‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 99 sur 162 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

a On a beau vouloir établir la vertu par la raison « seule , quelle solide base peut-on lui donner ? La « vertu, disent-ils, est l'amour de l'ordre. Mais cet « amour peut-il donc et doit-il l'emporter en moi sur « celui de mon bien-être ? Qu'ils me donnent une rai- « son claire et suffisante pour le préférer. » (pag. 72.) Et plus haut : « Les sentiments les plus incontes- « tablement innés sont ïamour de soi, la crainte de « la douleur, V horreur de la mort, le désir du bienêtre. » (pag. 68.) Et encore : « Si la conscience est « l'ouvrage des préjugés, j'ai tort sans doute , et il « n'y a point de morale démontrée ; mais si se prèfè- « rerà tout est un penchant naturel à l'homme , et « si pourtant, le premier sentiment de la justice est « inné dans le cœur humain , que celui qui fait « de l'homme un être simple, lève ces contradictions, « et je ne reconnais plus qu'une substance, (pag.42.)»

Enfin : a Philosophe , tes lois morales sont fort « belles, mais montre-moi de grâce la sanction. Cesse « un moment débattre la campagne, et dis-moi net- « tement ce que tu mets à la place du poul-serrho , » ou l'enfer, (pag. 124.)

Donc, doute, négation , anarchie et scepticisme en morale, comme en dogmes et en croyances , avec toutes leurs conséquences communistes.

Du reste, il dit dès le commencement : « Je con- « sultai les philosophes, je feuilletai leurs livres , « j'examinai leurs diverses opinions ; je les trouvai « tous fiers, affirmatifs , dogmatiques, même dans «1 leur scepticisme prétendu, n'ignorant rien, ne prou-

« vant rien , se moquant les uns des autres ; et ce a point commun à tous me parut le seul sur lequel c ils ont tous raison. Triomphants quand ils attac< quent , ils sont sans vigueur en se défendant. Si « vous pesez les raisons , ils n'en ont que pour dé- « truire ; si vous comptez les voix , chacun est réduit « à la sienne ; ils ne s'accordent que pour disputer.... « Je conçus que l'insuffisance de l'esprit humai* « est la première cause de cette prodigieuse diver- « site de sentiments, et que l'orgueil est la secon- « de. » (pag. iG et 17.)

Et en finissant son exposition la plus dogmatique, il s'exprime ainsi : « Pour être de bonne foi, « je ne me crois pas infaillible : mes opinions, qui me « semblent les plus vraies , sont peut-être autant « de mensonges, car quel homme ne tient pas aux « siennes, et combien d'hommes sont d'accord en « tout? » (pag. 78.)

Quant au prétendu Vicaire savoyard, que tout le monde comprend bien n'être autre que le cynique Genevois dont l'immoralité est devenue proverbiale, on lui fait dire dès le commencement, que, fils de pauvre paysan et destiné à labourer la terre, il n'a voulu faire le métier de prêtre que pour manger, qu'il s'est laissé ordonner sans savoir ce qu'il faisait, par bêtise; qu'il avait bientôt été interdit par un évêque intolérant, à cause de son incontinence publique, défaut qu'il a toujours conservé et entretenu comme vertu de nature; qu'il est revenu à la messe par hypocrisie , et qu'il désirerait

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