PREMIERE PARTIE. 2O
devenir curé dans une paroisse où il y eût des protestants , pour le plaisir de leur dire qu'ils ne sont pas damnés, (pag. i3, r4» 9» 1 13 et suiv.)
Tel est l'impur et absurde fatras , le cours de scepticisme et de panthéisme, que le plus célèbre professeur de l'état , après en avoir , au nom de l'état, saturé pendant vingt ans la jeunesse de toutes les écoles, vient de nouveau, et toujours au nom de l'état, jeter en pâture au communisme, pour lui inspirer le respect de la famille et de la propriété.
C'est de l'eau fangeuse opposée comme digue à une inondation qui monte toujours ; des amas de soufre lancé pour l'éteindre, au foyer de l'incendie.
C'est un tissu de contradictions palpables, de doutes et d'absurdités sans nom , que le représentant le plus officiel de l'enseignement d'état vient présenter à la nation française , comme le triomphe de la vérité , du bon sens et de la vertu.
Serait-ce une sanglante moquerie jetée à la face de ce peuple, pour le punir de s'être fait le serf d'un tel enseignement? ou, ignorant des premières conditions de la vérité et du bon sens , la philosophie serait-elle elle-même encore à la recherche de l'une et de l'autre ?
Dans tous les cas, nous pouvons aider à la solution du problème ; et comme le style de Rousseau est trop poétique, trop enthousiaste, trop métaphysique même pour être bien compris, quoi qu'on en dise, par un philosophe dont le goût prononcé pour le positif abhorre depuis longtemps la poésie et la
fiction, mettons autrement, pour la logique et pour le français de notre temps , la profession de foi du Vicaire savoyard, dans un entretien à l'amiable et sans figures entre l'un et l'autre.