PREMIÈRE PARTIE. Sg
pour Dieu, par conséquent, si toutefois elle en admet.
« L'auteur de toute inspiration , c'est la raison.... « Elle a pour caractère l'enthousiasme.... L'inspira- « tion , V enthousiasme est une révélation véritable. « Voilà pourquoi, dans le berceau de la civilisation, « celui qui possède à un plus haut degré le don « merveilleux de l'inspiration, passe à leurs yeux « pour le confident et l'interprète de Dieu.... Voilà « l'origine sacrée des prophètes, des pontificats, « des cultes.... La forme nécessaire, la langue de « l'inspiration est la poésie.» ( Cours de ïhistoire de la philosophie. Introduction. ire et 4e leçon.)
« Dans la première manifestation de la vérité, il « fut naturel aux hommes de se faire illusion , et « d'imaginer que quelque inspiration d'en haut était « descendue en eux et la leur avait révélée. Que s'ils « ne le crurent pas , l'enthousiasme du peuple le « crut et dut le croire; et quand quelques généra- « tions furent passées, les circonstances qui avaient « pu paraître humaines dans l'événement, devinrent « divines comme le reste.... »
« Que si vous tenez compte de l'exaltation des « hommes qui découvrirent ces solutions, de l'i- « magination naturellement poétique et du langage « nécessairement figuré des nations primitives, en- « fin du penchant au merveilleux, qui est le propre « de toutes les peuplades perdues au sein de la na- « ture,... vous concevrez que si la foi dut être le « caractère des croyances primitives , le mythe et
CjO LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
« lu figure durent être la forme des premiers dog- « mes. Tels sont, en effet , les deux caractères des « antiques solutions du problème de la destinée « humaine, et de toutes celles qui, dans la suite des « temps, sont sorties spontanément, comme elles, du « sens commun des masses. Tels sont , en d'autres « termes et avec la différence du plus au moins, « les caractères de toute religion... » ( Jouffroy, premier disciple de M. Cousin , et avec lui chargé, à l'École normale, de la formation de tous les professeurs de France. Ses cours imprimés par lui-mémo sous le titre de Mélanges philosophiques : du problème de la destinée humaine , page 429 et suif.)
« On ne croit que ce qu'on voit, ou ce qu'on sup- « pose vu par autrui , » dit à son tour le second disciple de M. Cousin , chargé aussi de la direction et de l'enseignement de tous les professeurs à l'École normale. « La science seule fait la foi, qu'elle « soit intime ou personnelle, ou qu'elle réside dans « un témoin.... »
« Les idées et les croyances ne s'imposent pas « aujourd'hui, elles se démontrent. Il n'y aura pas « d'exception pour les idées et les croyances reli- « gieuses.... L'enseignement des sciences physiques » et morales , voilà la vraie prédication qui con- « vient en ce siècle. » (Damiron, Cours de plàlosophie, tom. 1. pag. 56 et suiv. et Essai sur V histoire de la philosophie en France, au XIXe siècle , 3° édit. pag. i(\\ e* suiv. )
Citons encore quelques passages des leçons de