SCÈNE III
ROSE, MAURET, LE SACRISTAIN, pou VIGN AL.
Ayant l'entrée do ce dernier, on entend l'orgue jouer dans l'église les premières mesures de VAlleluia. Cette musique est entendue de loin, en sourdine.
(ROSE, au sacristain.
Le sermon est fini ?
LE SACRISTAIN
Le Révérend Père me suit. Mettez- vous de côté, monsieur et madame : qu'il ne vous voie que lorsque je l'aurai prévenu, (il prend la bouilloire deyant le feu et la met sur le plateau. Rose et Xauret se placent à droite contre le mur. Entre Vignal, la tête à moitié couverte par son capuchon dont il senre d'une main les plis autour de son cou. De l'autre, are^ son mouchoir, il s'essuie le front. Il s'assied, frileux, devant le feu. Le sacristain
reste debout dorant loi.) Mou Révéroud Père u'a-t-il besoîn de rien? Voici le lait I
VIGNAL
De rien, je vous remercie.
LE SACRISTAIN
Une dame est venue demander mon Révérend Père.
TIGNAL.
Vous avez répondu que je ne reçois pas ?
LE SACRISTAIN, désignant Rose.
C'est qu'elle est entrée malgré moi et n'a pas voulu se retirer. Elle est là.
VIGNAL) se levan^ apercjTaat Ros'', très froid.
Vous désirez, madame?...
Le eacrislain sort.
ROSE
Veuillez excuser mon indiscrétion, mon Père. Quelque indigne que je sois d'approcher de vous, je n'ai pu résister au désir de vous exprimer?... Comment dirai-je?... Votre éloquence...
VIGNAL
Mon éloquence n'est rien, madame I Elle ne vaut que par la grandeur des idées qu'elle me permet de traduire et de défendre.
ROSE
Vous êtes trop modeste, mon Père!... Si vos auditeurs n'étaient retenus par la sainteté du lieu où vous parlez... ils battraient des mains !
Ce serait un manque de respect envers la parole divine. La pratiquer vaut mieux que l'applaudir !
HAURET, s'arançant.
Pour la pratiquer il faut croire !
VIGNAL, interrogeant Rose.
Monsieur est de vos amis ?
ROSE, présentant Mauret.
Monsieur Paul Mauret î