DEUXIEME CAUSE DOCTRINALE DU COMMUNISME
Le matérialisme, ou la négation de l'immortalité de Vdme, et des peines ou des récompenses d'une autre vie.
Comedamus et bibmnus , cras enim morte» mur.
Mangeons et buvons , puisque demain il nous faut tout laisser et mourir. [Isaie , ch. 22, w. 13. J.
Après l'autorité suprême et universelle de Dieu, seule raison , seule règle , par la religion révélée , du droit et du devoir et de tous les liens sociaux, les croyances les plus nécessaires à la société , à l'homme et à la famille , sont l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses d'une autre vie. C'est la sanction du droit et du devoir , la conséquence nécessaire de la croyance en un Dieu législateur, juste, sage et tout-puissant. Dieu les a révélées au monde, dès le commencement, comme les pivots sur lesquels devait rouler tout l'ordre social, comme la sanction de ses lois, le lien et le terme des âmes dans le temps et dans l'éternité.
« J'ai à vous alléguer, dit Cicéron , en faveur de
« l'immortalité des âmes, les plus fortes autorités, « des autorités qui, dans toutes sortes de questions, « sont et doivent être du plus grand poids : et d'a- « bord, toute F antiquité, qui connaissait sans doute « d'autant mieux ce qui était vrai, que/le était plus « près du commencement et de la divine création. « Or , la croyance générale des anciens était que «la mort n'éteignait pas tout sentiment, et que « l'homme , au sortir de la vie , ne disparaissait a pas de manière à périr tout entier. Non-seulo- « ment une foule de preuves , mais encore le droit « pontifical et les cérémonies des tombeaux, ne per- « mettent pas d'en douter. Jamais des hommes d'un a si grand sens ne les auraient révérés si religieuse- « ment, ni condamné à de si fortes peines ceux qui « les violent, s'ils n'avaient été pleinement persua- « dés que la mort n'était pas un anéantissement, « mais une sorte de passage à un autre lieu, et « comme une nouvelle vie qui ouvrait l'entrée du « ciel aux hommes et aux femmes illustres par leurs « vertus, et que les autres retenaient dans les bas « lieux, et conservaient toujours sans jamais la per- « dre.»( Tuscul. lib. I. cap, 12.)
« La mort , dit Platon, d'après la croyance de « tous les peuples, n'est que la séparation de l'âme « et du corps...* Après cette séparation, lame de- « meure telle qu'elle était auparavant. Elle conserve « et sa nature, et les affections qu'elle a contractées « pendant cette vie. Quand donc les morts arrivent « devant le juge , il examine l'âme de chacun sans