PREMIERE PARTIE. g l
leurs principaux disciples, professeurs dans les premières chaires des grandes villes; à Lyon M. Bouillier : « Je crois à la légitimité , à la souveraineté , à « l'infaillibilité de la raison. » (Cours de philosophie de 1 84o.) Et dans la Théorie de Kant, qu'il appelle le Catéchisme admirable , livre composé en compagnie de M. Lortet, son ami et le représentant des communistes de la Croix-Rousse et du Rhône , catéchisme répandu de toutes parts parmi les ouvriers, et où toutes les croyances et toutes les pratiques du christianisme sont attaquées: « L'hiérarchie sacer- « dotale (d'autres auraient dit la hiérarchie), gou- « vernement d'un culte faux rendu à Dieu , est la « constitution d'une Eglise dans laquelle le féti- « chisme est exercé et reçu comme une relision. « Certaines formes de l'Église présentent en effet un « fétichisme si varié et si mécanique , qu'il semble « devoir écarter toute moralité, même toute reli- « gion , et se rapprocher beaucoup du paganisme.... « Quant à sa constitution, elle est et reste toujours « despotique. » (page 82.)
A Paris , M. Jules Suisse , dit Simon , professeur à laSorbonneetàl'Ecole normale: «Dieu, qui nous « a faits raisonnables et libres, a mis en nous la rai- « son pour être le dernier juge de nos croyances et « de nos actions,» du. dogme et de la morale, et des gouvernements par conséquent. (Bévue des deux mondes, tom. xxvn,pag. 542.)
A Toulouse, M. Gatien-Arnoult , professeur de philosophie : « La foi à l'enseignement catholique
« ri est qu une raison aveugle , ignorante , embarras- « sée.... C'est toujours à la raison qu il appartient « de juger en dernier ressort. Dans l'alliance de la « foi et de la raison, la foi n'est que témoin et la « raison est juge....» [Doctrine philosophique , pag. 422 et4a3. )
A Marseille , M. Lafaiste , professeur de philosophie au collège, puis à la Faculté d'Aix : « La reli- « gion est devenue impuissante à régler les mœurs « et les croyances de la société: il faut donc que la « philosophie vienne à son tour exercer, au nom de « la raison et du libre examen , un empire qui « échappe à l'autorité et à la foi. » (Son cours , dicté à ses élèves et cité par la Gazette du midi et IL nivers , n° 8q3.)
A Bordeaux, 31. Cersot, disciple chéri de M. Cousin , à l'indépendance philosophique de qui furent impitoyablement immolés deux proviseurs et un recteur: « On me demande une profession de foi : « je réponds que je n'en ai point à faire, et que per- « sonne n'a le droit de m en imposer une. »( Lettre publiée par Y Indicateur , 1839.)
A Rouen, M. Malle t , professeur de philosophie et auteur d'un manuel approuvé pour tous les collèges, comme préparation au baccalauréat: « A « l'heure qu'il est, il ne reste plus à l'éclectisme « (souveraineté de la raison, philosophie de M. Cou- « sin), d'autre ennemi quele sensualisme exclusif el « le théocratismc fanatique, mais l'un et l'autre peu « redoutables et comme frappés d'impuissance.... Le