SOCIAL
Caisse d'épargne. — Société de secours mutuels. — (brèches asiles. — Hospitalité de nuit.
Il est de mode d'attribuer aux Anglo-Saxons le privilège des grandes initiatives. A entendre certains détracteurs de notre race, qui cachent leur impuissance derrière un prétendu vice du sang, les Français seraient inhabiles à créer. Rien n'est plus faux. A cette accusation, l'histoire donne un absolu démenti. Sans remonter au delà de ce siècle et sans sortir du cercle de notre étude, que d'exemples pourrions-nous citer?
Contre le chômage et la maladie, les deux
grandes œuvres sociales accomplies dans notre siècle sont les Caisses d'épargne et les Sociétés de secours mutuels. Lorsque M. Benjamiu Delessert, en 1818, montrait l'exemple de l'Angleterre où depuis vingt ans s'était organisée la première Caisse d'épargne, sa confiance était accueillie par le sourire des incrédules ; il n'était pas de ceux qui se découragent ; avec son ami, le duc de la Rochefoucault-Liancourt, il détermina en 4818 la Compagnie royale d'assurances maritimes à ouvrir une Caisse à Paris et ne tarda pas à fonder la Caisse d'épargne dont les dépôts s'élevaient, trente ans plus tard (1847), pour Paris seulement, à 90 millions, pour la France, à 370 millions. Le 31 décembre 1881, le solde dû aux déposants était de 1,406 millions. La Caisse d'épargne postale, destinée à faire pénétrer l'épargne dansles plus petites communes, a ouvert le 1^^ janvier J882 ses opérations dans les 6,000 bureaux de poste. Loin d'entraver le mouvement ascendant des Caisses d'épargne, il semble que la concurrence leur ait été favorable. Dans l'année 1882, la poste a reçu 64 millions pendant que les anciennes Caisses passaient de 1,406 millions à 1,745. Le 31 décembre 1884, les Caisses d'épargne