‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 145 sur 162 · IO · texte numérisé non relu

IO

Ilb LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

titre si certain, qu'aux, termes de toutes les législations, lui seul peut tenir lieu de tous les autres? Cependant, tous ces biens, les titulaires des paroisses et les bénéficiers,et plusétroitement encore , les religieux , chacun en particulier, n'en étaient que les usufruitiers. La propriété n'appartenait qu'aux corporations , à l'Eglise ou à Dieu, comme l'avait solennellement déclaré la nation française dans l'assemblée de Vorms en 8o3, selon M. Baumetz parlant à la Constituante de 89, et comme l'enseignaient les théologiens, les jurisconsultes, et toutes les législations et sacrées et profanes. Tout le superflu des revenus , après les dépenses du culte, de la vie et de l'entretien honnête, ecclésiastique ou religieux des possesseurs, appartenait aux pauvres; et les bénéficiers, ou les religieux, ne pouvaient, sous peine de restitution , ou au moins de péché mortel et de salut, leur donner une autre destination. « Nous défendons absolument, dit un décret « du concile œcuménique de Trente , aux évêques « et à tous les bénéficiers, quel que soit leur degré , « et aux cardinaux même de la sainte Église romaine, « de disposer des revenus de l'Eglise et des biens « ecclésiastiques, pour enrichirleurs parents ou leurs « amis , attendu que les canons mêmes des apôtres « défendent que ces biens, étant consacrés et apte partenant d'une manière spéciale à Dieu , soient « employés à d'autres usages qu'au soulagement des « pauvres. »(r)

(1) « Omnino enim cis inlerdicit {tpiscopis sancta ôynodus),

De nombreux conciles , allant plus loin encore pour les biens des hospices , les placent d'une manière toute spéciale sous la garde et la surveillance des évêques, et frappent d'excommunication quiconque les détourne de leur destination , les retient, ou porte sur eux une main injuste et homicide.

Par les revenus de ces biens subsistaient donc plus de quinze cent mille personnes, un nombre incalculable de malades et d'infirmes ; le culte, les églises , les collèges, les écoles et les hospices, étaient entretenus ; plus de cent mille écoliers étaientsecourus, élevés, formés aux bonnes mœurs, aux sciences et aux lettres ; l'instruction la plus étendue , la plus morale, la plus variée, était gratuitement et également donnée à l'enfance et à toute la jeunesse française ; et du superflu vivaient encore, et les orphelins, et les veuves sans fortune, et un grand nombre d'artistes, et une foule d'infortunés, qui, quoi que l'on fasse , se rencontrent toujours dans les sociétés les mieux réglées, (i)

« ne ex reditibus Ecclesix , consanguineos Jamiliaresve suos «■ augere studeant ; cum et Apostolorum canones prohibeant ne « res ecclesiasticas , qux Dei sunt , consanguineis douent ; sed « si pauperes sint, eis ut pauperibus distribuant. Qux vero de « episcopis dicta sunt, eadem non solum in quibusctinque ec- « c/esiastica bénéficia , tam sxcularia quant regularia obtinen- " tibus , pro gradu sux conditionis observari, sed etiam ad S. « E. R. Cardinales pertinere decernit. » {Sess. 25, c. 1 , de Jîeformatione.)

(1) En 1777 , dit Louis Blanc , à la suite de disettes successives, on compta jusqu'à un million deux cent mille mendiants. {Hist. de la Révolution, pag. 489.) En 1848 , après trente années de paix

Bien d'autres avantages résultaient encore de ces admirables institutions. La population, retenue dans de justes bornes et sans porteraucune atteinte

et d'abondance , M. Roux Lavergne, membre de l'Assemblée nationale, écrit à ses commettants: « Au moment où j'écris ces li- « gnes, il y a à Paris 220,000 personnes dénuées de tout, qui re- - coivent de la ville un secours dont le maximum est de 16 centi- « mes par jour. D'instant en instant, la liste se grossit. Dans la « banlieue, on compte déjà 40,000 indigents. 100,000 personnes » meurent littéralement de faim dans le département de la Seine- « Inférieure. Ces chiffres sont officiels. Nous ne nous arrêterons « point dans cette voie. Ceux qui ont sondé cette plaie nous aver- « tissent qu'avant deux mois, nous aurons à faire vivre d'aumônes

« six millions d'individus On donnera en pure perte beaucoup

« plus qu'il ne faudrait donner , si au lieu de céder à la force , on « était dirigé par les inspirations de la fraternité chrétienne. Nous « travaillerons ainsi de plus en plus à une grande, à une éclatante « démonstration par l'absurde de la vérité catholique. Il n'est plus « nécessaire maintenant de recourir à des preuves directes , afin « d'établir les bons résultats sociaux de la mise en œuvre volontaire « des conseils évangéliques ; la vie religieuse et les institutions mo- « nastiques n'ont plus besoin d'apologies » (Univers, 16 octobre 1848.)

« Il y eut toujours en Angleterre , dit aussi Cobett , deux quarts « au moins du produit annuel du bénéfice réservé pour les indi- « gents et pour les réparations , ainsi que pour les ornements de « l'Église. Ainsi, le soulagement des pauvres devint un des grands « devoirs et une des premières coutumes de l'Lglise. Avant son » établissement, les propriétaires étaient chargés de remplir ce de- ■ voir. Ils devaient nécessairement l'être , car , ainsi que Blacks- « tone l'observe, « l'indigent a le droit de demander à la [ « la plus opulente de la communauté de quoi fournir à ses besoin ;

« C'est UN DROIT DICTÉ PAR LIS PHINCIPBS DE LA S>>C1) l

« Cette tâche ne pouvait être confiée plus convenablement qu'aux « prêtres, car en remplissant leurs devoirs envers Dieu, ils aceom- « plissaient l'œuvre de charité : ils donnaient à manger à ceux (;ui avaient faim , et des vêtements à ceux qui étaient nus; ils 8

aux lois de la nature, par ce grand nombre de personnes librement et saintement consacrées au célibat, n'avait point à subir ces crues soudaines et impétueuses, qui, tous les quarts de siècle, viennent jeter tant de perturbation dans la concurrence des états et des professions, et par elle, dans la société tout entière. Les meilleures familles y trouvaient un établissement honorable pour une partie de leurs membres , et pour l'autre , dans les partages , un bien moins considérable fractionnement ; tandis que les individus des familles pauvres ou déchues pouvaient y trouver, et pour eux, et souvent pour elles, un moyen légitime de réhabilitation, un champ d'honneur toujours ouvert , un rendez-vous d'égalité, un fonds inépuisable de charité, de travail et de gloire. L'état lui-même, dans ses grandes épreuves financières, et les peuples , dans les grandes calamités, tous les monuments de notre histoire l'attestent, y recouraient comme à un secours puissant , comme à une source de dévouements généreux, qui ne tarissait jamais, quels que fussent les

« taient les malades, consolaient la veuve et étaient l'appui de l'or- « phelin. C'est ainsi que la main sure , charitable et impartiale d'un « homme dont la résidence était flxe, qui n'avait point de famille, « et qui était chargé d'administrer des secours corporels et spiri- « tuels aux pauvres, aux malheureux et aux étrangers, futsubsti-

« tuée à la charité précaire et capricieuse du riche Mais depuis

« le protestantisme, pauper ubique jacet , comme disait la reine " Elisabeth ; et on a calculé que près de la moitié de la population de « l'Angleterre se trouvait à la charge de l'autre, pour la subsistan- « ce. » {Lettres sur la Réforme, pag. 30, 81 et 379.)

besoins de la patrie, (i) Y eut-il jamais, sous tous ces nouveaux rapports , propriétés plus sociales , plus patriotiques, plus inaliénables?

Or, toutes ces propriétés, tout ce patrimoine des pauvres fut mis à la disposition de l'état par une partie de la bourgeoisie et de la noblesse de 89. 568 voix contre 34b* décrétèrent cette immense spoliation; une majorité de 200 voix, sans mandat de personne, suffit pour jeter, comme une vile proie, à la voracité des gens de loi et des capitalistes, les fondations , les richesses que quinze siècles de foi et de charité avaient constituées et amassées pour le soulagement des pauvres, et comme un colossal amortissement destiné à ramener sans cesse à l'égalité et à maintenir partout au pair les saints rapports de la fraternité.

« L'assemblée nationale , » dit cette inconcevable loi , fondement et appât toujours subsistant du communisme , « décrète, i° que tous les biens ec- « clésiastiques sont à la disposition de la nation , à « la charge de pourvoir d'une manière convenable « aux fiais du culte, à V entretien de ses ministres

(1) On s'est très-faussement persuadé que les biens ecclésiastiques et religieux ne payaient point d'impôts. Rien n'est plus faux. Ils étaient soumis aux décimes ordinaires, aux décimes extraordinaires, aux dons gratuits , sans compter l'impôt de la taille , qui . dans certaines provinces , frappaient les biens ecclésiastiques ruraux, aussi bien que ceux des laïques; et les uns et les autres de ces impôts se comptaient par millions. Le clergé de Toulouse et celui de Briançon demandèrent en vain de ne pas payer tout à la fois et les décimes et la taille pour leurs biens ruraux ; leur demande fut rejetée. Ils remboursaient , d'ailleurs , aux marchands, sur le pied

SECONDE PARTIE. u3l

« et au soulagement des pauvres, sous la survente lance et d'après les instructions des provinces ; « 2° que, dans les dispositions à faire pour subvenir « à l'entretien des ministres de la religion , il ne « pourra être assuré à la dotation d'aucune cure « moins de douze cents livres par année, non cora- « pris le logement et les jardins en dépendants. »

Des décrets semblables assignèrent des pensions moins fortes aux religieux et aux religieuses, tout en les rendant incapables d'hériter civilement de successions quelconques. {Décret du 18 , 19 et 20 février 1790.)

Ainsi l'état, tout en disposant, comme lui appartenant en propre , des biens du clergé , proclamait qu'ils n'étaient^point à lui et quelle était leur destination ; et en les vendant à vil prix au profit des 568 constituants et de leurs créatures (1), il grevait les citoyens étrangers à la spoliation de tout ce que devaient coûter, et les frais du culte, et V entretien de ses ministres, et le soulagement des pauvres, et un peu plus tard , les hospices et l'instruction publique et privée. Il proclamait que le

d'égalité le plus parfait , la part d'impôt indirect qui frappait les objets divers qu'ils achetaient.

(1) La chose se passa de même en Angleterre. « En se rendant « chef suprême de l'Église, dit Cobett , Henri VIII , qui avait à ses « ordres la potence et les bourreaux, se rendit en même temps « maître de tous les biens de l'Église, et même de ceux des monas- « tères. Les courtisans et les conseillers du monarque pressentirent « aussitôt les suites de cet événement ; et comme on prévit qu'une « confiscation en masse ne tarderait pas à avoir lieu , le parlement « crut ne pas devoir rester en arrière pour seconder de si nobles

service de toutes ces nécessités sociales ne devait pas être de sa part un service arbitrairement salarié, une subvention facultative, mais une dette publique, solennelle, la faible indemnité d'une immense spoliation.

Cependant, une fois maître des propriétés de l'Église et des ordres religieux qu'elle avait enfantés pour faire gratuitement ce service, l'état, ouïes majorités voltairienn.es qui en prenaient le nom, ne s'arrêtèrent pas dans ces voies de vandalisme et de destruction. Une constitution civile du clergé et un serment contraire à la conscience catholique, furent bientôt, — et malgré la liberté de conscience jurée et proclamée , comme le premier et le plus imprescriptible des droits de l'homme et du citoyen , — imaginés et imposés pour se délivrer des engagements solennellement contractés envers la religion, pour les frais de son culte et l'entretien de ses ministres. Non-seulement, en refusant le serment impie, ils perdirent tout droit à la faible part d'indemnité qui leur avait été faite , mais ils furent poursuivis , emprisonnés , déportés , traînés par milliers sur les échafauds; le culte fut aboli , la religion proscrite comme un crime de lèse-nation. Rien n'est lourd à soutenir par les spoliateurs comme la vue de leurs victimes.

Vinrent bientôt après la destruction et la spoliation de toutes les corporations séculières, et,

« desseins , chacun de ses membres espérant avoir sa bonne part » du pillage. » (Lettres sur la Informe, IIe, pag. 37.)

siastiques et laïques , qui continuaient encore le service des collèges, des écoles et des hospices.

« Considérant , dit l'assemblée nationale (18 août a 1792), qu'un état vraiment libre ne doit souffrir « dans son sein aucune corporation , pas même « celles qui , vouées à l'enseignement public, ont a bien mérité de la patrie..., décrète ce qui suit: »

« Art. 1. Les corporations connues en France « sous le nom de congrégations séculières ecclésias- « tiques , telles que celles des Prêtres de l'Oratoire « de Jésus, de la Doctrine chrétienne, de la Mission « de France ou de saint Lazare , des Eudistes , de « Saint-Joseph, de Saint-Sulpice , de Saint-Nicolas « du Chardonnet, du Saint-Esprit, des Missions du « clergé, etc.. ; la congrégation de Provence , les « sociétés de Sorbonne et de Navarre; les congré- « gâtions laïques, telles que celles des Frères de « l'école chrétienne , des Ermites du Mont-Valé- « rien..., de tous les autres frères ermites isolés, « ou réunis en congrégation, des Frères tailleurs, « des Frères cordonniers ; les congrégations des fil— a les , telles que celles de la Sagessse, des écoles « chrétiennes...., de la Providence, des Filles delà « Croix, les Sœurs de Saint-Charles, les Filles du bon « Pasteur, les Filles de la propagation de la Foi, « celles de Notre-Dame de la Garde, les Dames noi- « res, celles de Fourquevaux , et généralement tou- « tes les corporations religieuses et congrégations « séculières d'hommes et de femmes, ecclésiastiques « ou laïques , même celles uniquement vouées au

« service des hôpitaux et au soulagement des malau des, sous quelque dénomination qu'elles existent a en France, soit qu'elles ne comprennent qu'une o seule maison, soit qu'elles en comprennent plu- « sieurs, ensemble les familiarités, confréries, les « pénitents de toutes couleurs, les pèlerins, et tou- « tes autres associations de piété ou de charité, sont « éteintes et supprimées , à dater du jour de la pu- « blication du présent décret. »

Et dans le tittre II. « Art. i. Les biens formant a la dotation des corporations connues en France « sous le nom de Congrégations séculières , ecclé- « siastiques ou laïques , d'hommes ou de femmes , « sous quelque dénomination qu'elles existent, soit « qu'elles ne comprennent qu'une seule maison, « soit qu'elles en comprennent plusieurs , même « des ermites qui vivent seuls ; ceux des sèminai- « res-colléges et des collèges , des bourses et des «fondations desservies par les congrégations, ou « dont elles jouissaient à quelque titre que ce fût, a ensemble les biens dépendant des familiarités , « confréries , pénitents de toutes les couleurs , des « pèlerins , et de toutes autres associations de « piété ou de charité , dénommées ou non dénom- « mèes dans l'art. ier du titre ier du présent décret, « seront dès à présent administrés, et les immeubles « réels vendus, dans la même forme et aux mêmes « conditions que les autres domaines nationaux , a sauf les exceptions et les modifications ci-apres a énoncées.»

SECONDE PARTIE. ^j

« Art. 2. Demeurent réservés de l'aliénation, jusce qu'à ce que le corps législatif ait prononcé sur l'or- « ganisation de l'instruction publique, les bâtiments o et jardins à l'usage des collèges encore ouverts en « 1789, quoique faisant partie des biens propres « des congrégations supprimées. »

« Art. 3. Toutes ventes d'immeubles réels des « congrégations et associations supprimées, ou ap- « partenant aux séminaires desservis par elles, des « séminaires-collèges et collèges, faites jusqu'à préce sent dans les formes prescrites pour la vente des « biens nationaux, sont validées parle présent dé- « cret, à l'exception néanmoins de celle des objets « réservés par l'art. 2. »

D'autres décrets à la^uite fixent un taux de secours, une fois donné, à chacun des membres de ces associations, ou une pension à raison de leurs années de service au-dessus de cinq ans , et dont le minimum descend à 100 francs pour les uns, 3oo francs pour les autres, et le maximum monte à 900 francs et à 1200 francs, selon les catégories.

Dans les congrégations de filles astreintes à des dots, les membres qui justifieront les avoir acquittées jouiront du traitement entier des religieuses, mais elles ne pourront répéter le remboursement de ladite dot.

Tous, à l'exception des femmes, sont soumis, outre le serment schismatique pour ceux qui y sont tenus, à prêter devant la municipalité celui d'être fidèle a la nation , de maintenir la liberté et

l'égalité, de mourir en les défendant, et à rapporter F extrait de cette prestation au receveur, avant de pouvoir toucher le premier terme de leur traitement. On condamna plus tard à la déportation tous ceux qui refusèrent de se soumettre à cette tyrannie.

Certes, la spoliation est patente, manifeste. Examinons si les raisons qui en furent données par le? communistes de ce temps-là ont quelque rapport avec celles données par ceux du nôtre, et si le? écrivains qui approuvèrent et justifièrent les communistes d'autrefois doivent être bien reçus , à moins qu'ils ne se rétractent , à combattre ou à réfuter ceux d'aujourd'hui.

« Les individus existent avant la loi,» dit le célèbre Thouret, développant l'argument de l'évêque piedbot , Talleyrand; « ils ont des droits que la loi « protège et assure: c'est le droit de propriété. Les v corps n'existent que par la loi , et n'ont aucun « droit réel par eux-mêmes. »

Ainsi , tous les droits que confèrent les lois n'ont rien de réel, et ce que les lois ont établi , d'autres lois peuvent le détruire; or, tous les droits de propriété existants actuellement, sont conférés par les lois, sont le résultat des lois sur les partages, sur les contrats, sur les donations et les ventes ; donc, une autre loi peut les anéantir. Proudhon , les saints-simoniens et tous les communistes disent-ils autre chose?

Et quand le perspicace orateur affirme que les

SECONDE PARTIE. ^-j

individus précèdent la loi, et que les associations la suivent, ce qui ne fait rien, absolument rien à la question, il dit encore une absurdité palpable. Car les individus qui composent les familles et les associations religieuses, sont tout aussi antérieurs à la loi civile que les individus qui composent les familles civiles et les associations nationales, et ils ont tout autant qu'eux et beaucoup plus , comme tels , le droit naturel et inaliénable de s'associer et de posséder au titre qui leur convient. Il y a plus : c'est si peu la loi civile qui les associe , qu'elle ne reconnaît et ne peut reconnaître leurs associations que quand déjà elles existent.

L'éloquent représentant ajoute que le décret qui mettra les biens du clergé entre les mains de la nation , importe à l'intérêt social sous deux points de vue: i° avantages publics pour les fonds de terre ; 2° avantages publics pour les corps eux-mêmes ; et il finit par l'axiome du plus fort à l'usage de tous les spoliateurs : l'intérêt national est au-dessus de toutes les règles. Et qu'est-ce que tout cela fait à la justice et au droit de propriété? et quel est le communiste qui n'en puisse dire et qui n'en dise autant de toutes les propriétés?

M. Dupont, autre notabilité de l'époque, après avoir répété les mêmes arguments, triomphe avec celui-ci : « Nous avons supprimé le clergé comme « corps : donc, ses biens sont à nous. »

C'est exactement le raisonnement que faisaientdéjà, dans une parabole de l'Évangile, les communistes

a 38 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

de ce temps-là : a Voici le fils, l'héritier; tuons-le, et l'héritage sera à nous. » Et quel est donc le communiste, parmi les plus rouges, qui ne répète le même refrain : Supprimons la bourgeoisie ; à bas la bourgeoisie ! pour arriver à la même conséquence: donc , ses biens sont à la nation , à F état , c'està-dire, à nous.

M. Garât, jeune, est de la même force : « Le clergé « n a jamais eu la libre propriété des biens dont il a jouit ; la loi y a toujours mis certaines condi- « tions : donc, cette propriété n'existe pas, et ces « biens sont à la nation. Or, comme il n'y a aucune « propriété dans les sociétés civiles qui soit libre « en ce sens, et que toutes sont réglées et détermi- « nées par les lois, donc, toutes les propriétés sont « à l'état. »

Arrive enfin l'orateur tout-puissant, celui que T Avant-moniteur appelle M. deMirabeau, l'aisé, et qu'il assure avoir rempli la promesse qu'il avait faite de traiter, dans toute son étendue, la matière des fondations.

« Ces fondations, dit-il, ou viennent des rois, « ou viennent des agrégations politiques, ou vien- « nent des particuliers : — donations des rois : «donc, elles viennent de leur domaine; mais le « domaine des rois est à l'état, à la nation : donc, « ces biens sont à la nation ; — donations des « agrégations politiques : mais les agrégations po- « litiques ne sont point elles-mêmes propriétaires, « puisque nous contestons qu'elles le soient: donc, « ce qu'elles ont donné est à la nation. »

« — Donations de particuliers : mais les particu- « liers devaient savoir que la nation, qui n'a jamais « consacré le droit de propriété du clergé (quoique * toutes les lois le supposent, le règlent et le gâte rantissent), avait le droit de rendre toutes les cor- « porations particulières , incapables d'en jouir. « Donc, ces donations sont à la nation. Ce qui est « d'autant plus clair que, les bénéfices étant suppri- « mes , le gouvernement n'y nommera plus per- « sonne et perdra ce moyen de corruption. » (i)

Et montons au Capitole. Quel orateur! quelle puissance de logique! quelle profondeur de vues! comme il a pénétré jusqu'aux entrailles de la question ! Pour comprendre toute la faiblesse de ces raisons , il suffit de les ^retourner contre la vente même des biens nationaux, et contre toutes les propriétés en général , et de dire :

Mais c'est le roi ou le pouvoir exécutif qui a fait vendre ces biens, et ces biens venaient d'être réunis au domaine de la nation. Ils lui appartenaient par là bien plus étroitement que ceux du domaine privé des rois ou des princes : donc, la vente qui en a été faite est nulle; donc, ils appartiennent toujours à la nation , qui peut les reprendre quand elle voudra.

Mais la nation elle-même est une agrégation politique , et les agrégations politiques ne peuvent

(1) Toutes ces raisons sont extraites mot pour mot, à peu près, de Y Avant-Moniteur, pag. cxliv — cliu. et il n'y en eut pas d'autres de données.

24o LE COMMUNISME ET SES C A. OSES.

pas être propriétaires : donc , la nation n'a ni pu posséder les biens ecclésiastiques, ni pu les vendre; donc, ces biens ne sont à personne, mais à tous.

Mais les particuliers devaient savoir que la nation qui n'a jamais consacré le droit de propriété libre à personne, mais qui l'a toujours restreint et réglé par des lois, avait le droit de faire ces lois autrement, et d'empêcher même qui que ce soit d'avoir des propriétés particulières. Donc, toutes les propriétés particulières sont à la nation. Ce qui est d'autant plus clair que personne ne possédant plus rien en particulier, il n'y aura plus moyen pour les propriétaires de corrompre et de conspirer.

Ainsi , la révolution , comme le disait Cobbett de la Réforme, qui en était le principe, « a dépouillé « la classe ouvrière de son patrimoine; elle lui a « enlevé ce que la nature et la religion lui avaient « assigné; elle l'a privée d'un secours qui lui ap- « partenait par un droit imprescriptible que les lois « divines et humaines avaient confirmé. Elle a éta- « bli, à la place de ce droit, un système qui tend à « créer une haine continuelle entre les pauvres et « les riches, au lieu de les unir, ainsi que le faisait « le système catholique, par les liens de la charité « chrétienne. » {Lett. sur la Rcfor. IF.)

Donc, impossible de le contester, les pères des communistes de 1848, pères mille fois plus coupables que leurs fils, ce sont les 5G8 nobles ou boni* geois, représentants de 8g , qui ont voté les lois spoliatrices des biens du clergé et des pauvres

Raisonnements, décrets, ventes, achats , actes de tout genre, tous exemples parfaits de communisme, voilà ce qu'ils ont légué à leurs successeurs.

Et cependant, la spoliation ne s' arrêta pas là. En vain la conscience publique protesta par son inertie, et refusa de se rendre complice de tant de vols sacrilèges. Les digues une fois rompues , le fleuve déchaîné et grossi par les flots d'apostasie et d'athéisme qui débordaient de toutes parts, ne connut plus de bornes. La confiscation fut rétablie et jetée comme un immense filet sur des classes entières de citoyens, sur leurs biens acquis ou à échoir pendant un demi-siècle. La noblesse fournit à son tour des milliards de biens nationaux.'Les vases sacrés, les reliquaires d'or*et d'argent, les riches chasubles, tous les ornements des églises, et jusqu'aux cloches et aux églises même , furent décrétés propriétés nationales, et vinrent à la Monnaie faire concurrence aux milliards d'assignats fabriqués chaque jour. Mille outrages, mille vexations, des tyrannies inouïes, furent imaginés sous le nom de lois, pour forcer les masses populaires à devenir complices, et les exactions au. maximum, les emprunts forcés, les réquisitions sous toutes les formes, la guillotine en permanence , se ruèrent sur toutes les familles de propriétaires et de marchands , comme sur une proie facile.

Or, tous ces excès , toutes ces spoliations de Vandales, qui les a commis? Tous ces exemples de vols légaux, qui les a donnés? Toute cette philoso-

phie, toute cette éloquence du pillage et du meurtre, qui les a enseignées? Cette législation communiste, qui l'a portée, qui l'a sanctionnée? l'état, l'état de 89, l'état de 92, l'état de 93. Ce communisme hideux, barbare, qui en a hérité, qui en a recueilli les débris ensanglantés, qui en a conservé et continué les enseignements , même après le refroidissement de la lave ? tous les états qui ont suivi : et le consulat, et l'empire, et la restauration, et la révolution de j83o.

Les biens de l'Église échappés au pillage, ou reconstitués par la piété des fidèles , le calice même dans lequel le prêtre célèbre les saints mystères, l'état impérial, l'état Louis-Philippe ne les a-t-il pas déclarés siens? N'est-ce pas lui, l'état, qui, de nos jours encore, a démoli l'archevêché de Paris, jeté au vent sa bibliothèque, et fait vendre aux enchères publiques les calices et les ornements que la fureur populaire avait respectés? N'est-ce pas ce même état, les écrivains subventionnés par cet état, ses créatures et ses soutiens, qui n'ont voulu et no veulent voir encore dans la faible indemnité accordée au clergé pour ses biens vendus, qu'un ignoble salaire, révocable à volonté , malgré les lois elles-mêmes de 89, malgré les stipulations du Concordat?

Et les hospices , les fondations particulières pour les pauvres des paroisses, sauvés ou reconstitués avec tant de peine par la piété des fidèles et les sacrifices généreux des communes, qui les a

SECONDE PARTIE. 2i|3

de nouveau replacés dans son domaine, soumis à son tyrannique arbitraire? Qui en a chassé les corporations religieuses et les administrations gratuites, pour les livrer, comme une curée, à des nuées d'employés salariés sur les revenus des pauvres? L'état encore, l'état-Louis-Philippe surtout.

Qui a loué , approuvé , enseigné , de nouveau toutes ces doctrines, tous ces exemples communistes donnés par l'état depuis 89 , jusqu'à nos jours? Qui les a propagés en Espagne et en Suisse? Les ministres de Louis-Philippe , les écrivains les plus officiels, les plus vantés, de l'état Louis-Philippe.

« On avait aboli la féodalité, dit M. Thiers (Hist. de « la Rèvol. tom. 1. pag. 187. 1 ie édit.); mais il res- « tait encore à prendre une dernière mesure pour « détruire ces grands corps, qui avaient été des en- « nemis constitués dans l'état contre l'état. Le clergé « possédait d'immenses propriétés. Il les avait re- « eues des princes à titre de gratifications féodales » (dans ce cas, la féodalité abolie, ces propriétés, comme celles possédées à titre semblable par d'autres citoyens , rentraient dans la catégorie commune), « ou des fidèles à titre de legs. Si les pro- « priétés des individus , fruit et but du travail, de- « l'aient être respectées, celles qui avaient été don- « nées à des corps pour un certain objet ( toutes « celles aussi qui ne venaient que par héritage ou « donation), pouvaient recevoir de la loi une autre « destination. C'était pour le service de la religion

« qu'elles avaient été données, ou du moins sous ce « prétexte; or, la religion étant un service public, « la loi pouvait régler le moyen d'y subvenir d'une « manière toute différente. L'abbé Maury déploya sa « faconde imperturbable ; il sonna V alarme chez les « propriétaires, les menaça d'un envahissement pro- « chain , et prétendit qu'on sacrifiait les provinces « aux agioteurs de la capitale..., comme si la pro- « vince ne gagnait pas au contraire à une nouvelle « division de ces immenses terres réservées jusqua-

« lors AU LUXE DE QUELQUES ECCLESIASTIQUES OISIFS.

« Tous les efforts furent inutiles. L'évêque d'Autun « (le fameuxTalleyrand), auteur delà proposition, et a le député Thouret, détruisirent ces vains sophis- « mes. Déjà on allait décréter que les biens de clergé « appartenaient à l'état; néanmoins, les opposants « insistaient encore sur la question de propriété. « On leur répondait que, fussent-ils propriétaires,

« ON POUVAIT SE SERVIR DE LEURS RIENS, puisque SOU-

« vent ces biens avaient été employés dans des cas « urgents au service de l'état. (Donc, fùt-on pro- « priétaire, l'état peut s'emparer de vos biens ; est- « ce que les communistes disent autre chose?) Ils « ne le niaient point. Profitant alors de leur aveu, « Mirabeau proposa de changer ce mot appartien- « nent en cet autre : sont à la disposition de l'état, n et la discussion fut terminée sur-le-champ à une « grande majorité. »

Ainsi, la ruse et la fraude se joignirent à la violence pour obtenir une majorité nominale, et le

clergé fut bien réellement reconnu propriétaire, dans la loi même qui servit de base à la spoliation. C'est bien comme une indemnité quelconque qu'un traitement de 1,200 livres au moins fut accordé aux curés, outre le jardin et le presbytère, et une pension aux autres membres du clergé.

« L'assemblée détruisit ainsi la redoutable puis-

« SANCE DU CLERGÉ , LE LUXE DES GRANDS DE L'ORDRE , « ET SE MÉNAGEA CES IMMENSES RESSOURCES FINANCIÈ- « RES, QUI FIRENT SI LONGTEMPS SUBSISTER LA RÉVOLU-

a tion. » Quel appât, quels motifs puissants pour le communisme, contre la bourgeoisie, sa puissance, son luxe , et pour donner de quoi vivre longtemps à la république socialiste! M. Thiers, quand il écrivait ces lignes, avait-ri une voiture à huit chevaux et deux autres voitures de suite pour ses voyages ? « En même temps, continue-t-il, l'assemblée assu- « rait l'existence des curés (pour quelques mois), en k décrétant que leurs appointements ne pourraient « pas être moindres de douze cents francs, et elle y « ajoutait en outre \& jouissance d'une maison curiale « et d'un jardin. Elle déclarait ne plus reconnaître « les vœux religieux, et rendait la liberté à tous les

a Cloîtrés y EN LAISSANT TOUTEFOIS A CEUX QUI LE VOU- « DRAIENT, LA FACULTÉ DE CONTINUER LA VIE MONASTI-

« que;» (ce qui n'a pas empêché M. Thiers , dans un certain ordre du jour motivé, de prétendre que cette loi même de l'assemblée interdisait absolument toute faculté semblable.) «Et comme LEURS biens étaient « SUPPRIMÉS (remarquez l'expression), elle y sup-

« pléait par des pensions. Poussant même la pré- « voyance plus loin encore ( quelle bonté !) elle « établissait une différence (de 200 francs) entre les « ordres riches et les ordres mendiants, et propor- « tionnait le traitement des uns et des autres à « leur ancien état , » pourvu que préalablement les uns et les autres y renonçassent en rentrant dans le monde, sans cesser pourtant d'être incapables de succéder, ou de recevoir par donation entre vifs, mtre chose que des pensions viagères. (Loi des 19 et 20 février 1790. )

« Elle fit de même pour les pensions; et lorsque « le janséniste Camus, voulant revenir à la simpli- « cité évangélique, proposa de réduire toutes les « pensions à un même taux infiniment modique, « l'assemblée, sur l'avis de Mirabeau, les réduisit « proportionnellement à leur valeur actuelle , et « convenablement à l'ancien état des pensionnai- « res. On ne pouvait donc pousser plus loin le iné- « nagement des habitudes, et c'est en cela, que « consiste LE VÉRITABLE RESPECT DE LA PRO- « PRIÉTÉ. » (Hist. de la Rcvol. lom. 1. pag. 187 et wiv.)

Qu'est-ce que le principe communiste de l'impôt progressif près de celui-ci, et que renferment donc de contraire a ce véritable respect de la propriété tous les projets socialistes?

Mais écoutons le jugement du même historien sur toutes les violences et sur toutes les pilleries de la Convention : « L'emprunt forcé ou volontaire ,

« d'après le projet de Cambon, devait faire rentrer « un milliard d'assignats qui seraien t brûlés. Il devai t « en rentrer en outre, par les contributions arrié* « rées , 700 millions , dont 558 millions en assi- « gnats royaux déjà démonétisés et reçus seulement « pour le payement des impôts.... En supposant, « ce qui était probable, que la faculté de changer « les inscriptions de la dette en biens nationaux « amènerait de nouvelles acquisitions , on pouvait , « par cette voie, faire rentrer peut-être (encore) 5 à i: 600 millions..., et après la victoire, réaliser le reste « des biens nationaux , reste qui était considéra- « ble , et qui s'augmentait chaque jour par l'émi- « gration» de tous ceux qui, vu la loi des suspects, préféraient perdre leu»s biens et sauver leur tête.

« Le mode d'exécution de cet emprunt forcé « était de sa nature prompt et nécessairement arec bitraire. Comment évaluer les fortunes sans er- « reur , sans injustice, même à des époques de « calme, en prenant le temps nécessaire, et en con- « sultant toutes les probabilités. Or , ce qui n'est « pas possible , même avec les circonstances les plus « propices, devait l'être bien moins encore dans un « temps de violence et de précipitation. Mais lors- « qu'on était obligé de troubler tant d'existences, « de frapper tant de têtes , pouvait-on s'inquiéter « beaucoup d'une méprise sur les fortunes et de « quelques inexactitudes de répartition ? On insti- « tua donc, pour l'emprunt forcé, comme pour les « réquisitions, une espèce de dictature, et on l'attri-

i>48 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

« bua aux communes. Chaque individu était oblige « de déclarer l'état de ses revenus- Dans chaque comte mune, le conseil général nommait des vérificateurs; ;< ces vérificateurs décidaient, d'après leurs connais- « sances des localités, si les déclarations étaient vrai- « semblables;et s'ils les supposaient fausses ,ils avaient « le droit de les porter au double. Dans le revenu de « chaque famille , il était prélevé 1,000 francs par « individu, mari , femme et enfants ; tout ce qui ex- « cédait constituait le revenu superflu, et , comme « tel, imposable. De 1,000 francs à 10,000 francs « de revenu imposable, la taxe était d'un dixième: « 1,000 francs de superflu payaient 100 francs; 2,000 « francs de superflu payaient 200 francs, et ainsi de « suite. Tout revenu superflu excédant 10,000 francs « était imposé d'une somme égale à sa valeur. De ;< cette manière, toute famille qui, outre les 1,000 « francs accordés par individu et les 10,000 de suce perflu frappés d'un dixième , jouissait encore d'un « revenu supérieur, devait donner à l'emprunt tout « cet excédant... Prendre une année de superflu à « toutes les classes opulentes, n'était certainement « pas une si grande rigueur, lorsque tant d'indivi- « dus allaient expirer sur les champs de bataille; « et cette somme que, du reste , on aurait pu pren- « dre sans condition , comme taxe indispensable de « guerre, on l'échangeait contre un titre républi- « cain , conversible, ou en rentes sur l'état, ou en k portions de biens nationaux. »

« Cette grande opération consistait donc à tirer

SECONDE PARTIE. l[\Cj

« de la circulation un milliard d'assignats, en le pre- « nant aux riches... De cette manière, on les obligeait « à devenir acquéreurs de biens nationaux, ou du « moins à fournir la même somme d'assignats qu'ils « auraient fournie, s'ils l'étaient devenus. »

« A ces mesures destinées à soutenir le papier- « monnaie, on en joignit d'autres encore...: on dé- « créta l'abolition de la compagnie d'assurance à « vie , de la compagnie de la classe d'escompte , de « toutes celles enfin dont le fonds consistait en ac- « tions au porteur, en effets négociables, en inscrip- « tions sur un livre et transmissibles à volonté. On « ordonna un prompt rapport sur la compagnie « des Indes , qui, par son importance, exigeait un « examen particulier, pn ne pouvait pas empêcher « l'existence des lettres de change sur l'étranger , « mais on déclara traîtres à la patrie les Français qui ce plaçaient leurs fonds sur les banques ou comptoirs « des pays avec lesquels la république était en guerre. « Enfin , on eut recours à de nouvelles sévérités con- « tre le numéraire et le commerce qui s'en faisait. a Déjà on avait puni de six ans de gêne quiconque « vendrait ou achèterait du numéraire , c'est-à-dire ,

Page 1