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homme qui se pi(|uc de ne pas en laire prolession, mais cela dit 1res exactement les clioses, et je le donne en mille à tel ou tel pour faire aussi bien parler la reine et lord Granville. Il a évidemment réussi; ses procédés n'auront pas nui; il a répandu Tor à profusion; on se le dira en basât l'opinion remonte souvent de bas en liant.
Louilrcs, V janvier 187V.
Tu sais que le procès Tichborne dure toujours. Nous sommes à la 150" représentation de la reprise. Hier, la patience a fini par écbapper au chicj justice et dwjorenian du jury. Xote qu'il y a près d'une année que ces douze malbeureux jurés sont en hox enlevés à leurs ad'aires pour juger un homme dont la culpabilité est aussi évidente qu'un fait peut Tèlre; mais la justice anglaise n'admet pas l'évidence sans la preuve. lli(>r, le savant conseiller, comme on appelle le misérable avocat qui ose organiser et plaider cette tentative de vol avec calomnie infamante, conteste la déposition d'un colonel qui déclare avoir vu, sur le bras du jeune Tichborne, le tatouage indélébile dont il n'y a pas trace sur celui du claimant; il l'a vu comme on le saignait. L'avocat nie qu'il ait pu voir le tatouage à moins qu'il ne démontre qu'il faisait clair. Le cliief justice finit par l'interrompre, en lui disant qu'il devait faire assez clair pour voir le tatouage, puisque le chirurgien voyait la veine. L'avocat répond que c'était sans doute un chirurgien imprudent. Soit, mais qu'il soit bon ou mauvais, vous ne nous ferez pas croire
qu'il ait pu praticjuer une saignée, sans y voir suffisamment pour trouver la veine, o L'avocat : « C'est à vous de faire la preuve des lumières, et tant que vous n'aurez pas démontré qu'il y avait des lumières, je pourrai maintenir qu'il faisait nuit, etc. » he. foreman (chef du jury) a enfin éclaté. De part et d'autre, on est édifié; ce n'est qu'une luUe de barristers. C'est un vrai trait de mœurs. Le seul but de l'avocat est de traîner les choses tellement en longueur qu'un juré vienne à mourir, alors il faudra recommencer une troisième fois Dans l'état de la jurisprudence anglaise, on peut tout entreprendre, môme de prouver qu'un hippopotame est une gazelle; il ne faut que des capitaux suffisants, c'est-à-dire une bonne commandite pour tourner autour de la preuve légale. Les entreprises judiciaires contre les successions se mettent en actions, aussi bien que le vol de diamants.
Londres, 7 janvier 1874.
Hier soir, nous avons reçu, pendant le dîner, uo télégramme pour remercier mon chef de sa dépèche et le féliciter... Je ne m'étais donc pas trompé. Il me paraît toutefois décidé à ne pas forcer son succès. Jusqu'à présent, il appartient à son tapissier, et, dès l'aurore, le voilà rôdant en haut, en bas, mesurant, disposant, ordonnant...
J'ai terminé ma soirée chez lady Russell. Il est vraiment bien touchant de voir comme cette vieille femme est entourée par ses fils. Elle savait si bien que j'avais, moi aussi, une mère dont je souffrais d'être séparé.
AMNKE 1874. HiO
Elle m'a cliarjjé de dire au duc de IJisaccia qu'il avait beaucoup plu à la reine, (pi'il reprcsenliMoulce (|u'('lle aime : commission a[|réablc.
Londres, 11 jaiivin ISTV.
Mous allons avoir le meetiiuj So\\\\ Kusscll, en laveur de Bismarck et de la persécution de ri']glise, et le conivc-mecli/Kj catholique. Il y aura bien (juel(|ues tètes cassées et il en restera le renouvellement des querelles reli<jieuses dans ce pays. Ce Johinnj a trop vécu [)our son nom. \e compte-t-il pas déjà dans ses archives une certaine lettre qui commence l'affaire du Sleswig-Holstein?
Iuau«furation d'une statue de plus du prince Albert, cette lois à cheval au «jalop, dans la Cité. L'atmosphère interdit la statuaire; ni le métal ni le marbre ne peuvent résister à la suie et à la pluie. Quand ici ou vous montre une statue, on a envie de faire passer avant le ramoneur. Nous sommes allés nous mêler un peu au nwb, à ces haillons de Londres, sans pareils, ayix poUcemen qui piétinent là dedans comme sur des fourmis.
Ce matin, j'ai vu l'archevêque (1). Il a grand iiir et une ri<]ure ascétique; cela se concilie bien dans un archevé(jue.
18 janvier 187V.
Lord Clarendou, veut m'inviter avec Horthuick au Grove ; c'est un vieux château plein de Van Dyck, en-
(i) Cardinal Manuing,
170 UIV DIPLOMATE A LOîVDUr^S.
touré des plus vieux et des plus célèbres manoirs de TAiiglelerre et à trois quarts d'heure de Londres. Voici comment lord Clarendon passe son temps : il revient de la chasse, il est à cheval, mais un domestique conduit le cheval; premier accident le matin : comme mylord voulait passer d'un cheval sur l'autre, dans une cour de ferme remplie de houe, le cheval s'écarte, patatras, voilà mylord dans la mare; il se nettoie comme il peut et on part ; patatras, voilà mylord par-dessus la tête de son cheval tombant sur la sienne; il remonte, mais il paraît absorbé; ou le ramène; ce n'est qu'en arivant qu'il revient à lui, il avait perdu connaissance ; comme il faut le ménager, le lendemain, on chasse à tir; puis, le surlendemain, on remonte à cheval ; mylord arrive fort en retard au dîner, deux domestiques le soutiennent, les jambes refusent le service à la suite d'une nouvelle chute. Quand il rentrera en ville, il redeviendra un lord très sérieux, en passe de devenir membre du cabinet.
Lady Clarendon est une des quatre comtesses. Il paraît que sa mère a passé sa vie en répétant : ^<- Quatre filles, quatre comtesses; quatre comtesses, quatre filles. 15 On ne sait pas sur quelle version elle a fini.
Le vieux Russell consent à être malade pour ne pas présider le meeting en faveur de Bismarck, mais il écrira. En revanche, on verra l'entrepreneur de l'affaire Tichborne, Vkonorahle Whaley, qui ne l'est plus guère, donner à la réunion son véritable caractère.
Je comptais aller aujourd'hui à une église High Churchj où l'on apprend maintenant aux fidèles à faire le signe de la croix. « Chaque dimanche, me disait un