LES LOGEMENTS D'OUVRIERS A LO.NUKES
leso-ieas
I believe we ought to luake the home as happy and comtbrtable as \ve can, and to cultivate ail the homely feelings '.
Les premières personnes qui, de 1841 à 1855, ont parlé en Angleterre du logement des ouvriers n'ont rencontré que le doute et l'incrédulité. L'œuvre était-elle possible? Où trouverait-on des capitaux, des terrains bien situés et à prix assez bas? Si on faisait une expérience, n'était-elle pas illusoire? Si on voulait produire quelque effet, il fallait des millions. Sur le fond même du projet, on
1. ce Je pense que nous devons rendre le home aussi séduisant et commode que possible et développer par là tous les sentiments de famille. ^ — Sir Sidney Wateriow répondant au marquis de Salisbury devant la Commission royale d'Enquête. Question n» 11,982.
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élevait des objections sérieuses : N'y avait-il pas péril à réunir les ouvriers sur un même point? Des logements satisfaisant à toutes les exigences de l'hygiène ne seraient-ils pas troj) chers? Si le prix en était abaissé, ne feraiton pas une concurrence ruineuse à la propriété libre ? On parlait d'actions à placer. Quant à des dividendes, nul n'en toucherait. On ne se faisait pas faute de répéter que la charité, sous de généreux prétextes, allait une fois de plus troubler les lois économiques.
A ces critiques, dirigées de tontes parts contre l'entreprise de quelques hommes résolus, les promoteurs des logements ouvriers ne répondirent que par l'action, une action persévérante, infatigable, qui se prolongea pendant des années. Le biographe du prince Albert raconte quels sourires ironiques provoquait la confiance du prince, lorsqu'il exposait à ses amis le but à atteindre et le^ moyens d'action K
Le jour oii, dans le centre de Londres, fut ouverte la première maison caserne, les attaques, loin de se calmer, redoublèrent.
1. Le Prince Albert, traduction de M. CraNon. (Ploii, 1883,, t. II, p. 1(31.
Ce n'étaient plus seulement les capitalistes, les économistes qui protestaient : des rangs des ouvriers, une telle méfiance s'élevait contre les nouvelles constructions qu'il fut permis de croire l'œuvre aventurée. L'indépendance n'allait-elle pas être compromise dans ces maisons à étages superposés, si contraires aux mœurs anglaises ? Pourquoi réunir sous un même toit un si grand nombre de familles ? Le home résisterait-il à ce rapprochement ? Quel intérêt, d'ailleurs, pouvait animer les constructeurs? Une pensée de surveillance ne se cachait-elle pas derrière l'œuvre elle-même? Déjà on parlait de réglementations minutieuses et on assurait que, dans ces grandes maisons, la police exercerait une action occulte.
Quinze ans après, en 1866, l'œuvre commence à porter ses fruits. Si nous consultons la statistique des quatre principales sociétés fondées à Londres, nous comptons 843 logements occupés par 4,500 personnes.
Dès lors, l'expérience se fait sur une large échelle; les ouvriers comprennent les bienfaits de ces habitations salubres ; les demandes de logements dépassent le nombre de locaux disponibles; en 1876, 6,300 logements sont