‹ Un divorceChapitre 10 sur 25 · UN PREMIER SOUPÇON · texte numérisé non relu

UN PREMIER SOUPÇON

je? Tous les jours j'écrivais, j'ai écrit des toIuraes; je causais de loin avec toi Et Jenneval ?

— C'est inconcevable , se hâta de reprendre madame Revel feig-nant de n'avoir entendu ni le nom ni le coup d'œil dont il fut suivi; nos lettres ont été volées! Par qui? dans quelle intention?

— Oui, c'est inconcevable, repartit Félix qui voyait poindre, s'étendre et s'effacer l'incarnat de la joue d'Adeline. Quelqu'un avait intérêt à cette soustraction , à cette violation de correspondance... Et Jenneval!

— Jenneval ! Ah ! mon ami , tu es éloigné de prévoir ce qui arrive , répondit-elle vivement; ce pauvre Jenneval est parti hier pour les Etats-Unis.

— Yoilà une triste nouvelle, et je n'y étais pas

préparé Aussi, je ne comprenais pas ce que

voulait dire Mariette! Quoi! Jenneval est parti pour tout de bon ! il faut qu'il ait perdu la tète!

— Moi-même je ne puis le croire encore. 11 va s'établir à New-York, y exercer son état, faire fortune ! C'est comme un songe.

— Oh ! ce n'est pas bien à lui ! Partir sans me dire adieu , sans ra'embrasser ! Un véritable ami eut agi autrement.

— J'évitais de t'en parler pour ne pas t'attrister aujourd'hui. Quand je te revois, quand je te possède après une si cruelle absence , mon bon Félix , n'empoisonne pas notre joie par des regrets ; oublie qu'il nous manque...

— Tuas raison, Adeline; c'est un jour de bon-

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heur, il faut en jouir avec plénitude sans arrièrepensée. Demain, plus tard, nous causerons de nos affaires, de nos chagrins; d'ailleurs il reviendra peut-être sur ses pas..,. Ne m'as-tu point dit que Jenneval avait de l'amour?...

— Jenneval ! de l'amour ! eh ! pour qui donc ?

— Je ne sais; il y a tant de femmes à Paris. En vérité, je commence à n'en plus douter; son air sérieux et contraint, sa sauvagerie même, et ce départ qui ressemble à une fuite, c'est bien là de l'amour.

— Monsieur est servi , dit Mariette entre-bâilîant la porte pour lancer dans la chambre un regard sournois et malin.

Une grande pitié s'était remuée en lui , et il avait emporté Tenfant.

Victor Hugo , ISotte-Dame de Paris.

Mariette n'était pas une femme de chambre oorame une autre ^ que l'on choisit sur certificat d'un ancien maître, ou d'après recommandation d'un bureau de placement qui ne connaît de sa protégée que l'impôt de sa protection. Madame Revel ne l'avait pas prise à cause de ses dents saines et blanches, de sa robuste santé et de sa jolie figure, parce qu'une bonne embrasse un enfant, le porte et lui sourit ; une mère descend aux plus minutieux détails j elle souffrirait du pli d'une feuille de rose pour son fils j elle n'est capricieuse,

exigeante, importune que pour lui : elle lui fait la cour, elle lui décerne un culte; voilà pourquoi les bonnes d'enfans sont rarement laides , vieilles, chassieuses, édentées.

Mariette devait au hasard sa condition, que l'attachement de ses maîtres lui avait faite si douce et si agréable : M. Revel la traitait comme sa fille, madame comme son amie.

La première année de sa liaison , Félix , pour détourner l'attention du monde qu'il bravait dans sa conduite, et pour cacher son bonheur ainsi qu'un avare fait son trésor, avait emmené Adeline loin de la capitale. C'est doubler les charmes du chemin que de le parcourir avec une femme que l'on aime, avec une femme qui partage vos impressions, avec une femme en un mot, puisque le cœur des femmes a tant de cordes inconnues, harmonieuses et poétiques, graves et sublimes, qui vibrent à l'inspiration des lieux; un site pittoresque, une ruine, un fleuve, un arbre, l'objet le plus vulgaire en voyage peut frapper cette imagination d'où jaillissent des étincelles communicatives. Puis il y a des raomens de jouissance magnétique à voir ensemble, à penser ensemble, à s^émouvoir ensemble; ou bien la force morale et physique vient à l'aide de la faiblesse : faut-il gravir au bord des précipices, franchir un pont qui tremble, pénétrer dans les cavernes , côtoyer un torrent? on rassure par de tendres paroles une résolution qui s'effraie, on rafïcrmit un pied débile

qui chancelle, on sent battre un cœur contre son cœur, on sent frémir une main dans sa main. Après on rit ensemble, on frissonne ensemble des dangers passés j c'est une suite de sensations délicieuses, profondes, imposantes, terribles. Aussi une promenade en Suisse ou en Auvergne amasset-elle des souvenirs qui surnagent dans le cours d'une vie longue et orageuse.

Félix , qui savait les ineffables voluptés d'un pèlerinage d'artiste , les enseignait à sa docile compagne, s'enivrait d'amour avec elle vis-à-vis les grands spectacles de la nature. Ils visitèrent, les pinceaux à la main , nos splendides provinces de la France méridionale où les admirations varient à chaque pas en changeant d'objets, saisies tour à tour par les productions du sol qui réunit l'Espagne et l'Italie, par les aspects merveilleux de l'horizon, par le& antiquités romaines et celtiques 5 là ils dessinaient un château démantelé de la féodalité , une cathédrale mauresque , un temple d'ordre corinthien ; ici ils peignaient des laves éteintes , des rochers perpendiculaires , des cataractes brumeuses, des plaines blanches de soleil, des paysages bigarrés de bourgades, de marais et de bois. Ils virent la ville du Puy telle qu'un nid de corbeau sur sa roclie, Avignon et le pont du Gard , Nimes et sa Maison-Carrée , Marseille et son port. Ils eurent la fantaisie de séjourner un mois dans les landes sablonneuses d'Oléron, pour essayer parmi cette population brute et cette con-

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trée nue , s'ils pourraient se détacher assez des choses extérieures pour se suffire à eux-mêmes dans une contemplation uniforme, dans un épanchement inépuisable; l'épreuTe était hardie; Pétrarque et Laure ne l'eussent pas osée.

Ils se transplantèrent , comme deux fleurs exotiques, dans un village, si l'on donne ce nom à quelques cabanes de boue couvertes de bruyères; l'auberge où ils se logèrent se distinguait des habitations voisines par un toit de chaume et deux fenêtres vitrées; les troupeaux n'y étaient pas confondus avec les hommes, et la fumée s'échappait par un tuyau, non sans laisser un nuage épaissi dans la salle commune, au dessus de laquelle la chambre d'honneur leur fut réservée; une paillase pour lit, un banc pour siège, une table pour meuble, une image peinte de saint pour ornement. Quittez donc le vivre commode et moelleux de Paris, pour aller fonder un ermitage à Tamour, dans une hôtellerie des Landes!

Cependant ils s'accoutumèrent à manquer de tout, à ne désirer rien; ils dormirent d'un plein sommeil sur cette couche dure et misérable; ils partagèrent de franc appétit le rustique repas de leurs hôtes ; ils étaient solitaires parmi ces êtres qui n'avaient de l'homme que la forme extérieure et matérielle ; ils étaient étrangers parmi ces mœurs incultes et primitives qui attendent depuis des siècles un reflet de la civilisation. Tous deux oubliaient le reste de l'univers dans cette

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retraite plus sauvage que la Thébaïde des premiers chrétiens ; tous deux se créaient de leur tendresse, une nature moins agreste, ils s'aimaient davantage sans distractions, sans attiédissement; ils tiraient leur bonheur de leur propre puissance^ soit qu'ils errassent en rêvant à travers ces déserts de sable, soit qu'ils bornassent leurs idées à l'espace exigu de leur table boiteuse, quand la veillée les rapprochait sous le rayon d'une lampe puante. Les indigènes s'apprivoisaient à leurs bienfaits , car ils se trouvaient trop heureux pour n'être pas charitables ; ils prenaient plaisir à soulager une pauvre famille, à répandre des aumônes qu'on ne demandait pas et qu'on bénissait. La mère Marguerite, veuve d'un soldat réquisitionnaire, avait surtout éprouvé leur générosité; cette vieille femme, restée seule avec une fille en bas âge , n'avait eu ni les moyens ni la volonté de bien élever celle-ci , qui parvint à sa douzième année sans avoir acquis les plus indispensables notions de morale. Elle passait l'été à garder quelques chèvres maigres, et quelques brebis noires qui fournissaient à peine à leur chétive nourriture ; l'hiver , elle s'aventurait , pieds nus et vêtue d'une peau de mouton , pour recueillir sous la neige une mousse aride et des brins de bouleaux. A son retour sa mère la maltiaitait, lui refusait sa part du lait et du fromage, ou l'envoyait acheter de l'eau-de-vie jusqu'à la ville prochaine. Marguerite n'avait pas d'autre

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désir qu'une bouteille d'eau-de-vie, d'autre joie qu'une rasade d'eau-de-vie; le peu d'argent qu'elle pouvait retirer de la vente de ses fromages, de ses laines et de sa tilasse s'écoulait en eau-de-vie; si elle tricotait un bonnet, si elle creusait une paire de sabots, c'était encore une peinte d'eaude-vie qu'elle sollicitait en échange. Lorsqu'elle était ivre, sa méchanceté brutale retombait sur sa fillcMariette; lorsqu'elle ne l'était pas, à son grand désespoir, sa méchanceté redoublait encore contre Mariette. Cette malheureuse enfant préférait les plus épouvantables temps , le froid , la pluie, le vent et le soleil d'aplomb sur la fimrnaise de sable j à la belle humeur de la mère Marguerite; elle avait le corps meurtri de coups , la figure brûlée de hâle , les pieds et les mains déchirés par les cailloux et les épines; elle vagabondait à demi nue sous de sales haillons, si malpropre et si hâve qu'il fallait certainement qu'elle fût belle pour ne paraître pas ignoble et repoussante.

Sa mère, devenue impotente par les infirmités d'une vieillesse prématurée, ne sortait jamais de sa cabane que le jour de Pâques, pour aller entendre la messe au clocher le moins éloigné, à deux lieues environ ; la dévotion superstitieuse qu'elle avait à cette fête solennelle de l'église lui prêtait la force d'entreprendre ce pénible trajet. Elle ne bougeait plus de son fauteuil de sa])in grossier pendant l'année entière, etcomme l'usage des liqueurs spiritueuses lui avait presque ùté la

faculté du sommeil, elle consumait les nuits à r)oire et à filer. Sa passion pour l'eau-de-Yie et le rhum l'encourageait au travail, malgré sa vue affaiblie, ses membres paralysés et sa torpeur continuelle; elle n'interrompait même le roulement de son rouet que pour remplir et vider sa tasse de fer-blanc ; sa voix cassée et criarde retentissait souvent comme une crécelle, et mettait en fuite les plus hardis qui n'eussent pas retourné la tête de peur de voir le diable; car la mère Marguerite était redoutée à la ronde par les amans et les nouveaux mariés, qui lui attribuaient tous les accidens contraires à leuis amours. On l'accusait de jeter des sorts aux troupeaux qu'elle voulait dé- Iruire ou diminuer par une épidémie; on expliquait avec des particularités effrayantes, la solitude où elle vivait en compagnie de sa boisson chérie; et beaucoup de bergers affirmaient par serment l'avoir rencontrée la nuit, qui dansait dans la bruyère, avec les follets rieurs. On racontait d'elle certaines histoires suspectes qui tendaient à la faire exorciser. Les gens du voisinage, qui frissonnaient d'en parler sans un signe de croix, blâmèrent l'imprudence de madame Revel, qui eut pitié de la petite Mariette , l'habilla de neuf, et lui remit un napoléon pour sa mère.

— Est-ce raison de donner au diable l'argent du bon Dieu? dit l'hôtellier en son patois inintelligible : Tenez-vous bien qu'il ne vous arrive malheur.

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Peu de jours après le don de la pièce d'or qui ne servit qu'à tripler les rations d'eau-de-vie , on entendit un soir des cris et des sanglots étouffés sortir de la maison de Marguerite : on ne s'en inquiéta pas d'abord , ])arce que les mauvais traiteraens que subissait l'infortunée Mariette n'étaient ignorés de personne ; on supposa que la vieille sorcière se vengeait de l'échec d'un de ses tours diaboliques en accablant de coups sa victime ordinaire. Mais les cris se prolongèrent si douloureusement que l'alarme courut aux alentours : on crut qu'un exécrable maléfice s'accomplissait dans le moment , et chacun attendit avec des transes que le bruit eût cessé, quoiqu'on reconnût bien la voix de Mariette et les bélemens de ses moutons. Enfin un esprit-fort desassistans offrit d'approfondir ce mystère en s'introduisant seul dans le logis delà sorcière; un second ne voulut pas être réputé moins brave que son camarade, et se présenta pour l'accompagner ; un troisième se décida en hésitant à tenter cette périlleuse aventure. Un grand nombre d'autres devait aussi s'approcher à distance, tandis que des femmes, enhardies de curiosité, rôdaient déjà près de la porte fermée.

L'un marcha en avant, l'autre suivit, et letroisième par une fausse honte ne recula point; ils se consultèrent à qui entrerait le premier. Lorsque le loquet eut cédé sans difficulté, ils écoutèrent un instant, et se persuadèrent que Mariette pous-

sa-it des clameurs aiguës entrecoupées de pleurs et de géraissemens , auxquels répondaient, d'intelligence , les animaux enfermés dans l'étable. Ils avancèrent tout d'un accord, etpresque rassurés; mais une vapeur nauséabonde, qui faillit les asphyxier à la porte de la chambre, leur cacha d'abord un spectacle hideux, qui surpassa toutes les terreurs de leur crédule imagination.

Cette salle, aux murs humides , à la charpente découverte, à l'ameublement misérable, n'avait rien d'extraordinaire en rapport avec les attributions de la magie; le peu d'objets qu'on y remarquât attestait la pauvreté, et non de coupables pratiques de sortilèges; mais un seul objet, naguère vivant, soulevait plus d'horreur que de pitié : c'était Marguerite, encore assise dans son fauteuil, les mains et le visage charbonnés, les vêtemens consumés ou roussis ,etlabouchebéante, d'où s'exhalait une fumée fétide qui suintait des parois en eau noirâtre. A côté, sur un trépied massif, la mèche qui plongeait dans un pot de graisse , était allumée, et un phosphore bleuâtre flottait au dessus de la tasse d'étain : à terre , le rouet et la quenouille que le feu n'avait pas touché, et un tibia dans un tas de boue huileuse; au plancher, une longue traînée de suie infecte; des lamentations partaient du fond de l'étable.

Les téméraires éclaireurs se repentirent trop tard d'avoir été jusque-là; ils se crurent perdus et leurs cheveux roux se hérissèrent; blêmes, ha-

gards, défaillans, suffoqués, ils reparurent soudain au seuil de la cabane, sans pouvoir prononcer une parole ; leur silence accrut les angoisses de la foule, et, quand leurs récits exagérés eurent mêlé l'intervention infernale à un événement qu'ils ne comprenaient pas , une rumeur de réprobation générale s'éleva contre la sorcière que le démon venait d'emporter, disait-on. Quelqu'un avisa de brûler les dépouilles damnées de Marguerite, la demeure qu'elle avait souillée et tout ce qui lui appartenait.

— Au feu, la caque! criait-on en fureur; au feuj la vermine et la verminière! Ohé! c'est justice tardive. La méchante bête a fait mourir mes bestiaux; elle a regardé mon mariage d'un mauvais œil; elle a fait mon enfant bossu; elle a envoyé des rats dans mes châtaignes; elle a gâté mes fromages; elle a nui à mes fiançailles ; elle a rompu mes éohasses. Au feu! et le malin en prenne les cendres !

Le ressentiment fut plus énergique alors que la peur; on lança des tisons sur la couverture d'herbes sèches qui s'allumèrent avec la rapidité de l'amadou; une colonne de flamme monta dans l'air. Les rires, les acclamations des spectateurs étoufl'èrent les plaintes humaines qui s'échappaient du milieu de l'incendie et dominaient le craquement des poutres, le bourdonnement du feu. Les mains se saisirent^ une ronde se forma en s'agrandissant et s'ébranla en tournoyant aux

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chants rauqiies et barbares du pays. On eut dit un sacrifice des druides gaulois au sanglant Teutatès.

— Le feu! s'écriait Félix Revel qui accourait aux lueurs projetées au loin sur les dunes de sable. Mes amis, du secours ! de l'eau! il est peutêtre possible de sauver... Ah! que faites-vous ! Secondez-moi î écoutez-moi !

Et la ronde, dont le mouvement s'accélérait en cadence j passait et repassait devant lui, éclairée par l'incendie qui montrait des figures atroces sous des bonnets rouges et des peaux laineuses j c'était une image réelle du sabbat.

— Cette maison était-elle habitée ? reprend Félix hors de lui et indifférent aux prières de sa femme qui Ta rejoint toute en larmes; oui, n'entends-je pas des cris? Il y a donc une victime ! C'est l'habitation de Marguerite? Vous êtes bien îàches î

Il rompt la chaine des mains qui se renoue derrière lui; il ne balance plus , il se jette dans les flammes qui le recouvrent de toutes parts. Il pénètre dans la salle sous une pluie ardente. Il veut entraîner la vieille femme qu'il aperçoit immobile dans son fauteuil: elle tombe en charbon par l'effet de la combustion spontanée. Il va songer à son propre salut, en s'erapressant de fuir avant que la toiture ne s'écroule sur sa tête; il cherche une issue à travers la fumée qui tourbillonne : un cri déchirant le rappelle et le guide ^ il découvre un

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enfant couché par terre entre deux brebis hélantes. Les débris embrasés tombent autour de lui ; ses habits , ses cheveux, ses sourcils sont brûlés; il s'empare de l'enfant qu'il enlève dans ses bras; il marche sur la braise, il traverse un rideau de feu. Les murs se fendent, la charpente s'affaisse, un fracas sourd annonce la chute du toit qui pousse au ciel noir une pyramide rouge comme un cratère de volcan.

La ronde s'arrête et s'écarte avec respect; Félix dépose une petite fille aux pieds d'Adeline évanouie.

C'est Mariette qu'il a presque adoptée, qu'il a élevée lui-même; c'est Mariette, qu'il aime parce qu'elle lui doit la vie : à défaut d'enfant de son mariage, il en eût fait sa fille; elle ne sera que femme de chambre! Peut-être valait-il mieux la laisser périr dans les flammes auprès du cadavre de sa mère Marguerite!

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