‹ Un don récent au Musée du LouvreChapitre 2 sur 4 · Tome V, pages i5a et suivantes · texte numérisé non relu

Tome V, pages i5a et suivantes

UN DON RECENT AU MUSEE DU LOUVRE i5

le manuscrit de Saint-Biaise '. De petites dimensions, très portative, la harpe du Moyen-Age, instrument cher aux trouvères, ne dépasse guère les proportions du torse humain et une belle sculpture du xiii* siècle, Tune des statues qui décorent la Maison des Musiciens, à Reims, nous fait connaître d'une façon parfaite l'attitude dans laquelle on en jouait, placée sur les genoux, le corps sonore tourné vers la poitrine du personnage.

Son galbe général est toujours triangulaire, et les variations de formes que nous font connaître les miniatures ou les sculptures ne portent que sur des parties accessoires. Les cordes sont tantôt attachées sur le côté, tantôt sur la partie supérieure de la traverse ; leur nombre varie de 5 à 25, mais plus communément le chiffre adopté est celui de 12, accordées ainsi d'après un manuscrit de Gand : La, si, ut, re, mi, fa, sol, la, si, ut, re, mi. La caisse sonore est tantôt à section cylindrique, tantôt à section rectangulaire; tantôt elle est fort grosse, tantôt toute petite. Les . ouïes affectent trois dispositions différentes : sur le dessus du corps sonore, sur le côté, ou sur la face opposée à la table à laquelle sont attachées les cordes. Le nombre aussi de ces ouïes est excessivement variable : deux, trois, quatre. Leur forme est également susceptible de diverses modifications : ce sont de simples trous ronds ou des percements en forme de quatrefeuilles. 11 y avait bien loin, on le voit, de cet instrument imparfait, destiné seulement- à donner le ton au chanteur, à la harpe perfectionnée et munie de pédales inventée au xvrii* siècle.

Si Ton se fie à un texte littéraire du xiv® siècle, à une

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