‹ Un drame dans les mers boréales; souvenirs du KamtschatkaChapitre 3 sur 14 · IN DRAME · texte numérisé non relu

IN DRAME

elle manœuvre sa queue comme le batteur de blé manœuvre son fléau sur l'aire, et une seule de ses nageoires est aussi large que la pirogue assaillante, et sa queue, bifurquée à son extrémité en deux lobes horizontaux, sa queue se mate à plus de vingt pieds de hauteur, s'agite de droite et de gauche, tournoie, retombe sur les vagues, se mate encore et fouette l'atmosphère...

Jamais un coup de lance ne pourra maîtriser les fureurs de ce monstre; il sera invincible tant que sa terrible queue jouira de toute sa liberté de mouvements. Il faut donc changer de tactique et d'arme, quitter la lance et prendre le louchet.

Une lance se compose d'un bâton de frêne, long de deux mètres, et portant, à l'une de ses extrémités, la douille d'une tige de fer de longueur égale. Cette tige de fer est grosse comme le petit doigt et se termine en spatule, spatule ni plus grande, ni plus épaisse qu'une pièce de cinq francs, et dont les bords ont été aiguisés et ont reçu le fil du plus fin rasoir anglais ; ainsi fabriqué, le fer de la lance peut être plongé jusqu'au manche dans une' masse de chair et en être retiré sans difficulté : la lance agit donc autrement que le harpon, dont les deux ailes, tranchantes à l'extérieur et émous-

sées à l'intérieur, sont retenues au retour par les tissus et les fibres des parties charnues qu'elles ont traversées. La lance à spatule, maniable comme la tige du piston d'un corps de pompe, transperce de part en part les poumons d'un cétàeé, pénètre jusqu'à son cœur, reparaît au dehors ensanglantée et peut être replongée dix fois de suite dans ce vaste thorax} pourvu qu'on l'y introduise par un point d'élection un peu au-dessous et à droite de chaque nageoire, là où elle ne risque pas de s'ébrécher sur les côtes.

La lame du louchet de forme trapézoïde, emmanchée, comme la lance, d'un long bâton de frêne, mais n'ayant qu'une tige très-courte, ressemble à une bêche plate, et chacun de ses côtés, sauf celui qui porte la douille, a reçu le tranchant d'une hache. L'acier en est si bien trempé, si bien affilé, qu'il entamerait un bloc de granit ou couperait un cheveu au vol. Tel est l'instrument dont va se servir le lieutenant pour mettre tin h la folie furieuse du cétacé. Le duel au louchet est inévitable quand l'animal harponné n'épuise pas ses forces en exécutant de fréquents coups de sonde, c'est-à-dire en plongeant brusquement, ou en fuyant avec la rapidité d'une locomotive.

Ainsi, tandis que notre capitaine assiste tranquillement à l'agonie de sa baleine, le lieutenant s'escrime avec la sienne, et nos deux autres pirogues s'en rapprochent pour lui prêter main-forte et assistance en cas de sinistre. Je vois la silhouette de cet intrépide marin surgir à l'avant de son canot. Le harponneur gouverne ; il commande aux rameurs et les rameurs obéissent avec une précision mathématique, avec une prestesse merveilleuse, car la sûreté, la vie de tous peut-être, dépendent de cette prestesse et de cette précision ; il s'agit d'échapper aux atteintes de la baleine, tout en demeurant exposés à ses coups, afin que l'œuvre du louchet s'accomplisse...

a Nage ! nage de l'avant ! nage dur, enfants ! » s'écrie le harponneur.

Et le canot danse sous la queue du cétacé, pendant que cette queue, perpendiculairement dressée hors de l'eau, se balance et menace de retomber à plat sur les pygmées.

« Scie ! scie à culer ! scie ! »

Et le canot, glissant à reculons, évite le coup de queue, dont les deux lobesen éventail s'enfoncent en tressaillant dans les vagues.

— Scie un, nage trois ! scie trois, nage un 1

Et le canot voltige de droite et de gauche entre les nageoires du monstre, qui fouettent le vide de gauche et de droite. Malheur! cent fois malheur! si l'une de ces nageoires heurtait les planches fragiles !

Voici le moment le plus terrible de ce combat, qui ne peut durer longtemps encore : il faut frapper un grand coup et frapper vite, épuiser sans retard les forces et la rage de la right-ivhale, sinon les rameurs, accablés de fatigue, molliront bientôt sur leurs avirons, et une catastrophe sera inévitable. Au louchet donc, au louchet! Une seule entaille du louchet dans ce faisceau de muscles et de tendons qui se réunissent pour former la queue, une seule entaille, en travers, et les muscles et les tendons ne pourront plus soulever cette queue, qui traînera désormais dans Feau, à moitié sub mer gée; inerte etinoffensive. Alors lé lieutenant accostera le thorax du géant et y plongera sa lance; mais combien de sang-froid, de courage et d'adresse ne faut-il pas dépenser avant de pouvoir donner ce coup de grâce ?

Qu'on se figure un bûcheron qui, pour abattre les hautes branches d'un arbre, jetterait vers elle sa hache

à tour de bras. Ainsi procède notre baleinier : il saisit ie moment où le cétacé tient sa queue matée au-dessus de la pirogue, et darde son louchet vers elle à Finstar d'un javelot; dix fois, il manque le but ou il l'effleure, et dix fois la pirogue évite en diligence pendant qu'il repêche le louchet tombé à la mer, et qu'il ie ramène à lui à l'aide d'une légère ligne de rappel frappée sur le manche. Du haut de mon observatoire, je contemplais avec inquiétudecesmanœuvres, ces évolutions, ces tentatives, et je m'étonnais de ce que le lieutenantes! adroit et si chanceux d'habitude, tardât longtemps aujourd'hui à remporter la victoire; et à mesure que les minutes s'écoulaient lentes comme des heures, j'éprouvais le pressentiment d'une catastrophe. Une se décourageait pas, cependant, ce brave officier, et son équipage, digne de lui, montrait autant de vigueur et d'entrain qu'au début de la lutte. Chacun redoublait même d'efforts et d'énergie, stimulé par l'amourpropre, par l'orgueil et par le désir de vaincre sans le secours des autres pirogues qui se rapprochaient du champ de bataille. — Quel dépit ! quelle honte si les deux pirogues n'arrivaient si tard que pour leur enlever l'honneur de la victoire !

Dans le journal du bord, chaque paragraphe où il

est fait mention de la capture d'une baleine est timbré par un cachet de bois représentant en noir l'image d'un cétacé. Cette empreinte est une décoration collective dont s'enorgueillissent les matelots de chaque pirogue victorieuse, et quand on rentre en France, les honneurs de la campagne appartiennent à l'équipage de canot qui réunit à son avoir le plus grand nombre de ces glorieux stigmates.

Encore quelques minutes, et nos trois pirogues allaient entremêler leurs pelles d'aviron, lorsque la baleine, au paroxysme de la rage, bondit tout entière et horizontalement au-dessus des vagues, et retomba...

Un nuage passa sur mes yeux; je frémis et je me sentis inondé d'une sueur glacée, car je ne vis plus rien là-bas, — sinon la mer qui déferlait comme sur un écueil, et les deux pirogues en retard volant à toc d'avirons vers l'endroit où venait de disparaître, dans un tourbillon d'écume, la pirogue amarrée... Avait-elle coulé bas, écrasée sous le ventre de la baleine? Les six hommes qui la montaient avaient-ils été tués d'un seul coup et ensevelis dans l'abîme? Horrible sinistre dont j'aurais voulu pouvoir douter encore, mais qui

devenait de plus en plus probable, à mesure que le nuage d'écume se dissipait et que les vagues se nivelaient... car bientôt surnagèrent les épaves du désastre : des débris de planches et d'espars ballottés par la houle ; une moitié de pirogue renversée, la quille en l'air, et çà et là plusieurs points noirs flottant et disparaissant tour à tour...

« Laisse arriver ! tout! tout ! m'écriai-je, car je cumulais alors avec mes fonctions de chirurgien celles de pilote provisoire, quand les officiers partaient en chasse ; laisse arriver ! »

Le timonier obéit : je descendis de la hune pour donner un coup de main à hisser les huniers et les perroquets, à border la grande voile et à brassercarré !... et le navire s'élança dans la direction du sinistre.

Je ne saurais dire quelles angoisses me torturèrent tant que Féloignement m'empêcha de mesurer l'étendue de la catastrophe ; je dus subir la loi commune en pareil cas, et je m'exagérai le nombre des victimes. Je n'avais réellement vu que le saut extraordinaire de la baleine hors des flots, et sa rentrée instantanée, ou plutôt sa chute horizontale dans la mer, et je ne pou-

vais affirmer qu'à cet instant notre pirogue s'était trouvée placée entre elle et FOcéan... Cependant j'aurais juré que pas un de mes compagnons n'avait échappé à la mort ; non, pas un seul n'attendait le sauvetage ! ces points noirs que je voyais rouler dans l'écume des vagues, ce n'étaient pas des têtes de nageurs, — c'étaient des cadavres ou des morceaux de cadavres qui s'imprégnaient d'eau de mer avant de couler bas !...

Je ne fis donc aucuns préparatifs pour recevoir des blessés ; — on n'en ramènerait aucun à bord, et si l'on repêchait quelque malheureux, ce ne serait que pour lui rendre les derniers honneurs de la sépulture du matelot !

Mais, Dieu soit béni! ma joie fut grande lorsque le navire, arrivant à un demi-mille des pirogues, je reconnus qu'on opérait un véritable sauvetage. Une pirogue reçut deux naufragés à son bord, une autre deux encore, et je remarquai que ces quatre hommes n'avaient aucune blessure grave; car ils se tenaient debout sur les bancs ou prêtaient déjà la main au sauvetage des épaves. — En serions-nous quittes pour un canot brisé? pensai-je, en supposant quelapiro-

gue du capitaine recueillerait les deux absents ; vraiment l'aventure serait trop miraculeuse, et Ton ne voudrait jamais croire que six hommes, surpris par la chute d'un animal pesant plus de cent mille kilogrammes et tombant en plein sur leur dos, puissent encore être comptés au nombre des vivants... Hélas î mes illusions, mes espérances s'évanouirent promptement ; le capitaine qui était libre, car sa baleine venait de mourir, et il l'avait abandonnée flottant en dérive avec un pavillon de vigie planté sur le dos, le capitaine rejoignit les deux pirogues et je ne comptai que cinq matelots à son bord... L'abîme retenait donc deux de nos frères, écrasés, broyés, noyés, ou peutêtre, tant la bonté de Dieu est infinie, étourdis seulement, à moitié asphyxiés, et roulant sous la première couche des vagues. Faible, bien faible espoir! Aussi les trois pirogues se séparèrent-elles aussitôt pour quêter dans la houle sur une certaine étendue ; l'une gouverna au vent, une autre sous le vent; la troisième croisa entre elles deux et elles décrivirent de grands cercles. Les rameurs nageaient lentement et penchaient la tête hors du plat-bord pour sonder de l'œil la transparence de l'eau; ceux qui ne nageaient

pas, ainsi que les harponneurs et les chefs de pirogue, se tenaient debout sur les gaillards et sur les bancs, afin de projeter leurs regards aussi loin que possible aux alentours, et xle mon côté j'arrêtai la marche du navire et envoyai deux hommes en vigie à chaque tête de mât.

Pendant plus d'une heure on surveilla minutieusement le développement des lames, leurs points d'émergence, leurs milieux, leurs chocs et leur écume, et on glana tout ce qui surnageait aux environs : — des manches de lances et de harpons, des fragments d'avirons, la voile, son mâtereau et sa livarde, les tollets, le baril à eau, celui du fanal et du biscuit, la seille et la baille à ligne, tout enfin, tout ce qui faisait partie de l'armement de la pirogue, et la pirogue elle-même, ou plutôt deux de ses morceaux, l'avant et l'arrière, aplatis et concassés, et qui furent, pris à la remorque. — Mais de la ligne de pêche et des deux matelots absents nulles traces... et comme pour insulter à notre malheur, la baleine, auteur du sinistre, surgit tout à coup dans le voisinage et se mit à bondir de nouveau et à battre la mer à grands coups de queue. Le harpon apparaissait encore planté sur son

dos, mais sa tige de fer était tordue et le bout du manche traînait dans l'eau avec les premières brasses de la ligne. Toujours furieuse, elle se démenait avec rage, comme si l'embarcation était encore à ses trousses; mais elle se calma soudain, et sembla s'apercevoir qu'on ne la poursuivait plus, — puis, ouvrant sa gueule immense, elle aspira bruyamment les émanations répandues dans l'atmosphère, hésita pendant quelques secondes sur la route à suivre et se dirigea à toute vitesse vers le cadavre flottant de sa compagne.

En toute autre circonstance nous eussions admiré la sensibilité de cette noble bête, qui, renonçant à fuir, tournoyait autour de la morte, l'arrosait de l'eau de ses souffles, et cherchait à la réveiller en la caressant de ses nageoires *et en frottant ses flancs contre les siens.

L'occasion était bien favorable pour aller lui donner un coup de lance; elle se serait laissé tuer sans la moindre résistance; mais pouvions-nous abandonner déjà nos recherches? — Non, certes. — La miséricorde de Dieu est infinie et l'asphyxie par submersion n'est pas toujours mortelle! Les trois pirogues continuèrent donc à inspecter la surface et les premières

couches transparentes de l'Océan. Une nouvelle heure s'écoula, et une autre encore, et rien ne parut.

« Ici, par ici, — trois-quarts au vent, » s'écria enfin Fhomme de vigie au mât de misaine; et à l'aide du ballon noir à signaux il indiqua sur quel point il découvrait quelque chose. Les pirogues se précipitèrent aussitôt vers l'endroit désigné, et je vis des rameurs abandonner leurs avirons, se pencher en dehors du plat-bord, et ramasser dans la mer un objet, une masse inerte, qu'ils déposèrent lentement et avec de grandes précautions sur les bancs de la pirogue. — L'un des absents était retrouvé ; la pirogue me l'apporta en toute hâte, et dès que j'eus jeté un coup d'œil sur lui, je compris qu'il serait inutile de chercher aie rappeler à la vie. — La vie, hélas! était partie depuis longtemps, depuis trois heures, depuis l'instant du choc.

On aurait cru qu'il dormait, ce pauvre matelot, car sa figure, à peine bleuie par la fraîcheur du flot, ne gardait aucune trace des convulsions de l'agonie... Mais sous sa chemise de laine rouge et imprégnée d'eau de mer, on reconnaissait au toucher les causes de la mort. — La poitrine était défoncée, aplatie, les

côtes brisées; on aurait dit des fragments d'os et des lambeaux de chair entassés dans un sac; en haut ]e col de la chemise, en bas, la ceinture du pantalon nouaient le sac à ses deux bouts; les jambes, de même que la tête étaient demeurées intactes. Pauvre matelot !

On le coucha sur une yoile de perroquet pliée en quatre ; on le déposa au pied d'un mât d'artimon, et l'on étendit sur lui le drapeau de la nation, en attendant l'heure des funérailles.

Les recherches continuèrent longtemps encore, mais l'Océan ne rendit pas la seconde victime.

Nous aimions également nos deux compagnons de misères et de dangers; une même catastrophe nous les enlève, eh bien ! les regrets qu'ils inspirent diffèrent... Malgré nous, nous nous apitoyons plus longuement sur le sort de celui que nous ne pouvons retrouver ; il nous semble que son agonie dure encore et qu'il est mille fois plus malheureux que le malheureux couché maintenant sur le tillac... On a déjà fait l'oraison funèbre de celui-là, en disant : II ri a pas dû souffrir ! — Puis on l'ensevelira pieusement au fond de la mer, et sur le rôle d'équipage on écrira à la suite de son

nom : mort, tel jour, tué par une baleine. Mais l'autre qui roule encore de vague en vague..., qui ne recevra ni adieux ni sépulture, et que les poissons commenceront à dévorer au moment peut-être où il sortira d'une syncope, d'une léthargie, ôh ! cet autre, il est bien plus à plaindre ! tout doit nous faire croire qu'il est mort depuis longtemps, mais rien ne le prouve ; on * écrira sur le rôle d'équipage cette mention mystérieuse : un tel, disparu à la mer, et après dix années seulement il sera légalement reconnu défunt.

Vers deux heures et demie, le capitaine donna le signal de suspendre les recherches du second cadavre; mais ce ne fut pas pour rentrer à bord du navire. Une des embarcations se chargea d'y reconduire les quatre survivants du sinistre , et celles du capitaine et du second s'en allèrent demander une revanche à la terrible baleine qui n'abandonnait pas les flancs de sa défunte compagne; cette dernière ressemblait de loin à un écueil, à un rocher noir signalé par le pavillon d'une balise*

Quiconque lira ce récit (il n'a qu'un seul mérite, celui d'être vrai), ne pourra s'empêcher d'admirer l'insouciance, le sang-froid, la persévérance et le courage

de ces baleiniers, qui recommencent, sans désemparer, une nouvelle lutte avec le léviathan qui vient de tuer deux de leurs frères. Ces baleiniers, après qu'ils eurent scrupuleusement accompli les devoirs du sauvetage, auraient cru tromper et voler les armateurs du navire, s'ils n'avaient pas encore une fois tenté la fortune, et le capitaine se serait déshonoré aux yeux de son équipage en ordonnant la retraite sous prétexte de deuil. Ils ressaisirent donc promptement, à l'aide d'une gaffe, la ligne de pêche frappée sur le manche du harpon, toujours planté dans le corps de la baleine vivante, et pendant que leurs bras vigoureux halaient ce cordage, notre capitaine, toujours le premier à l'œuvre, s'approcha du cétacé à une longueur d'aviron; là il crut devoir, par mesure de prudence, et avant de se servir de sa lance, étudier les dispositions de l'animal, et s'assurer s'il jouerait encore de la queue ; il s'arma donc du louchet et ordonna aux canotiers de pousser tous à la fois de grands cris et de battre la mer à coups de pelles d'avirons. — Les canotiers obéirent ; un tapage infernal ricocha sur l'Océan; mais l'animal ne s'en émut guère, et ne cessa de caresser la morte ; le chagrin annihilait en lui l'instinct de la conservation,

et il ne paraissait pas se douter de notre retour offensif. — Aussi Faffaire ne traîna-t-elle pas en longueur; la pirogue l'accosta comme si elle accostait une roche et le capitaine lui enfonça sa lance dans le thorax; il l'enfonça jusqu'au manche, la retira et l'enfonça encore.... La pauvre bête ne s'éveilla que lorsqu'un jet de sang fit irruption par ses évents; elle partit alors rapide comme une flèche, s'éloigna à une trentaine de mètres, s'arrêta, plongea, reparut tout près de sa compagne, décrivit deux ou trois cercles autour d'elle en rejetant des masses de sang coagulé, puis, se couchant à ses côtés, elle mourut une nageoire en l'air.

L'agonie des baleines frappées d'un coup mortel n'a pas toujours le même caractère; les unes vendent chèremen t leur vie ; les autres se laissent tuer comme des brebis. Cela tient sans doute à la manière dont on les attaque et à la situation des premières blessures qu'elles reçoivent. Le harpon d'abord et la lance ensuite, transpercent-ils leur poitrine, sans s'émousser sur les côtes? elles perdent aussitôt leur énergie et ne tardent pas à succomber. Les amarre-t-on sur le rable, sur la colonne vertébrale, sur une nageoire ou sur une partie de la queue ? — La lutte devient alors très-

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