‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 18 sur 162 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

t avoir aucun égard au rang qu'il occupait sur la r terre. Mais bien souvent, considérant lame du * grand roi des Perses, ou d'un autre roi, ou de « quelque autre homme puissant, il n'y découvre « rien de sain ; au contraire, les parjures et les « injustices dont elle s'est rendue coupable , la « couvrent comme d'autant de meurtrissures et de a plaies ; elle est toute défigurée par l'orgueil et le « mensonge; il n'y a rien de droit en elle , parce « qu'elle n'a point été nourrie de la vérité. « Maîtresse de suivre ses penchants, elle s'est plon- « gée dans la mollesse , la débauche , l'intempé- « rance , dans des désordres de toute espèce , de a sorte qu'elle regorge d'infamies. Ce que voyant, a le juge l'envoie ignominieusement dans la pri- « son , où elle doit subir les supplices qu'elle a « mérités; car il convient que celui qui est puni « justement, le soit, ou afin d'en tirer de l'avantage « en devenant meilleur, ou pour servir d'exemple « aux autres, et les portera se corriger par la crainte «que son châtiment inspire. Or, ceux qui sont « punis, afin que leur punition leur soit utile, sont « les malheureux qui ont commis des péchés gué- « rissables. Mais ceux qui, ayant atteint les limites « du mal , sont tout à fait incurables , servent « d'exemple aux autres , sans qu'il leur en revienne « aucune utilité , parce qu'ils ne sont pas capables « d'être guéris : ils souffriront éternellement des « supplices épouvantables. C'est pourquoi je vous « rappelle à la vertu, je vous anime à ce saint com-

« bat, le plus grand, croyez-moi, que nous ayons « à soutenir sur la terre. Combattez donc sans re- « lâche , car vous ne pourrez plus vous être à vous- « mêmes d'aucun secours, lorsque, présentés devant « le juge, vous attendrez votre sentence, tout trem- « blants et saisis de terreur. Cette sentence rendue, « le juge ordonne aux justes de passer à la droite « et de monter au ciel ; il commande aux méchants « de passer à la gauche et de descendre aux enfers.» {Gorgias. tom. iv. pag. 1G6. et suiv. )

« La doctrine de l'immortalité de l'àme et d'un « état futur de récompenses ou de châtiments , dit « à son tour un philosophe anglais dont le témoi- « gnage ne peut être suspect, Bolingbrocke , parait « se perdre dans les ténèbres de l'antiquité ; elle « précède tout ce que nous savons de certain. Des « que nous commençons à débrouiller le cahos de « l'histoire ancienne, nous trouvons cette croyance « établie de la manière la plus solide dans (l'esprit « des premières nations que nous connaissons. » ( 5e vol. de ses œuvres, pag. 237, in-4°.)

Aussi la religion vraie a-t-elle toujours réuni dans ses adorations le Dieu créateur et législateur, le Dieu rémunérateur et vengeur , et toujours annoncé un jugement final, un bonheur sans fin pour les bons, et pour les méchants un feu et des supplices éternels. Partout où cette croyance a disparu , ou s'est seulement universellement affaiblie, le sol a tremblé sous des commotions réitérées , et l'on a vu le despotisme et l'anarchie, ou le corn-

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