‹ Un drame parisien; pièce en cinq actesChapitre 35 sur 81 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

DALBERT.

L'existence de Véran était au grand jour. Si elle avait eu des dessous, je l'aurais su, moi qui pendant dix ans, ai vécu dans son intimité.

JEANROD.

Et moi donc !... je ne quittais jamais M. le comte... D'ailleurs, il dissimulait si peu.

FONTAL.

Un goût immodéré pour le plaisir. Voilà tout ce qu'on peut lui reprocher.

OLGA, à Gisèle,

Eh bien I il aimait les jolies femmes. Est-ce un crime?

GISÈLE

Et toujours si courtois avec elles.

GÉRARD

L'unanimité de ces éloges ne fait que rendre plus mystérieuses les causes de sa mort, (silence.) Voyons, messieurs, veuillez reprendre à cette table les places que vous occupiez le soir du souper ; vous aussi, mesdames.

U s'assied à droite, près da gre£Ber. Us se placent tous. Olga, à gaucho de la place Tide de Véran. Fontal, à côté d'elle. Lagardie, de l'autre côté, en laissant une place entre celle de Véran et cello qu'il occupe. Dalbert se met en flace d'Olga. Paul Hauret, de l'autre côté. Rose et Gisèle se présentent ensemble pour s'asseoir en face de la place de Véran.

ROSE

Mais, ma chère, vous étiez à côté de Véran.

GISÈLE

Au commencement du souper. Ensuite, c'est vous qui y êtes allé, et moi je suis venue me mettre ici.

DALBERT.

Gisèle a raison.

HAURET.

Mais oui, rappelez-vous.

Gisèle 8*aBsied. Rose, comme à regret, va s'asseoir à la droite de la place vide Yéran. Jeamt)d est debout derrière elle.

GÉRARD, à Roie.

Ah ! VOUS avez changé de place pendant le souper?

ROSE

Ouï, M. de Véran m'a appelée.

GÉRARD

Pourquoi ?

ROSE

Je ne me souviens plus. Sans doute il me trouvait trop loin de lui. U aimait tant à afficher sa passion pour moi.

GÉRARD

Passion très vive en effet... que vous étiez loin de ressentir au même degré I

ROSE

Si les femmes comme moi étaient obligées d'aimer tous ceux qui les aiment... (Rires discrets autour d'elle.) Nous sommes des comédiennes, monsieur, les comédiennes de Tamour, et les hommes les plus épris de nous ne nous demandent que de bien jouer notre rôle. M. de Véran était riche, beau viveur. Il avait une trop grande expérience de la vie, et trop d'esprit surtout, pour attendre autre chose de nous qu'une réciprocité... équitable.

Nouveaux rires.

GÉRARD

N'empêche pas qu'il se croyait adoré I

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