demandait à l'une d'elles comment elle pouvait circuler à toute heure dans le quartier à demi désert qu'elle habite, comment il se faisait qu'elle y fût saluée, respectée, alors que chaque élection donnait la presque unanimité à des candidats acharnés contre les congrégations : « N'en soyez pas surpris, dit-

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elle, ces gens n'ont pas nommé notre ennemi; ils ont choisi celui qui leur a promis le plus. Ils souffrent tant ; c'est bien naturel! » Ce mot est admirable d'abnégation ; de plus, il est profondément vrai. Chez tout misérable, il y a une proie offerte à tous les faiseurs de sophismes, un partisan inévitable des doctrines qui attendent de l'État, c'est-à-dire du socialisme organisé ou d'une révolution sociale, la guérison des maux de la société.

Ce que l'individu seul est impuissant à réaliser, ce que l'État ne saurait entreprendre sous peine de se ruiner et de paralyser les citoyens, il est une force qui peut le tenter c'est l'association.

CE qu'il est possible de faire.

Logements à bon marché. — Sociétés de consommation. Caisses de retraites.

L'association est peut-être l'unique contrepoids de la démocratie. L'action de la démocratie est, on le sait, de niveler les hommes, d'égaliser les forces, de diviser incessamment les fortunes, de frapper d'impuissance à la troisième génération ceux dont l'aïeul possédait de grands revenus. Le mouvement qui tend vers une moins grande inégalité des richesses est donc irrésistible. Rien ne nous ramènera vers un état de société aristocratique. Entre l'État et l'individu, ne se placeront ni de grandes familles, ni de vieilles institutions, rien qui serve d'intermédiaire, de protecteur et d'appui.

Nous ne parlons pas ici des pouvoirs politiques, mais des fonctions sociales, de la protection des faibles, de ce rôle qu'ont joué tour à tour, suivant les temps et les lieux, les évêques, les seigneurs, les corporations, les jurandes et les guildes. Des bonnes villes de Flandre aux cités de Provence, du fond de l'Allemagne jusqu'en Angleterre, partout le travail était réglé et en même temps protégé. Nous ne regrettons pas ces chaînes, et nous ne voudrions pas voir renaître ce passé dont l'imagination se plaît à voiler les misères ; mais notre incrédulité au sujet de la légende de Tàge d'or ne nous empêche pas de reconnaître qu'il y avait jadis une protection qui n'existe plus.

Tout a conspiré à produire depuis un siècle cette émancipation du travail : l'introduction des machines, la révolution économique, l'accroissement et l'encombrement des villes sont autant de causes qui y ont contribué chacune pour leur part. Aujourd'hui la population ouvrière est divisée et impuissante. A elle seule, elle est incapable de résoudre les problèmes qui se posent tout autour d'elle. Entre les classes laborieuses dépourvues d'avances et les classes qui possèdent le capital doivent se

nouer des rapports d'association. Cette alliance doit être dans l'avenir la clef de la question sociale.

Quel champ ouvert à l'activité pour ceux qui sont sincèrement attachés à leur pays, qui ont foi en ses destinées, qui répugnent à croire à sa décadence, qui aiment sincèrement les âmes, qui sont prêts à se vouer au service des humbles ! Nul ne saurait douter qu'il existe en France, à l'heure actuelle, une foule de dévouements en disponibilité, souffrant de leur impuissance, cherchant en vain une voie, tout prêts à se lancer sur la piste, dès qu'ils l'auront entrevue.

Que l'œuvre sociale leur apparaisse, qu'ils en comprennent la nature et la portée, il se rencontrera des dévouements à la hauteur de la tâche. Serrons donc de plus près la question et voyons en quoi elle consiste.

La première de toutes les œuvres, nous l'avons déjà dit, est celle qui substituerait une habitation saine au bouge infect où s'entassent les familles qui ont de nombreux enfants. Nous voudrions qu'une statistique des logements pauvres de Paris fut dressée, qu'on y vît sans phrases, sans commentaires, le nombre de chambres uniques habitées par des famil-

les composées de six, huit ou dix personnes ; qu'on put y constater par des chiffres l'entassement sur un même espace, sans distinction d'âge, ni de sexes, d'êtres humains n'ayant pas de lit, pas de matelas, mais des tas de chiffons humides pour couche, vivant dans une promiscuité que l'étroitesse du logis rend inévitable. Il faudrait que le chiffre de ces loyers fût rapproché de ces faits, que chacun sût comment oO centimes par jour et souvent plus sont exigés de ces malheureux.

A l'aide de tels documents nul n'aurait besoin de longues et pénibles journées pour parcourir la carte de la misère parisienne ; chacun pourrait se rendre compte du mal qui s'accomplit chaque jour par le fait du logement.

Nous l'avons déjà dit : des habitations malsaines émanent tous les genres de corruption.

Quel contraste et quel changement si on pouvait faire sortir du sol des milliers de maisons de Mulhouse pour y loger ces malheureux! On ne saurait trop le répéter, l'immoralité n'est pas la cause première de la dégradation morale et matérielle où tombent

les pauvres. C'est rinsuffisance du logement qui dégrade et démoralise l'ouvrier.

Tout nous convie à agir. Les moyens manquent-ils ? nullement. On peut, à Paris, en 1885, donner à une famille, pour 200 à 2o0 francs, une maison peu éloignée de l'enceinte fortifiée et composée de 2 à 3 chauibres avec une cuisine et un petit jardin. Les actionnaires toucheraient 4 0/0 de leurs capitaux et en même temps d'un coup de baguette, le foyer serait fondé, la vie de famille serait reconstituée. A Paris, les conditions ne sont pas tout à fait les mêmes qu'à Mulhouse; la population y est moins sédentaire, tous les locataires ne deviendraient pas avec le temps acquéreurs de leurs maisons. Les uns se transformeraient en propriétaires, les autres ne paieraient que le loyer. Le Parisien n'aime pas les cités ouvrières; l'expérience a été faite. Il s'en défie. II faut semer autour de Paris de petits grou- •■>es de maisons isolées, n'ayant pas un aspect uniforme, donnant à l'ouvrier l'impression qu'il est chez lui. Si elles sont situées à de petites distances des fortifications, le terrain sera cher et l'ouvrier viendra à pied à son travail. Si elles sont à plusieurs kilomètres, le terrain sera à bas prix, mais il faudra ajouter au

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loyer l'abonnement au chemin de l'er ou au tramway. A l'heure actuelle, tous les ouvriers honnêtes ont le désir de s'établir de la sorte. Que des sociétés se forment, que les capitaux se dirigent vers une pareille opération, il y a place pour toutes les activités et, en quelques années d'efforts persévérants, les mœurs de toute une classe peuvent être modifiées.

A Strasbourg, a été fondée, en 1863, une société de loyers qui atteint un résultat analogue par d'autres procédés. Elle s'interpose entre le propriétaire et le locataire et, tantôt par des soins officieux, tantôt en se rendant principale locataire, elle obtient l'assainissement des locaux, améliore la salubrité ; en revanche, elle perçoit les loyers par semaine, garantit l'ouvrier contre sa propre imprévoyance et transforme peu à peu les mœurs.

Des associations ont accompli la même œuvre à Londres : Miss Octavia Hill acquiert et loue les maisons infectes pour les assainir, et cette singulière spéculation n'a pas encore ruiné celle qui lui doit les témoignages de la gratitude populaire.

Dans cet ordre d'idées, les moindres réformes ont du prix. Le paiement trimestriel du loyer oblige le locataire à mettre de côté une

somme importante à laquelle il est trop tenté de toucher; le paiement hebdomadaire coïncidant avec la paie serait tout au profit de l'ouvrier. Quelques caisses d'épargne de loyers se sont établies à Paris, dans lesquelles le lundi matin est versée une somme prélevée sur la paie; puis la veille du terme l'encaisse est remboursée avec une prime qui attire et engage le déposant.

Ainsi, construction de maisons, amélioration des logements pauvres, caisses d'épargne spéciales, voilà pour résoudre le problème capital de l'habitation bien des procédés d'assistance qui ne doivent rien ni à la charité, ni à l'intervention de l'État.

Après le loyer, ce qui alarme le plus l'ouvrier, c'est la dépense du ménage. Contre les utopies d'un tarif de denrées, promulgué par l'autorité, il ne faut pas se lasser de le mettre en garde, mais le besoin le presse, il cherche à échapper aux exigences des petits commerçants. Tl se dit que s'il achetait en gros, il paierait moins cher, mais il n'a pas d'avances.

Comment résoudre ce problème en apparence insoluble? Des sociétés, des chefs d'usine ont imaginé d'acheter et d'emmaga-

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siner tout ce qui pouvait être nécessaire à la nourriture et à l'entretien de ceux qu'ils occupaient et de le leur fournir au prix d'achat en gros, en déduction de leurs salaires. La Compagnie du chemin de fer d'Orléans a établi, il y a près de trente ans, à Ivry, un magasin de ce genre. En 1884, 18,000 employés ont acheté des denrées et des vêtements pour une valeur de plus de cinq millions de francs. Ils y ont trouvé un profit qui varie entre 10 et 25 0/0 au-dessous du cours des marchandises débitées au détail. Le pain, fabriqué avec la farine de première marque venant des moulins de Gorbeil, est vendu 27 centimes le kilogramme, c'est-à-dire 7 et 8 centimes de moins que chez les boulangers. L'exemple d'Ivry a été suivi : la Compagnie de l'Ouest, Anzin, Montataire, ont étabh des magasins de consommation que fréquentent les ouvriers et dont ils se montrent fort reconnaissants, quand les intérêts lésés des débitants, devenus, en des heures de crise, les meneurs de la grève, ne viennent pas troubler les têtes. En plus d'une ville, les ouvriers ont essayé de former eux-mêmes, à leur profit, des Sociétés de consommation. Cette tentative est en voie de développement;

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mais parl'ois le premier fonds de roulement fait défaut ; les ouvriers ne savent pas éviter les écueils de ces sortes d'entreprises. Il faut puiser l'expérience auprès de ceux qui ont réussi; il suffit de quelques bonnes volontés intelligentes, de conseils donnés à propos pour faire entrer les Sociétés de ce genre dans la véritable voie et leur éviter de graves mécomptes.

De tous les soucis de l'ouvrier, le plus poignant, nous l'avons dit, est la perspective de la vieillesse. Le déclin des forces lui annonce toute une série de privations à l'âge où elles entraînent un cortège de douleurs et de maux. L'hospice ne s'ouvre que pour les privilégiés, et encore n'est-ce qu'aux limites extrêmes de la vie. La diminution des salaires, une diminution lente, inexorable, précède de longtemps l'indigence; il n'est pas de paye, si l'ouvrier travaille à la tâche, où il n'en voit croître les symptômes avant-coureurs. C'est une longue lutte sans espoir, dans laquelle chaque année est marquée par une défaite, chaque budget par un déficit. Les Sociétés de secours mutuels favorisent, il est vrai, la constitution de fonds de retraite; mais ce n'est pas leur but principal. La Caisse de retraites,

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instituée en I80O, a rendu des services considérables à la population : de 7 millions en moyenne par année sous l'Empire, les dépôts se sont élevés à 39 millions en 1879, à o9 millions en 1880, et ont atteint en i881 68 millions. Dans cette dernière année, 106,000 parties prenantes touchaient au total une rente de 17 millions de francs. Ces résultats marquent un immense progrès, puisqu'en cinq ans (de 1876 à 1881), la Caisse des retraites a reçu un capital aussi élevé que pendant les vingtcinq premières années de son fonctionnement. Ce développement inouï est l'indice d'un besoin qu'il faut satisfaire : nous sommes très loin encore des formes que devront prendre avec le temps les retraites. Il y a des chefs d'usine qui, soit à l'aide de retenues, soit par des versements volontaires, ont préparé pour la vieillesse de leurs ouvriers, des pensions qui leur sont servies à partir d'un certain âge. Généralement les ouvriers perdent, en quittant l'usine, tout droit sur ce pécule; quelquefois, il leur est remboursé au départ; alors c'est la perspective d'une retraite qui s'évanouit, si, par un effort dont il est rarement capable, l'ouvrier ne verse de nouveau la somme dans une caisse spéciale. Pourquoi les chefs d'in-

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dustrie ne formeraient-ils pas dans un département une caisse de retraite?

Pourquoi n'étudieraient-ils pas les meilleurs moyens de former une réserve, d'en assurer k l'ouvrier le produit ? Dans cet ordre d'idées, que d'enquêtes à poursuivre ! que de faits à recueillir ! que de besoins à satisfaire. Le jour où quelques patrons auront pris dans une région cette initiative, la chimère des invalides du travail dotés par l'État d'une pension de retraites aura subi un grave échec.

Ainsi, l'initiative privée, l'esprit d'association, l'emploi intelligent du capital au profit des besoins légitimes de la population ouvrière, telles sont les vraies armes contre les utopies du socialisme. Nous avons passé en revue les maux de la vie. Il n'en est pas, nous pouvons l'affirmer, qu'un effort persévérant ne puisse atténuer. Quant à les guérir, nous ne le prétendons pas : les charlatans seuls ont ces secrets.

ce que les français ont su faire par l'initiative privée au point de vue

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