JOO UN DEVOIR SOCIAL
occupés par 24,000 habitants. Enfin, en 1885, ces quatre Sociétés ont loué 15,000 logements à 70,000 personnes.
Le nombre des Compagnies qui se consacrent à cette œuvre s'étend sans cesse. Il n'est pas exagéré d'estimer à plus de 20,000 logements occupés par 100,000 habitants les résultats obtenus en 1885 grâce aux seules sociétés inspirées par un sentiment philanthropique.
Le capital de ces Sociétés s'élève à plus de cent millions. Les actionnaires touchent régulièrement un revenu de o 0/0.
Dans leurs comptes annuels, les Compagnies mettent leur amour-propre à montrer au public qu'en servant cet intérêt, il leur reste des sommes pour constituer une réserve. La réalité de ces dividendes est un fait d'uQe importance exceptionnnelle. Il écarte le reproche qu'adressent à l'œuvre tout entière les économistes justement soucieux de ne pas mêler la charité à l'œuvre sociale; il démoatre que l'entreprise est viable, qu'elle n'est pas factice, qu'elle peut vivre par ses propres forces.
Ce succès devait avoir un autre résultat : en un pays où l'intérêt de l'argent est peu élevé, un placement qui rapporte 5 0/0 devait
éveiller l'attention des spéculateurs. Il était raisonnable de penser qu'en diminuant les exigences de l'hygiène, en supprimant le luxe du confort, il serait facile de tirer de l'ouvrier 6 et 7 0/0. C'est ce que ne manquèrent pas de calculer une nuée de spéculateurs qui s'abattirent sur les plaines entourant Londres. Mesurer leur œuvre, dire exactement ce qu'il y a eu de maisons salubres, de logements à bon marché élevés par leurs soins est tout à fait irréalisable. Dans le nombre de ces villes sorties de terre depuis douze ans, il y a des habitations saines et une foule de maisons médiocres. Dresser une statistique est impossible.
Nous avons voulu voir de près ce qui a a été fait dans la plus grande agglomération humaine pour venir en aide à un besoin qui s'impose ; nous avons étudié l'action des sociétés de Londres. De loin, nous avions cru à des exagérations; nous avions reçu des chiffres que nous n'avions pas osé énoncer. Sur place, nous avons vu l'œuvre, interrogé les promoteurs des entreprises, ceux qui ont été les ouvriers de la première heure et qui, aujourd'hui, chargés d'années, sont entourés du respect public, nous avons écouté les mem-