‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 108 sur 162 · PREMIÈRE PARTIE. 2l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 2l

que je ne puis raisonner sur des idées que je n'ai pas. Et plus loin : Quand j'entends dire que mon âme est spirituelle et que Dieu est un esprit Je m'indigne contre cet avilissement de V essence divine , comme si Dieu et mon âme étaient de même naturel

l'autre.

Oui, je sais bien que la chose n'est pas si claire, et que , dès que nous posons en principe , vous aussi bien que moi , que Dieu n'a rien pu tirer du néant, mais qu'il a tout tiré de lui-même, et la matière et l'esprit , que la création n'est qu'une extension de son existence à d'autres êtres, comme vous dites si philosophiquement , force nous est bien d'avouer que la matière est divine aussi bien que l'esprit, et que, Dieu étant l'une et l'autre, par conséquent, il n'y a pas entre les deux une bien grande différence. Mais le peuple n'y regarde pas de si près, et lui dire qu'il a une âme, cela ne laisse pas que de le retenir.

l'un.

Mais encore une fois , je ne vois pas en vérité ce que vous trouvez dans ce Dieu-là, ou dans cette âme, qui n'a ni enfer à craindre , ni préceptes positifs à observer, d'inconciliable avec la communauté des biens et des femmes. Tout au contraire , dès que l'essence divine est aussi le fond de la nature de chaque homme et de chaque femme , aussi bien que de chacun des animaux, sur quoi pourriez-vous

2l4 EL COMMUNISME ET SES CAUSES.

vous fonder pour autoriser ou maintenir entre eux une inégalité quelconque ? En vertu de quel principe donneriez-vous aux hommes d'autres lois que celles de la nature et de leur instinct ? Aussi entendez comme, d'un bout à l'autre de sa profession de foi, mon Vicaire proteste contre toutes les lois religieuses et profanes inventées par les hommes, et comme il en appelle sans cesse aux lois de la seule nature, interprétées par la raison de chacun, tout en levant son chapeau aux cultes établis et au mariage, comme le veut la prudence, mais seulement quand on n'est pas le plus fort et qu'on a à craindre les susceptibilités des maris!

l'autre.

D'accord, d'accord; aussi bien en fais-je autant, ainsi que tous les miens ; mais fùt-on même le plus fort, encore faut-il ne pas aller trop vite , et les enfants qui, dès les premiers mois de leur naissance, s'allongent comme des hommes faits, ne sont pas nés viables. Et puis, il faut un apprentissage, une espèce de noviciat pour cette vie de communauté. 11 y a ensuite la morale.... LA MORALE! c'est un grand mot!

l'un.

La morale, la morale! elle est tout entière encore dans la vie de nature. Toute la moralité de nos actions, mon Vicaire le dit en termes exprès, est clans le jugement que nous en portons nous-mê-

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