SOCIÉTÉ DE SECOURS MUTUELS
possédaient plus de deux milliards K Que penseraient de ces chiffres ceux qui doutaient de l'initiative si courageusement assumée par M. Delessert?
Pour les Sociétés de secours mutuels, la progression n'a pas été moins frappante. Sous la Restauration, on en comptait 132. A la fm du Gouvernement de Juillet, elles avaient dépassé 2,000. Aujourd'hui, la France en a plus de 7,000, comptant 1,065,000 membres, disposant d'un capital qui a doublé depuis douze ans et qui atteint aujourd'hui cent millions. En 1880, cinq millions de francs ont été distribués en indemnités pour 4 millions de journées de maladies, outre les frais de médecins et de médicaments. Ces chiffres tout énormes qu'ils semblent ne doivent pas faire illusion. En présence d'une population ouvrière de 15 millions d'individus voués à l'industrie et au commerce, le nombre des membres des sociétés de secours mutuels et leurs opérations doivent doubler et quadrupler. Elles ne comprennent, cinquante ans après leur création, que
1. Au lieu daider l'Etat à accroître sans mesure sa dette flottante, ces sommes énormes ne pourraient-elles pas contribuer à la richesse publique en alimentant des créations d'intérêt populaire? Il y a là un problème dont l'accroissement continu des dépôts nécessite l'étude et doit hâter la solution.
la quinzième partie de la population ou^Tiè^e : ce chiffre est trop faible. Sous le titre de membres honoraires, ceux qui veulent prendre part aux charges sans participer aux avantages de la société peuvent y entrer. Pour toute la France, il y a 148,000 membres honoraires. Ce chiff're ne représente même pas celui des électeurs censitaires de 1847. Il constitue un reproche qui doit stimuler notre activité. Toute personne au-dessus du besoin doit faire partie d'une société de secours mutuels.
Les Caisses d'épargne datent de la Restauration. Les sociétés de secours mutuels appartiennent au milieu du siècle. A toutes les époques, des hommes de cœur se sont rencontrés pour chercher ce qui pouvait manquer h l'humanité.
« Dans ces dernières années, disait M. Thiers en 1850, une innovation des plus ingénieuses et des plus touchantes, sous le titre de crèches et de salles d'asile, a institué des lieux pour y recueillir l'enfance depuis l'âge îe plus tendre jusqu'à l'âge de l'école et suppléer ainsi aux soins de la mère, obHgée d'aller travailler loin de son enfant pour ga- £:ner la vie de cet enfant et la sienne » .