‹ Un drame parisien; pièce en cinq actesChapitre 10 sur 81 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

VIGNAL, MORONIS, tenue clTile.

YIGNAL.

Toi, mon cher Armand?

Il lui serre la main.

MORONIS.

Oui, moi, ton vieil ami, et bien heureux de te revoir. (Arec un geste du côté de la porte.) Aurais-tu convorti cello-lâ, par hasard?

VIGNAL

Tu la connais?

MORONIS.

Qui ne connaît Rose Morgan? Qu'est-elle venue faire ici?

VIGNAL, allant vers le guéridon.

Je n'en sais trop rien. Je ne l'avais jamais vue. . . C'est toi qui m'apprends son nom... sa première phrase a été pour louer mon éloquence... la dernière pour se recommander à mes prières.

MORONIS.

Le fait est qu'elle en a besoin en ce moment.

Pourquoi en ce moment plutôt qu'en un autre?

MORONIS.

Parce qu'elle est mêlée à un drame affreux qui me touche de très près.

YIGNAL, Tenant le latt dans la tasse.

Quel drame ?

MORONIS.

La mort du comte de Véran, ^sassiné l'hiver dernier. Je t'ai parlé, dans une lettre, de cette histoire retentissante.

(vignal remue le sacre et boit à petites gorgées.) Elle m'intérOSSe SUr-

tout parce que je lui dois le réveil d'un espoir que je croyais irréalisable.

VIGNAL

Je me souviens en effet : M. de Véran a été trouvé mort chez lui, le front troué d'une balle.

MORONIS.

Oui, et c'est de cet événement que me vient mon bonheur présent, puisqu'il me permet d'épouser la veuve du comte, la seule femme que j'aie jamais aimée I

Celle qu'en m'écrivant tu me désignais sous le nom de Suzanne, (signe amrmatif de Moronis.) Mais OU quoi cette Rose Morgan est-elle mêlée à la mort de M. de Véran?

MORONIS, hésitant.

Elle était... son amie...

VIGNAL, l'arrêtant.

Ahl (pause.) Et d'où viens-tu, toi?

MORONIS, debout, à la cheminée.

J'arrive de Lyon, où, comme tu sais, mon régiment tient garnison. Je suis venu passer quelques jours à Paris^ pour

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