RÉSUMÉ DES CAUSES DU COMMUNISME , DOCTRINES ET EXEMPLES
Le livre de M Thiers sur la propriété , prouvant la nécessité et la légitimité du communisme, tout en voulant le réfuter, en résume toutes les causes , et montre jusqu'à V évidence V impuissance radicale du rationalisme a établir sur un fondement quelconque le droit de propriétç.
Ifisl Dominas œdifïcaverit domum , in vanum laboravcrunt qui cudificant eam.
Si l'on n'établit pas sur Dieu le droit de propriété , c'est en vain qu'on cherche à l'établir. [Psal. 126, w.l.)
Qcand le rationalisme et ses hommes d'état sentirent le sol trembler sous leurs pieds , qu'ils entendirent la clameur des consciences et des instincts conservateurs monter vers eux , sombre , déchirante comme le cri d'un mourant assassiné, terrible, pressante comme un réquisitoire, un trouble involontaire se saisit d'eux; ils se consultèrent à la hâte, et s'empressèrent de choisir d'office, pour les défendre et essayer de raffermir la société ébranlée
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par leurs enseignements et leurs exemples, les deux plus habiles champions que renfermassent leurs rangs immenses.
D'abord se leva , pour les défendre par les doctrines, le fameux chef de l'école éclectique, l'homme d'état, le savant qui, pendant de nombreuses années, avait présidé à tout l'enseignement-monopole de la France, et dirigé souverainement, pendant près de quatre lustres , toutes les chaires de philosophie. Nous avons montré sans peine, dans la première partie de cet ouvrage , que, loin d'avoir confondu le communisme, M. Cousin , sous la soutane genevoise du Vicaire Savoyard^ lui avait apporté, au contraire, un secours nouveau, des armes fraîchement retrempées, et comme un arsenal entier de toutes les doctrines qui l'avaient produit. L'éclair, en sillonnant la nue et annonçant la foudre, découvre en effet que c'est là, dans ces sombres flancs, qu'elle a été forgée, et qu'elle a reçu pour âme une flamme homicide.
Vient maintenant un des plus grands hommes d'état de Louis-Philippe : M. Thiers. A peine les regards effrayés sont-ils redescendus sur la terre pour y chercher un asile, qu'il est entré dans la lice , armé d'une défense par les faits et les chiffres, proclamée de tout point admirable par le Constitutionnel, et offerte par beaucoup d'autres à la foule ébahie , comme un paratonnerre à toute épreuve. Nous venons , à l'aide du même éclair perçant de nouveau la nue épaissie et en-
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core plus sombre , démontrer jusqu'à l'évidence toute l'inanité, toutes les déceptions du secours tant vanté , et en signalant les vains efforts du rationalisme, pousser un cri d'alarme, et jeter au monde, comme le seul moyen de sauvetage, les paroles d'un grand roi que les siècles répètent aux siècles, les révolutions aux révolutions , les ruines aux ruines : Nisi Dominus œdifîcaverit domum , in vanum laboraverunt qui œdificant eam. Si l'on arrache à la propriété et à la société elle-même le seul fondement sur lequel elles reposent : la souveraineté de Dieu, c'est en vain qu'on fait effort pour lui en substituer un autre.
Ecoutons d'abord, ne fût-ce que pour bien comprendre à quelles extrémités nous sommes réduits, le cri de détresse vainement adouci de quelques sentinelles placées dans deux camps différents, et voyons les efforts faits par elles pour rassurer les pauvres passagers que la mer et la tempête menacent d'engloutir, et leur inspirer une confiance sans bornes à la corde qui leur est tendue pour les sauver. Nous examinerons ensuite, dans des arguments courts, serrés, clairs jusqu'à l'évidence, la nature de ce moyen de salut.
« Nous publions aujourd'hui, dit Le Constitution- « nel (29 septembre), le premier livre presque en- « tier de l'ouvrage de M. Thiers. La force principe pale, et le plus grand intérêt de ce beau travail, « est dans l'enchaînement rapide, irrésistible des « déductions. Nous avons pensé qu'il fallait briser
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« le moins souvent possible cette chaîne serrée et « brillante d'observations et de raisonnements qui a ne laissent même aucune issue au sophisme. Nous « mettrons donc sous les yeux de nos lecteurs le « développement complet de chacune des démons- « trations qui se succèdent dans cet ouvrage. On « saisira mieux le mérite de l'ensemble, en même « temps qu'on appréciera, dans les détails, ce style « simple et nerveux, cette mâle, vive et touchante « éloquence, inspirée par un profond sentiment dt « la nature humaine , par une haute intelligence des « œuvres du Créateur. »
« Les ennemis de la société se sont appliqués à a multiplier leurs livres; ils ont perverti bien des « esprits et trompé bien des âmes. Il était bon que « les défenseurs de la société, au premier rang des- « quels s'est placé M. Thiers, imitassent l'ardeur « des faux philosophes , dont les doctrines sont ré- « pandues jusqu'à unir, dans une commune erreur, « soixante-six mille suffrages à Paris. Il n'y a pas « de talent trop élevé , de science trop profonde , « d'expérience trop consommée , pour rendre , « comme le fait M. Thiers, à la simple et éternelle « vérité, sa puissance , son charme et sa nouveauté. « C'est l'œuvre principale du temps où nous som- « mes que de raffermir les principes sociaux; c'est « là la vraie politique du moment , et nous remer- « cions M. Thiers d'y consacrer son admirable ta- « lent, son vaste savoir et ses constants efforts. En " accomplissant un grand devoir, il a écrit un beau
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« livre, qui est original et qui vivra, comme tout « ce qui est sincèrement pensé, sincèrement écrit « par un écrivain éminent, sous l'empire de gran- « des circonstances. Quoique nous éprouvions tou- « jours quelque embarras à louer un ami, nous « n'avons pu nous empêcher de dire au moins ici « quelques mots de ce que nous avons pensé en lice sant cet ouvrage. Nous nous hâtons maintenant « de le livrer à nos lecteurs. »
Un peu après, deux autres journaux, avant de citer du livre sur la propriété un passage écrit au fond dans le même esprit que tout le reste, ou sa réfutation, quand il en diffère, s'exprimaient ainsi : « Quand des hommes d'un esprit aussi éminent que « M. Thiers, et élevés comme lui à l'école du xvine « siècle, font de tels retours et se sentent arracher « de tels hommages , ces fortes leçons prennent « dans leur bouche un caractère singulier , et leur « parole répond à une inspiration dont Dieu seul « a le secret. »
Or, voici mot à mot et sans y rien changer le point de départ, le principe et tout le fondement du livre de M. Thiers. Que le lecteur veuille bien le lire attentivement et avec réflexion, pour comprendre ensuite sans aucune peine toute la force et toute la portée des raisonnements que nous allons en déduire.
« Avant de chercher à démontrer que la pro- « priété est un droit , un droit sacré , comme la li-