ACTE PREMIER
VIGNAL
L'écrivain ?
MAURET.
Vous m'avez lu, mon Père?
VIGNAL
Je vous ai lu !... Mon élat ne me permet pas de louer l'usage que vous faites de votre talent.
MAURET.
On fait ce qu'on peut.
Cela ne suffît pas monsieur, il faut faire ce qu'on doit ! (pause.) Et vous, madame, avez-vous la foi ?
ROSE
Je vous avouerai, mon Père, que je n'ai guère le loisir de me le demander. Oh ! ce n'est pas faute de bons conseils! Mais» après la mort de mes parents, le goût du plaisir m'a fait oublier leurs enseignements. Et il faudrait un tel effort pour y revenir, de si grands sacrifices... ma vie est si profane...
VIGNAL
Changez-la. Je souhaite que votre présence ici, en ce saint jour, soit le symptôme de votre réconciliation avec Dieu.
ROSE
Voudrait-il m'accueillir?
VIGNAL
Si vous allez à lui d'un cœur contrit et sincère, il vous ouvrira ses bras... sa clémence est infinie!
. . Rom, tréi 6mae, efraie nne lanne.
Des larmes !... (a vignai en souriant.) Voilà, mon Père, l'effet de vos sermons !
VIGNAL
Laissez, monsieur... Heureux ceux qui pleurent!
Il s'arrête en voyant entrer le sacristain.
LE SACRISTAIN
Le capitaine de Moronis demande à voir mon Révérend Père.
VIGNAL
Moronis à Paris !... Qu'il entre !... (le sacristain sort, a Rose.) Je ne vous retiens pas, madame ! Je vous remercie de vos félicitations. Pardonnez-moi de n'y avoir pas mieux répondu. J'ai rempli mon devoir.
ROSE, salaant.
Mon Père... (a Maaret à demi-voix.) On ne m'avait jamais parlé ainsi.
MAURET.
Êtes- vous assez femme!... C'est le coup de foudre!
VIGNAL
Encore un mot, madame ; en traversant l'église, agenouillez-vous et priez.
ROSE, très trooblée.
Je VOUS obéirai, mon Père; mais, vous aussi, priez, priez pour moi.
Elle suit Xauret, ils se croisent sur le seuil, à droite, avec Moronis qui s'écarte pour les laisser passer, les salue et les sait des yeux.